PAPILLONS.
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les autres n’en sortenl que le sixieme; leur premiere mue est faite, et lesecond äge commence. II fautalors enlever les Vers de leur litiere, c’est-ä-dire de dessus les debris de feuilles sur lesquelles ilssont restes jusque-lä : pendant ce second äge, qui ne dure que quatre jours, les Vers provenantd’une once de graine mangent plus de dix kilogranimes de feuilles, toujours distribuees en quatrerepas par jour. Au quatrieme jour de leur deuxieme äge, le neuvieme depuis leur naissance, les Verss’endorment de nouveau, et ils s’eveillent le lendemain pour operer leur seconde mue. Au commen-cement de leur troisieme äge, qui dure sept jours, et pendant lequel les Chenilles ont besoin detrente-cinq kilos de feuilles, il faut encore changer la litiere, et la temperature doit etre abaissee ädix-huit ou mente dix-sept degres. Le quatrieme äge des Vers ä soie dure sept jours, de meme que letroisieme; pendant ce temps les Chenilles -prendront beaucoup d’accroissement, occuperont beaucoupplus de place qu’auparavant, et des lors devront etre placees dans un plus vaste espace, et, toujourspour une once de graine, mangeront environ cent kilos de feuilles, qu’on ne devra pas leur donnerseulement dn quatre repas journaliers, rnais selon leurs besoins. En terminant eette cinquieme mue,lesVers entrent dansleur cinquieme äge, dont la duree,pluslongue quecelledes precedents, est de dixjours, apres lesquels ils fileront leurs cocons. Aussitöt que les Chenilles sont entrees dans eette der-niäre periode de leur vie, on doit encore les changer de claies et leur donner un plus grand espace;leur faim augmenle d’une maniere considerable et tellement, qu’elles mangent quatre fois plus qu’elfesn’ont fait pendant les quatre premiers äges de leur vie; car jusque-lä elles n’onl consomme que centcinquante-quatre kilos de feuilles, et il leur en faudra pres de six cent cinquante; vers le milieu deeette periode, leur faim est incessante, et, en mangeant, elles produisent un bruit qui ressembleä celui que fait en tombant la pluie d’une forte averse; mais, vers la fin de cet äge, c’est-ä-dire vers lehuitieme jour, leur faim diminue, elles mangent beaucoup moins, et elles rendent proporlionnellementune plus grande quantite d’excrements, ou, suivant l’expression ordinaire, elles commencenl ä se vi-der ; c’est dejä un premier signe que les Vers, comnie on le dit vulgairement, approchent de leurmaturitä, et qu’ils ne larderont pas ä faire leur cocon.
Fig. IG. — Chenille adulte du Ver ä soie.
D’apres les details dans lesquels nous avons cru devoir entrer, on voit que, pendant toutle tempsque dure l’education des Vers, il faut prendre de grandes precautions, surtout lorsque les Chenillesvont muer, epoque des plus critiques pour elles. Les feuilles de mürier doivent etre frequemmentrenouvelees, et la litiere doit etre ehangee souvent, et au moins une fois au eommencement de cha-cun des cinq äges. Les lieux oü sont places les Vers doivent etre tenus avec une grande proprete; ilfaut qu’ils soient bien aeres, et qu’une temperature d’environ vingt degres lleaumur y soit constam-ment maintenue. Aussi les edueations faites dans les locaux prepares exelusivement pour cela, c’est-ä-dire dans les magnaneries, reussissent-elles beaucoup mieux, surtout en grand, que celles que fontquelquefois les paysans dans lä propre chambre qu’ils habitent, ainsi que cela se voit frequemmentdans quelques pauvres hameaux du midi de la France et de I'Italie. Et cependant, malgre tous lessoins qu’on en peut prendre, les Vers ä soie sont sujets ä plusieurs maladies qui en detruisent ungrand nombre, et qui parfois deviennent epidemiques et font de grands ravages, soit dans une seulemagnanerie, soit dans toute une contree. Les principales maladies sont la grusserie, qui rend lesChenilles plus blanches, tres-onctueuses, et les empeche de liier; la coiisomption, qui les fait croitretres-lentement et les rend trop molles; la jaunisse, qui, vers la cinquieme mue, les fait bouffir eCpresenter sur le corps des taches d’un jaune dore; et enlin la muscardine, ä la suite de laquelle leVers se tord, se raccourcit, prend une teinte rouge, se durcit, et finit par se couvrir d’une moisissureblancliätre qui n’est autre cliose qu’un cryptogame microscopique, le Botrytis bassianu, dont le