OPÉRATIONS DE L’ARMÉE DE RÉSERVE. 313
de la place, le flanc était couvert par un épaule-ment d’une égale importance, qui interceptait larue Royale.
La simple description de cette ligne de défensedémontre suffisamment qu’il ne fallait pas songerà s’en emparer de vive force : on eût perdu dansune attaque tentée contre elle beaucoup trop demonde, et pour un résultat qui pouvait être aussibien obtenu par un mouvement tournant commeceux qui venaient déjà de nous réussir. On re-nonça donc tout d’abord à l’assaut que devaientcertainement espérer les insurgés; on se borna,vers dix heures du matin, à reconnaître la posi-tion et à tirer, en s’en approchant, quelques coupsde canon du Cours-la-Reine pour s’assurer qu’elleétait armée et occupée. Elle répondit avec unevigueur qui nous fit comprendre qu’elle était pré-parée à tout événement. On abrita donc les troupesaussi bien que possible dans les maisons du quar-tier des Champs-Elysées, derrière le palais del’Industrie et l’Elysée, puis on commença le longdu faubourg Saint-Honoré un travail lent et péniblede sape à travers les maisons. Les fédérés diri-gèrent alors un véritable bombardement sur lequartier où se trouvaient les troupes ; mais ce feuterrible n’eut qu’un effet médiocre, bien qu’il aitduré jusqu’au lendemain, à six heures et demiedu soir.