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IIISTOliiE NATURELLE.
germe se düveloppe dans le corps de l’Insecte en une multitude de ramifications qui ne tardent pas äIe faire perir. Comme la muscardine detruit un trüs-grand nombre de Vers ä soie, et que le, malqu’elle cause peut etre fortement augmente par sa propagation epidemique, beaucoup d'agriculteurset de naturalistes ont cherche ä etudier cette maladie et ä en arreter les ravages; le meilleur procedequi ait ete propose ä ce sujet, et qui ne l’a ete que dans ces derniers lemps par MM. Guerin-Mene-ville et Eugene Robert, semble tres-convenable pour arreter le mal : ce procede, qui a parfaite-ment reussi ä la magnanerie experimentale de Sainte-Tulle, consiste simplemeut ä faire evaporerde l’essence dfe terebenthine dans l’atelier oü se tiennent les Vers ä soie et dans celui oü sont lesgraines; l’essence detruit les miasmes deleteres et empeche la muscardine de se declarer. Une autrecause generale de maladie a pu etre remarquee en 1855, ets’est encore manifestee l’annee suivante,mais avec moins de force; c’est un deperissement des Chenilles, dont les cocons donnent moins desoie, et dont les Papilions produisent beaucoup moins d’ceufs, parmi lesqueis encore un certain nombren’üclöt pas; cet elat de choses fächeux a ete attribue ä l'action de la nourriture sur les Chenilles; eneffet, depuis plusieurs annees la vigne et beaucoup de vegetaux sont, dans une grande partie del’Europe , dans un etat maladif manifeste, et il n’est pas etonnant qu’il y ait eu reaction de la planteä l’animal qui s'en nourrit. Le mal a ete, est encore assez grand; la recolte de la soie a beaucoupdiminue; mais, et cela n’est pas sans exemples dans l’histoire de la sericiculture, il est probableque, la maladie des arbres venant ä cesser, eelle des Vers ä soie cessera egalement, et il ne fautprobablement pas, comme on I’a propose, pour une maladie momentanee, se croire force de changerles Vers ä soie attaques, et oblige de faire importer de nouvelle graine pour renouveler nos races ac-tuelles.
On reconnait que la maturile des Vers ä soie est complete aux signes suivanls : 1° les Chenillesmontent sur les feuilles de mürier’sans les ronger, et eiles elüvent la tete comme pour chercher au-tre chose; 2° dies quittent les feuilles pour se trainer au bord des claies en essayant d’y grimper;5° leurs Segments paraissent se raccourcir; 4°leurcorps devientd’une certaine mollesse, etleurpeau,surtout celle des anneaux inferieurs, acquiert une demi-transparence et prend une teinte legerementjaunätre, particulierement dans les Vers qui doivent filer de la soie jaune; 5° eniin, si l’on regardeles Vers avec attention, on voit que la plupart trainent apres eux un fil de soie qui sort de leur bou-cbe, et, si l’on saisit ce til, on peut en tirer un assez long bout sans le rompre.
Lorsque les Vers ä soie, arrives ä leur entier accroissement, rechercbent les endroits favorablespour la construction de leurs cocons, on doit de nouveau nettoyer 1’atelier, ne plus donner que peude feuilles, renouveler l’air, maintenir la temperature ä dix-sept ou dix-huit degres, et surtout dis-poser sur les chässis et dans plusieurs points de la magnanerie un grand nombre de petits fagots oude rameaux de bouleau, de bruyere, etc., entre les branchages desquels les Chenilles iront filer leurscocons. Ce travail sera termine en trois ou quatre jours, et, düs le seplieme ou le huilieme jour, onpourra dejä recueillir les cocons.
Quand la Chenille se metamorphose en chrysalide ou en cocon, eile s’enveloppe d’une grandequantite de filaments generalemenl jaunätres, parfois blänchätres ou verdätres, qui constituent lasoie. Pendant longtemps on n’a pas connu d’une mattiere satisfaisante l’organe producteur de la soie;mais, d’apres les travaux d’un grand nombre de naturalistes, et surtout d’apres ceux de M. Straus-Durckeim, il parait certain que cette matiere est renfermee ä l’etat liquide dans deux vaisseaux tres-delies qui, partaut de la tete de la Chenille, oü ils sont reunis, s’etendent. dans l’interieur de l’ani-mal, et se rangent apres quelques sinuosites pres du dos : ces vaisseaux semblent jaunes, biancs ouverdätres, suivant la riature du liquide qu’ils contiennent, et produisent ä l’exterieur les filamentsqui constituent la soie. La longueur du fil produit par une seule Chenille est d’environ quinze cenismelres; ce fil est double, c’est-ä-dire compose de deux brins tres-delies, colles dans toute leur lon-gueur par un enduit particulier. La soie dont est formee l’enveloppe des cocons offre plusieurs cou-ches superposees. l’une ä l’autre, et dont le nombre, variant en raison de la vigueur de la Chenille,parait etre en genüral de six. D’apres cela on voit que chaque cocon est forme d’un fil continu, etque düs lors il est essenliel, pour filer la soie, d’avoir le cocon intact. Aussi, pour tous les coconsdestines au commerce, les chrysalides doivent-elles etre tuees, alin que les Papillons, en venant äeclore, ne percent pas leur prison et ne fassent pas de Solutions de continuite dans le fil de soie quidoit etre file. Pour cela on fait eprouver aux cocons ce que l’on appelle Yctouffage; plusieurs moyens