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HIST01BE NATURELLE.
menerait trop loin de notre point de depart, c’est-ä-d re de l’histoire de l’lnseete qui les produit; ity aurait cependant beaucoup de choses interessantes 4 dire sur ce point, et il serait utile d’indiquerles differentes etoffes de soie pure ou de velours, de rapporter les procedes de fabriealion, les prixde- revient et de vente : cela, nous le repetons, est du domaine de l’induslrie, et non de la Science, etnous ne pouvons nous en occuper.
La Chenille du Ver 4 soie, ainsi que l’indique le nom specifique de Sericaria mori, se nourritde feuilles de diverses especes du genre mürier (Mortis, Linne ). On croit avoir remarque que les Vers4 soie eleves avee les feuilles du mürier noir (Morus nigra) donnent. une soie grossiere et ner-veuse, mais que les feuilles du mürier blane [Morus alba) sont plus nutritives et preferees par lesChenilles, quoiqu’elles se nourrissent facilement avec les feuilles du mürier de Constantinople (Morus Conslantinopolitana ) et du mürier dTtalie (Morus halica); enfin assez recemment on a ern-ploye avec avantage les feuilles du mürier ä plusieurs tiges ( Morus mullicaulis ou cucullata), en Ita-lic surtout, et Ton se sert aussi les feuilles du mürier rouge (Morus rubra)-, mais eiles ne reussissentguere que lorsque les Vers ont deja acquis une eertaine tadle. Quoi qu’il en soit, on n’emploie pres-que exclusivement que des feuilles du mürier blane et des nombreuses varieles de cette espece si-gnalees par les agriculteurs et les botanistes, qui reussissent plus ou moins bien suivant la naturedes terrains dans lesquels elles sont plantees, et dont les principales sont les müriers feuille-rose,romain, grosse-reine, langue-de-boeuf, nain, ä feuilles grandes, coriaces ou lobees, laciniees, la co-lombasse, la colombassette, la dure, l’admirable, etc. On a aussi cherche 4 nourrir les Vers 4 soieavec d’autres vegetaux que les müriers, principalement pour suppleer cet arbre quand les geleestardives suspendentsa Vegetation ; toutefois ces diverses plantes ne peuvent jamais remplaeer le mü-rier d’une maniüre absolue, mais seulcment temporairement : tels sont la ronce sauva^e, le rosier,l’orme, l’epine-vinette, le pissenlit, la parietaire, la laitue, l’erable de Tartarie, la pcorsonere, la ca-meline et la feuille d’un arbre de i’Amcrique septentrionale, la Mactura cmriantiaca, preconisee dansces derniers temps par M. Bonafous. Malgre tous les soins que l'on peut prendre, l’education memepartielle des Chenilles du Ver 4 soie avec les feuilles de ces diverses plantes ne reussit jamais com-pletement, et l’on n’obtient de resultats lout a fait satisfaisants qu’en nourrissant ces Chenilles avecdes feuilles de mürier, et surtout du Morus alba. Nous ne pouvons nous etendre beaucoup sur cepoint d’histoire naturelle applique 4 l’agrieulture, malgre son importanee, car il est plutüt du do-rnaine de la botanique que de celui de l’entomologie; nous renvoyons aux travaux speciaux deMM. Bonafous, Robinet, A. Carrier, Camille Beauvais, Audibert, De Lagrange, etc., et nous ne dironsplus que quelques mots, que nous extrayons presque completement du savant article Mürier que M. ledocteur Loiseleur-Deslonchamps a insere dans le tome XXXUI du Diclionnaire des sicences natu-relles (Paris , 1824).
Dans le Yivarais, les Cevennes et plusieurs parties de la Provence, les feuilles de mürier se ven-dent au quintal pesant; on estime generalement qu’un mürier, dont les rameaux bien garnis peuventcouvrir une, deux, trois toises cubes au plus, peut fournir autant de quintaux de feuilles, et chacunde ces quinjaux se vend ordinairement de trois 4 cinq Francs. Les marches de feuilles se font tou-jours avant que les arbres aient commence 4 pousser, et l’estimation du nombre de quintaux quepeut produire chaque mürier se fait plus tard, quand les Vers sont 4 leur deuxieme mue. Sur lesmarches des villes, le prix des feuilles varie beaucoup, et, suivant le besoin qu’on en a, le quintalpeut monier jusqu’4 vingt francs ou descendre jusqu’ä un franc ou un Franc cinquante Centimes. Lesmüriers qui produisent quatre 4 cinq quintaux sont tres-communs; les plus gros qu’on ait aujour-d'hui en rapportent dix 4 douze. Dans certaines parties du midi de la France , comme aux environs deToulon et d’Arles , les feuilles de mürier ne s’aehetent pas au kilogramme, mais on vend la depouilleentiere de chaque arbre en raison de l’etendue des branehes. Du reste, il est beaucoup plus avanta-geux, pour les personnes qui font des üducations de Vers 4 soie, de posseder un nombre süffisant demüriers pour les elever; car celles qui sont obligees d’aeheter des feuilles ne tirent quelquefois pasde leur industrie l’avantage qu’elles devraient obtenir. Quoique le mürier reussisse bien depuis lesbords de la Mediterranee jusqu’en Prusse et dans l’Ukraine , il semble cependant certain que le cli-mat influe sur la honte de sa feuille, et que celles de l’Europe meridionale contiennent moins de sub-stances aqueuses et plus de principes propres 4 faire produire aux Vers une soie abondante et debonne qualite. Le mürier s’accommode de toute sorte de terrain, pourvu qu’il ne söit pas impropre