PARILLONS.
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ä la Vegetation ;, cependant il n’acquiert pas partout la meine force, ni les feuilles le meme degre debonte, et l’opinion la plus generale est que rien ne convienl mieux au mürier qu’un coteau en penledouce, sur une colline calcaire qui a assez de terre, et dont la röche est suffisaniment divisee potirpermettre aux racines de l’arbre de s’insinuer dans les interstices, oü eiles conservent de la frai-cheur sans humidite. Depuis longtemps on a renonce ä mulliplier les müriers par marcottes et bou-tures, et on ne les eleve plus que de semis, parce que c’est le moyen le plus sür pour obtenir dessujets vigoureux et de belle venue. On est generalement dans l’usage de greffer les müriers venus dusemis, en employant pour greffer des Varietes anciennement cultivees, et qu’on a observe etre lesplus convenubles ä la nourriture des Vers ä soie. Dans quelques pays, on abandonne les müriersadultes ä eux-memes; mais, dans le plus grand nombre, on les soumet ä une taille plus ou moins ri-goureuse et plus ou moins frequente. Pour ne pas fatiguer l’arbre, la cueillelte des feuilles ne doitpas etre faite completement, et il serait meme bon de laisser, sur deux annees, le mürier Charge deses feuilles une annee entiere au printemps de laquelle se ferait la taille. La cueillette des feuilles sefait de deux maniüres ; dans la premiere, qui est surtout en usage en Greee, dans l’Asie Mineure, laPerse, sur les bords du Yolga, etc., on donne aux Chenilles des rameaux charges de leurs feuilles;dans la seconde, usitee en France, en Italie et en Espagne , on livre aux Vers ä soie des feuilles sepa-rees des rameaux, et, pour cela, il faut les cueillir ä la main, avec le plus grand menagement pourl’arbre. Malgre la precaution que Fon prend de changer frequemment les feuilles que Ton donne auxChenilles, afin qu’elles ne forment pas une Sorte de litiere, et quoiqu’on cherche ä ne jamais les livrerhumides, il semble cependant que l’habitude de nourrir les Vers a soie avec des feuilles encore atta-chees ä la tige est meilleure : en effet, les Chenilles ne se trouvent jamais, par la maniere dont onarrarige les rameaü'x, placees sur une litiere humide, parce que les branches, qui restent presqueseules aprüs que les Chenilles ont mange les feuilles, forment un tas ä travers lequel passent leursexerements, etä travers lequel aussi circule assez d’air pour que tout se desseche facilement.
Les lieux oü l’on üleve les Vers ä soie portent les noms de magnaneries, magnanderies, rnagna-nieres ou magnonieres, tires du mot magnans, qui, dans le midi de la France , sert ä designer lesChenilles du Sericaria mori, et le principal ouvrier Charge de la direction de Fatelier est appele nia-gnanier, magnadier ou encore magnodier. De grands soins doivent etre donnes pour faire arriver äbien leducation des Vers ä soie; des details nomhreux ä ce sujet sont indiques dans les ouvragesspeciaux sür Findustrie de la soie, qui a ete assez importante pour faire creer dans plusieurs paysdes societes scientifiques et agricoles, portant la denomination de sericicoles, et qui s’en occupentexclusivement; ici encore nous ne pouvons citer que quelques-uns des faits les plus importants, ren-voyant, pour en prendre une connaissance plus approfondie, aux traites de l’abbe Sauvages, de Do-sier, du conite Dandolo , de Bonafous, et surtout aux reeherches des entomologistes et des sericieul-teurs modernes, inserees pour la plupart dans le Recueil de la Societe sericicole de Paris , et prin-cipalement aux travaux pratiques de MM. Guerin-Meneville et Eugene Robert .
Une chose essentielle pour faire une education de Vers ä soie profitable, c’est d’avoir de bonnegraine; on appelle ainsi communement les oeufs de ces Insectes. Lorsque Fon n’en a pas de sa pro-pre recolte ou qu’on ne peut pas s’y fier, on doit en faire venir d’un pays ayantageusement connusous le rapport des soies qu’il fournit au commerce. Il en est de meme lorsque quelque maladie vientattaquer les Vers ä soie ä Fun de leur etat, ce qui se fait surtout ressentir sür les ceufs; c’est cequi a lieu en ce moment sur les Vers ä soie de l’Europe meridionale, et principalement de la France :la recolte des graines est bien au-dessous de la moyenne obtenue ordinairement, et beaucoup d’ceuisn’eclosent pas ou donnent naissance ä des Chenilles maladives : aussi conseille-t-on de renouvelerles graines que possedent actuellement nos magnaniers, et de retourner, autant que possible, auxlypes originaires. La graine est ordinairement attachee sur des linges ou des morceaux d’etoffe delaine. Quelques personnes pensent que Fon peut, sans inconvenient, laisser la graine ecloru sur lesetoffes sur lesquelles eile est attachee, et qu’il n’y a aucun inconvenient ä cela. Mais d’autres per-sonnes, et particulierement Bonafous, recommandent de faire eprouver ä la graine des preparationsassez compliquees, et consistant, i“ ä plonger les linges et etoffes qui portent les oeufs dans de l’eauä neufou dix degres Reaumur; 2° ä detaeher avec legerete les ceufs et ä les plonger de nouveau dansde l’eau, afin de les nettoyer et d’en separer ceux qui ne valent rien; 5° ä les faire sccher en lesdeposant sur des linges places sur des claies dans un lieu sec, et dont la teinperature ne soil pas ä