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IllSTOIRE NATURELLE.
celles de l’autre mächoire, et cinq molaires ä tubercules aigus. A la mächoire superieure, it y aquatre incisives droites, ecartees l’uue de l’autre par paires ; deux eanincs comprimees laleralement,tranchantes, et assez longues pour sortir de la bouche lorsqu’elle est fermee; et cinq molairescomme ä l’autre mächoire.
La couleur generale du pelage est d’un fauve brun, lave d’olivätre ou de jaune, et cctte couleurest ä peu pres uniforme aux parties superieures du corps comme aux parties inlerieures; la queuea du noir ä son extremis, et le sommet de la tete est entierement de cetle couleur chez le mäle,tandis qu’il est gris chez la femelle; les cötäs des joues sont garnis de favoris d’un bei orange; laface, les oreilles et l’interieur des mains, ont une teinte violette, et le cercle de l’ceil est orange.Les formes de la tete du mäle ne sont pas tout ä fait semblables ä celles de la tete de la femelle, etcelle-ci difföre encore de l’autre par une taille un peu plus petite, et par la nuanee plus jaune deson pelage
J’ai eu en meme temps deux mäles et deux femelies de mongous, auxquels la description que jeviens de donner convenait egalement sous tous les rapports. Mais j’ai possede un mäle qui avaitavec ces animaux la plus grande ressemblance, et qui en differait cependant par quelques pointsassez rcmarquables pour que je croie devoir le faire connaitre ici.
Ce maki avait ete ramene d’Anjuan par M. Houssard, capitaine de vaisseau, qui a bien voulu mepermettre de le däcrire; il ätait mäle et tres-adulte; toutes les parties supärieures de son corps, etle sommet de la tete lui-meme jtaient d’un gris jaunätre, rfesultant des poils, alternativement colo-res sur leur longueur de gris sale et de noir; ce gris etait plus pur sur les jambes de devant et surles cöles du corps. La partie posterieure des cuisses de derrierc fitait jaune, et ce caracterc etaitremarquable; le ventre etait d’un jaune sale, et le gris-blanc dominait ä la poitrine, au-dessous ducou et de la mächoire inferieure, et au-dessus de la superieure. Enfin il avait, comme les mongous,de larges favoris ä la base des mächoires, mais, au lieu d’etre oranges, ils etaient d’un roux sale. Laforme de sa tete differait aussi sensiblement de celie du mongous mäle; le cräne ötait plus eleve,le museau moins allongö, et il y avait une depression ä la racine du nez plus forte encore que celiequi se voit dans notre tete de mongous femelle; enfin la partie antärieure du museau etait blanche.Du reste, il ressemblait entiörement aux mongous.
Les mongous m’ont toujours paru des animaux fort peu intelligents, träs-inoffensifs et fort ti-mides; ils s’apprivoisent quelquefois,- mais ne s’attachent point. ün les habitue ä venir ä la voixlorsqu’on attaclie ä leur nom l’appät d’un aliment qu’ils aiment; j’ai vu une femelle qui reslait libre,s’eloignait peu et aimait ä lecher, mais non pas comme les chiens, par affection.
Ce sont des animaux en partie nocturnes; ils passent une grande partie de la journäe ä dormir,couchös en bou'ie, leur grosse queue passee entre les jambes de derriäro, et rainenäe de maniere äs’entortiller autour de leur cou. Comme tous les autres makis, les mongous sont essenticllementconformes pour monter aux arbres et pour sauter : aussi font-ils des bonds prodigieux, et ils par-courent un arbre avec une rapidite que l’oeil peut ä peine suivre. Un de ceux que j’ai possädäs nesemblait faire aucun effort pour s’älancer aux premiäres branches d’un arbre, qui fetaient ä dix piedsdu sol; mais il marchait ä terre träs-difficilement. Ces animaux agissent ä peu präs ä la maniere dessinges; ils portent, avec leurs mains, leurs alimentsä leur bouche; et, malgre l’allongcmcnt de leurmuseau, ils boivent en humant; lorsqu’ils sont calmes, leur voix consiste dans un grognement assezfaible; mais ils poussent des sons tres-forts et tres-graves des qu’ils sont cffrayes; alors tous cricntä la fois, ce qui produit un bruit presque insupportable. Lorsque deux mongous sont habitues l’unavec l’autre, ils vivent en paix, et se reunissent en s’embrassant pour se coucher. Autrcment, ils sebaltent cruellement en se mordant, et en s’arracliant les poils avec les mains; et je supjiose qu’ilss’appareillent lorsqu’ils vivent en etat de nature. Les deux paires que je possedais n’ont jamais pus’habituer ä se voir; des que j’enlevais la cloison qui les säparait, ils entraient aussitöt cn fureur enjetant des cris aigres, interrompus, mais qui se succedaient rapidement; sans les grilles de leurscages, ils se seraient sfirement fait beaucoup de mal, et les femelies entraient dans la meine fureurque les mäles. Nous les nourrissions de racines cuites, de fruits, de pain et de lait, et on les tenaitdans une temperature uniforme de douze ä quinze degres. Avec ces seuls soins et de la proprete,ils conservaient une fort bonne sante; cn general, ils se sont toujours muntres moins sensibles ä l’es-clavagc et ä 1’intemperie de nos climats que les singes qui vivaient ä röte d’eux. -