Band 
Coléoptères.
Seite
124
JPEG-Download
 

124

HISTOIRE NATURELLE.

les trouve constamment, y pondaient aussi leurs oeufs; que les larves qui en eclosaient y trouva> e ^Ieur nourriture, sy developpaient et se transformaient en nymphes 4 lautomne, pour se metanitdplioser successivementau printemps. En 1817, ayant trouve une fourmiliere qui renferniait q ue !} sClavigeres dont plusieurs etaient accouples, je röpetai les memes observations; ainsi, des que J esouleve la pierre qui les recouvrait, je vis que les Fourmis qui spnfuyaient de toutes P arts e ] eStaient avec elles plusieurs Clavigeres, et je clierchai 4 reconnaitre la cause de cette sollicitude ^Fourmis et des rapports quil pouvait y avoiv entre ces deux sortes dInsectes. Je pris donc etlV11dix de ces Clavigeres que je pus attraper, et 4 peu prfis une douzaine de Fourmis ; je pris en ° u ^une certaine quantite de petites larves de Fourmis , ä diffärents etats de developpement, un p eUterre de ce meine endroit et quelques brins de mousse que jenfermai dans une bouteille 3grande et que jemportai avec moi, en ayant soin de la boueber de maniere 4 ce que lair püt y rnetrer. Quand cette bouteille, deposee sur une table, cut rcste un certain temps sans elre rein y1 ^les Fourmis recommencerent 4 travailler comme de plus belle, elles reunirent la terre et les bn D ®mousse, et se pratiquerent pendant la nuit quelques galcries et quelques cavites dans lesq uel .elles transporterent leurs petites larves. Je les trouvai le lendemain matin aussi tranquilles q u . e .elles eussent dte dans leur fourmiliere; elles ne couraient plus avec inquietude ni ne cherch® 1pas ä sechapper, et meme, quand je pris la bouteille pour examiner, älaide dune assez forte lo u r^chacune de ses moindres parties, elles ne se troublercnt aucunemcnt et continuerent tranquill ßn J ^leurs travauxaccoutumes : les uncs arrangeaient et lechaient leurs jeunes larves, dautres repa* 31leur nid et transportaient de la terre et, dautres se reposaient, ne faisant aucun mouve^ eet semblaient endormies, quclques-uncs enfin ötaient occupees 4 se nettoyer. Chaque FourW* ^livrait 4 ce dernier soin autant quelle pouvait le faire setile, puis ensuite elles aeceptaient.j 3 ^dune autre Fourmi pour nettoyer les parties de son corps auxquelles eile ne pouvait pas atteiaavec sa bouebe ou ses pattes. se

«De leur cöte, les Clavigeres couraien t et au milieu des Fourmis sans aucune inquietude o utenaient en repos dans les galcries, qui etaient pour la plupart construites contre les parois obouteille; en un mot, leur Contenance donnait ä penser quils se retrouvaient tout ä fait dans l e ^habitudes. Apres avoir observe ainsi pendant quelque temps les allures de mes prisonniersavoir suivis des yeux, je remarquai tout dun coup, ä ma grande surprise, que, toutes les fois q 11Fourmi venait ä rcnconlrer un Clavigere, eile promenait sur lui ses antennes et le caressait d ol _.ment; puis, tout en conlinuant cette manceuvrc, eile soccupait ä lui lecher le dos avec une ce , j eS .avidite. Elle commencait, pour cela, par le bouquet de poils jaunes qui seleve de chaque cöteelytres, ä leur angle posterieur et externe. La Fourmi ecartait alors ses grosses mandibules dtonte kur largeur, puis, au moyen de ses mächoires, de sa levre inferieure et de ses longs p 3 *P , ece que jai vu tres-distinctement ä l'aide de ma loupe, eile suc-ait le bouquet de poils dont je v eflS . , eparier avec beaucoup davidite et ä plusieurs reprises en le saisissant de nouveau et tout ent ei e s0 ules diverses pieces de sa bouebe. Elle lechait ensuite toute la parlie superieure du dessous d eventre et surtout la grande cavitc quil offre ä cet endroit. Cette Operation etait renouveleeles huit ou dix minutes, tantöt par une Fourmi, tantöt par une autre, et souvent meme pb |Sl f . 5Fourmis se mettaient ensemble apres le meme Insecte , sil venait ä en rencontrer plusieurs P unea ^ or slautre. Mais, dans ce cas, chaque Fourmi ne tardait pas ä labandonner. Je vis clairement a ^ (pourquoi les Fourmis laissaient vivre si trampiillemcnt parmi elles les Clavigeres; cest qu en eils leur fournissaient un mets tres-deücat et qu'elles recbereliaicntavec beaucoup dempresscineid'netait point pourtant un suc doux et mielleux tel que cclui qui sort des deux appendieestnaux des Pucerons, mais vraiscmblableme.nt une autre sorte de liquide fort de leur goüt et ser 'g n .peut-elre ä la nourriture de leurs larves. Quelque interessante que fät cette observation, je c .core plus surpris lorsque je vis que les Fourmis nourrissaient les Clavigeres, et cela dans toute ^ception de ce termc. Quelque invraisemblable que puisse paraltrc ä certaines personnes cette reque, eile nen est cependant pas moins cxactc, et ce fait, qui me scmblc absolument unique dansespece, peut fournir une ample matierc ä nos reflexions. En eebange du liquide quelles retireflleurs hötes, les Fourmis leur fournissent non-soulemcnt abri et protection, mais encore lature, et une nourriture convenable, quelles leur donnent de leur propre bouebe. Cest un fad ejai pu tant de fois m'assurer par les occasions les plus favorables, quil est impossible qucj c