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HISTOIRE NATURELLE.
n’appartenirqu’ä l’Europe meridionale; le Bcsir-yx de la ronce (ß. rubi, Linne ), espece depetite taille,ä ailes anterieures d’un brun tanne, lavees de gris dans la femelle, avec deux lignes transverses, cen-trales, blanchätres, et ä secondes ailes d’un 1 run tanne, avec la frange blanchätre; la Chenille, quivit sur la ronce et sur plusieurs autres plantes, est connue sous le nom d’ Anneaux-clu-Diable, parcequ’elle se met en anneaux des qu’on y touche; eile est noire, avec des anneaux oranges et des poilsroux et grisätres; le cocon est mou, jaunätre; la chrysalide. noire bleuätre; et les B. cooles, Hübner,Eversmanni, Kindermann; l’une de la Sicile et l’autre des nionts Ourals.
Le genre des Bornbyx presentant beaucoup d’especes dont les chenilles, p^ar leur grand nombre,sont tres-nuisibles aux arbres de nos forets, nous avons cru devoir nous y etendre autant que nousl’avons fait, et nous avons eneore quelques mots ä dire ä l’occasion des especes exotiques, dontcertaines produisent des cocons qui pourraienl etre d’une grande utilite pour la sericiculture si Tonparvenait ä acclimater les Chenilles en Europe . Plusieurs de ces especes qui donnent de la soie, touten se rapportant ä l’ancien genre linneen des Bornbyx, doivent cependant, par quelques-uns de leurscaracteres, rentrer dans des groupes plus recemment crees, et surtout dans celui des Auacus; ce-pendant nous en parlerons maintenant, parce qu’elles sont generalement indiquees sous le nomcommun de Bornbyx.
L’espece la plus importante de toutes est le Bornbyx paphia ou mylitta, qui se trouve trfes-re-pandu dans beaucoup de regions de l’Inde , et est surtout commun au Bengale, sous un cliinat eneorechaud, mais beaucoup moins que celui des montagnes. Dans le district de Ramgarh ou de Harazu-bangh au Bengale, on elfeve, comme l’a dit M. Boisduval d’apres M. Scherwell, une quantite innom-brable de Paphia, et leur soie forme un article considerable de commerce. Les cocons des Papillonsfemelles, qui ont 0",05 de longueur et 0“,03 de largeur, aussi bien que les femelles elles-memes,sont beaucoup plus gros que les cocons des mäles. Les Papillons femelles ont une envergure deO'-.lö ä 0”,17, et les mäles d’ordinaire ont une envergure de 0 ra ,12 ä 0 m ,13 : ces derniers sont ge-neralement d'un rouge brun fonce, et les femelles d’une couleur moins foncee et ordinairement d’unjaune gai. Le Papillon sort du cocon au commencement de la saison des pluies, environ vers les Pre-miers jours de juin; mais souvent une ondee de pluie chaude en mars et avril, suivie de temps froidet humide, a pour effet de les faire eclore ä cette periode peu avancee de l’annee, et, comme les ar-bres dont les Chenilles se nourrissent sont eneore depourvus de feuilles, les Chenilles perissent fauled’aliment. Pour obvier ä cet inconvenient, pendant la belle saison, les naturels exposent les coconsaux rayons du soleil, ce qui est un remede tres-efficace. Les naturels qui elfevent les Chenilles recueil -lent les cocons dans de grandes corbeilles et laissent seulement ensemble ceux dont on veut obtenirde la graine. Apres l’aceouplement, on rejette les Papillons qui ont servi ä la fecondation et ä laponte. Aussitöt apres l’eclosion des ceufs, les Indiens charges de surveiller Peducation transportentles Chenilles dans les bois epais voisins, et lesplacentsur les Terminalis alata et tomeniosa, arbresqu’ils ont prepares d’avance pour les recevoir, et qui abondent sur les plateaux de Harazubangh.Quand Peducation est finie, on coupe les arbres a la hauteur d’environ un metre pour la commoditedes gardiens qui doivent surveiller les larves de l’annee suivante, et pour que les arbres deviennenttouffus et comme buissonnants, ce qui du reste les ramene ä leur forme ordinaire. Pendant tout letemps que les Chenilles, qui, ainsi que le Papillon et la soie qu’il produit, portent le nom de Tous~sah, passent sur les arbres, elles sont attentivement gardees par un ou deux surveillants qui empe-chent qu’on ne les vole, et les protegent contre les Oiseaux, qui, sans cette precaution, ne manque-raient pas d’en faire leur proie. Lorsque les cocons sont termines, ils pendent aux branches commedes fruits aux arbres fruitiers; alors on les enleve et on les porte au magasin. Apres avoir choisi unnombre süffisant de cocons pour Peducation de l’annee suivante, on etouffe les chrysalides des au-tres ä l’aide de l’eau bouillante, pour que le Papillon ne gäte pas la soie en eclosant. C’est apres lesavoir ainsi prepares qu’on les porte au marche par voitures et ä dos d’hommes. On les devide commeles cocons du Ver ä soie, et alors on en fait des tissus, soit avec la soie pure, soit en melangeantcelle-ci avec du coton. Lorsque le toussah grege a ete tisse sans melange, il produit une piece desoie dure et brunätre. Les Europeens etablis dans PInde Pemploiertt pour vetements d’ete ou pourcouvrir des meubles. Cette soie, toute forte qu’elle est, ne saurait resister ä de tres-frequents lava-ges, et finit par se couper lorsquelle a ete soumise aux procedes violents des blanchisseuses indien-nes. Quand la soie du toussah a ete degommee et melangee avec un peu de coton, on en fait des