OPÉRATIONS I)E L’ARMÉE DE RÉSERVE. 339
poir de leur éclicc, ils n’eussent commis contreles otages le plus épouvantable et le plus inutiledes forfaits. Cependant, à leur arrivée à Mazas,les troupes avaient appris que les otages étaientencore vivants, mais qu’ils avaient été transféréssur un autre point qu’on ne put tout d’abord indi-quer. L’inspection des registres de la prison et lesrenseignements fournis par les surveillants don-nèrent la certitude que, dès le 22 mai, les mal-heureux prisonniers de la Commune avaient étéconduits à la Roquette. L’ordre qui prescrivaitleur départ de Mazas était signé de trois membresdu comité de salut public, les sieurs Eudes, Gam-bon et Ranvier, et écrit en entier de la main dece dernier.
Ces informations n’avaient rien de rassurant; ilétait évident que nous arrivions trop tard. Nousne pûmes en effet sauver ni l’archevêque de Paris,ni le président Ronjean, ni les autres otages fu-sillés avec eux dans la soirée du mercredi24 mai.Vingt autres victimes avaient encore péri le sur-lendemain 26, dans la rue Haxo, en même tempsque trente-huit gendarmes, martyrs ignorés dontle seul crime était leur fidélité à l’honneur et audevoir. La division Bruat fut cependant assezheureuse pour arracher à une mort aussi cruellequi sans doute les attendait également, cent
soixante-neuf personnes détenues à la Roquette.
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