OPÉRATIONS DE L’ARMÉE DE RÉSERVE. 323
plus qu’un vaste brasier incandescent dont lalueur était étincelante. La cour carrée du Conseild’Etat formait comme une sorte de cheminéed’appel et lançait dans l’air des colonnes de feudont l’élévation dépassait les plus hauts monu-ments. A la même heure, une longue ligne d’unerougeur lumineuse et sinistre parut réunir cesdeux immenses foyers : toute la façade des Tuile-ries s’embrasait à la fois, et le vieux palais de nosrois disparaissait bientôt dans les flammes. C’està minuit et demi environ que la coupole du pa-villon de l’Horloge s’effondra, en projetant auloin d’innombrables étincelles. Les autres partiesdu palais continuèrent à brûler jusqu’au jour.Nous assistions de loin à cet horrible spectacle,dont nous suivions les phases diverses au milieud’une nuit obscure, qu’en certains points de l’ho-rizon le jour semblait avoir momentanément rem-placée. Nous avions devant nous, dans toute sonétendue, cette fournaise ardente, an milieu delaquelle brûlaient tant de palais 1 , et nous pou-vions voir cet incomparable incendie se refléterdans les eaux de la Seine, qui coulaient à leur
1 C’étaient, outre les Tuileries, le Conseil d'État et la Courdes comptes; la Légion d’honneur; les Archives de la Cour descomptes; la Caisse des dépôts et consignations, la Caserne decavalerie du quai d’Orsay et toutes les maisons de la rue de Lille .depuis la rue de Solferino jusqu’à la rue du Bac.
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