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Quadrumanes.
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QUADHUMANES. 205

Nous avons parle de l'ongle pointu si remarquable qu’ont ces animaux dans le doigt voisin dupouce, aux pieds de derriere. Nous ne les avons jamais vus se servir de cet ongle A autre chose qu’a[’introduire dans leurs oreilles, et ils l’y tenaient assez longtemps; mais nous n’avous pu voir parquelle raison; et il parait que leurs incisives inferieures, couchees en avant, leur servent surtout Ase gratter et a nettoyer leurs poils : ils se rendent ce Service mutuellement; il semblerait meine quec’est pour eux une maniere d’exprimer leur contentement muluel. (Erederic Cuvier.)

5. MAKI A FRONT BLANC. LEMUR ALBIFRONS. (GeolTroy Saint-11 ilaire.)

Caracteres specieiques. — Pelage gris-roux, gris ä l’occiput et sur les epaules, blanc en dessous;face noire; un bandeau blanc cliez le male.

Habite Madagascar .

Le maki ä front blanc n’est connu que depuis que M. Ceoffroy Saint-Ililaire en a donne les carac-teres dans le Mac/asin encyclopeditiue. Depuis cette epoque, l’espece avait ete admise, mais eileu’avait pas ete revue, et eile ne reposait toujours que sur l’individu qui avait priinitivemenl ete de-crit. Vers la fin de 1810, j’eus occasion d’acquerir deux jeunes makis, dont la tete etait entiere-ment d’un gris fonce, et qu’on donnait pour des femelles du maki A front blanc. La bonne intelli-gence dans laquelle ces singes vivaient, et meme les desirs qu’ils manifestaient, ne suffisaient paspour faire admetlre qu’en effet des animaux tres-diflerents de coulcurs appartenaient A la meine es-pece; mais leur accouplement pe;mit bientöt de le conjecturer, et il ne fut possible d’elever ä ccsujet aucun doute lorsqu’on vit que la femelie avait congu. Ainsi il est bien etabli que, dans cetteespece, le male diflere de la femelie, ce qui existe peut-etre pour toutes les especes du genre.

Le maki a front blanc male a toutes les parties superieures du corps, la face externe des mem-bres, le premier tiers de la queue, d’un brun marron dore lorsque la lumiere vient obliquement;les parties inferieures et la face interne des membres sont d’un brun gris olivAtrc; les deux der-niers tiers de la queue sont noirs, la partie interne de la tete jusqu’aux oreilles, les cötes des joueset le dessous de la mächoire inferieure, sont blaues. La face et la paurne des quatre mains sont d’unnoir violätre, et le cerclc de l'iris est orange

La femelie ne difföre du mAle pour les couleurs qu’en ce que les parties qui sont blanches cliezcelui-ei sont, cliez eile, d’un gris fonce. Le reste du pelage est egalement d’un marron dore, maisun peu plus jaune.

Cet animai avait d’ailleurs la meine Organisation que le mongous; il lui ressemblait en tout pointpar la nature du pelage et par les organes des sensations, des mouvements et de la generation; pla-nes a cöte l’un de l’autre, j’ai pu les comparer dans le plus grand detail, et je n’ai trouve entre euxaucune difference appreciable; et il en etait de meine pour toutes les habitudes du corps, pour l’em-ploi des sens, des membres, et pour les facultes intellectuelles.

Ce lut dans le mois de decembre 1817 que ces animaux parurent eprouver pour la premiere foisles besoins du rut.

Le mAle etait tres-ardent, et ses testicules paraissaient couverts d’une matiöre glutineuse. La fe-melle avait toutes les parties genitales tres-gonflees et humides, mais non pas sanguinolentes; sonrut n’a point ete accompagne de menstrualion, et tous deux cherchaient A chaque instant a frottercontre les parois de leur cage la peau plissee qui entoure leur anus. L’accouplement se fit le 23, Ala maniöre de tous les autres quadrupedes, et il se repeta souvent depuis, pendant cinq A six jours,apres lesquels l'ardeur de l’un et de l’autre parut calmöe. Au bout de quarante jours environ, onvit les mamelles de la femelie se gonfler et son ventre grossir, et, le 15 d’avril suivant, eile mit basun petit femelie qui avait sa couleur, mais des po»ts trös-courts et les yeux ouverts. Des le momentoü il fut au momle, il s’attaclia a sa mere avec ses quatre pattes, en travers du ventre, au-dessusdes euisses qu’elle reployait contre elle-meme, comme pour le caclier; et, lorsqu’il voulait teter, ilallongeait son cou pour aller chercher la mamelle qui est sous l’aisselle. Ce n’etait qu’avec beaucoupde patience que dans les premiers temps on parvenait a le decouvrir; outre qu’il s’enfoncait dans le