76
L’ARMISTICE.
confiant dans l’issue de l’attaque entreprise contreune cité si vivement défendue, et dont les habi-tants étaient depuis si longtemps connus pourleur habileté à mener la guerre des rues et desbarricades.
L’artillerie ennemie a rempli certes un rôleimportant et exhibé, à la grande surprise de laville qui se croyait si bien à l’abri dans son en-ceinte , des pièces de canon d’une forme et d’uneportée jusqu’alors inconnues, et des munitionsd’un calibre tout à fait inusité. Ses artilleurs ontmontré beaucoup de solidité et une grande habi-tude de précision dans le tir; mais, en somme,tout ce déploiement excessif de moyens nouveauxperfectionnés par la science, n’a abouti qu’à unrésultat non moins inhumain qu’inutile. Certai-nement, comme conclusion, Paris a succombé :les assaillants peuvent donc chanter victoire, caren effet ils ont triomphé ; mais la chute de Parisn’a été due qu’à la sévérité de l’investissement ab-solu organisé par eux, et qui n’a pas permis auplus mince objet de ravitaillement de pénétrerdans ses murs. Paris n’a cédé ni à la force, ni aubombardement, ni à la crainte d’un assaut, quela prise encore bien éloignée d’un ou de plusieursforts aurait pu rendre possible ; Paris a cédé seu-lement à la faim. Nous ne saurions donc tropinsister sur ce point capital, en ce qui regarde le