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Quadrumanes.
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252 IIISTOIRE NATURELLE.

habiteut, lcur offrc toujours uu abri sür; et, si l’on pouvait conclurc (Tun animal en csclavagc A unanimal en liberle, on jugcrait que ees singes n’ont point, comme les öcurcuils, de gtte fixe, de nidparticulier auquel ils reviennent lorsqu’ils ont besoin de repos; car tons les animaux qui, dans leuretat de nature, ont une retraite choisie, sont doues d’un instinct qui les porte ä la mainlenir tou-jours extremement propre. Lemarikina que nousavons possede n’avait point celte qualile pröcieuse,ou bien il l’avait perdue par reffet de l’esclavage, qui presque toujours nuit au developpement ou al’excrciee des penchants naturels. Ces penchants l’exeitaient A se cachcr des qu’il avait la moindreinquietude, et il exprimait sa crainte par un sifflement peu prolonge. 11 aimait A rc.cevoir des caresses,mais il ne les rendait pas, et, quoiqu’il tömoignAt de l’affection, il ne marquait jamais une entiereconfiance; cependant il venait A la voix des personnes qu’il connaissait; au contraire, il s’eloignaitde celles qui lui etaient etrangeres en les regardant avec defiance et en les menapant meme de sesfaibles dents : ear ce sont la les scules armes que ces animaux aient pour se defendre. C’est parleur agilite, sans doute, et par leur prudence qu’ils erbappent A leurs ennemis, bien plutöt que parleur force; eile ne suffirait meme pas pour les defendre contre les plus petits oiseaux de proie.Quelquefois notre marikina semblait, parson cri, temoigner de l’ennui et de la tristesse; ce cri con-sistait alors dans un sifflement d’un seid ton öleve et doux, tres-prolongö. Comme les oiseaux, ilaimait A se tenir dans la partie la plus elevee de sa cage, il n’en deseendait que rarenient et le fai-sait toujours a reculons; il prenait ses aliments, tanlöt avec ses mains, tantöt avec sa boticbe et buvaiten bumant. Des qu’il etait repu, c’est-A-dire dös qu’il avait mange la valeur d’une noix ou d’unepomme de moyenne grosseur, il remonlait bien vite, en empoignant les objets auxquels il pouvait sesuspendre, mais avec rapidile et en s’elanpant vivement d’un objet A l’autre. Quoiqu’il n’eüt pas lepouce separe aux mains de devant, il ne s’aeeroebait pas avec ses ongles, il empoignait veritable-ment. Jamais je ne l’ai vu mareber sur ses pieds de derriere, et je crois que c’cst A tort que De Sevea dessine ainsi le marikina de Ruffon. II se tenait habituellement assis; sa queue ne lui etait d’au-eune utilite, eile restait toujours pendante.

11 etait generalement d’un beau jaune clair, un peu plus dore A la criniere, A la poitrine et sur lacroupe, et un peu plus pale sur le dos, sur les cuisses, A la base de la queue et sous le ventre pos-tcrieurement. Sa face etait nue et livide depuis les sourcils, ainsi que la paume des mains; la peaude son corps etait couleur de ebair.

Son pelage etait d’unc seulc nature : il ne se composait que de poils soyeux, mais tres-fins, etbeaucoup plus longs sur la tele et sur le eou qu’aux autres parlics du corps, ce qui formait cettecriniere qui, avec sa couleur jaunAtre et sa face large et peu saillante, lui donnait en eflet quelqueressemblance avec le Iion. VoilA pourquoi ces animaux ont ete appeles, par les vovageurs, petitssinges-lions. Sa queue ötait egalement couvcrte de poils sur toutes ses faces, et n’avait point deflocons A son extremite, comme le dit Ruffon de Lindividu qu’il a fait graver; les pattes etaient cou-verles de poils tres-courts, et les fesses n’etaient ni nues ni calleuscs.

Cet animal n’avait pas de front proprement dit : los poils naissaient immediatemont au-dessousdes sourcils, mais lA ils etaient courts dans un espace triangulaire assez bien imlique dans notredessin. Ses sens n’offraicnt rien de remarquable : ses yeux avaient la conformalion de ceux del'liomme, et sa vue semblait etre assez bonne. Comme tous les singes d’Amerique , les ouverluresde ses narines etaient ecartecs l’une de l’autre et percees sur les cotes du nez, qui avait un peu desaillie, surtout A sa racine; l’odorat paraissait oblus, la bouebe etait grande, la languc etait douce,et les levres etaient minces. Il n’y avait point d’abajoucs, et le goftt n’avait pas une grande. delica-lesse, quoique 1’animal füt assez difficile sur le choix de sa nourriture; l’orcille externe rornle,avec un rebord seulement A la partie siiperieure, et n’avait point de lolnilc; du resle, eile ressem-lila.it A eelle de l’liomme : la partie posterieure de la conque etait couvcrte de poils, et l’oreille elle-meme etait tont A fait cacliec dans la criniere. Tous les pieds avaient cinq doigts longs et greles;aux mains, celui du milieu etait le plus iong; ceux qui le touebaient de chaque cöle avaient enlreeux la meme longucur, A peu de cbose pres; l’externe, ou le petit, doigt, venait. A la suite des Iroisprecedents pour la longucur, et l’interne, qui tenait la place du pouce, mais qui n’etait point separedes autres doigts, etait le plus court. Aux pieds, le doigt du milieu et celui qui vient apres. en dc-bors, etaient de, la meme longucur; les doux autres, plus petits que les precedents, etaient aussi delongucur egale, et le pouce, extremement court, n’alteignait pas meine A la naissanee des doigts.