PAPILLONS.
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mente du pommier et de tant d’aulres qui depouillent les arbres de leurs feuilles et de leurs boutonsä fruit, portent la perturbation dans leur accroissement et causenl parfois leur mort, et qui, pour tousces motifs, meritent autant que ie premier d’etre signalees et poursuivies. II doit en etre de memepour les Chenilles automnales, comme celles de 1‘Orgyie pudibonde; quoique cela soit moins impor-tant en raison de l’etat avance de la Vegetation ä cette epoque de l’annee.
La loi sur l’echenillage, n’atteignant que bien imparfaitement son bul et ne produisant pas d’effetsensible, est tombee en desuetude, et on cesse presque partout de la metlre en pratique. On penseassez generalement qu’il est impossible de se delivrer des Chenilles, et on dit, pour s’eviler la peinede leur donner la chasse : « A quoi bon les detruire dans mes proprietds? mes voisins n’echenil-lent pas; leurs Insectes viendront ravager nies arbres, et mon travail aura ete inutile. » C’est lä en-core une erreur que l’on doit eombattre, parce qu’elle est funeste par ses resultats. On saitque lesInsectes, comme les autres animaux, out une predilection marquee pour le lieu qui les a vus naitre,et qu’ils ne le quittent pas, ä moins d’y etre sollicites par des circonstances imperieuses. Les Che-nilles nees sur un arbre vivent sur cet arbre tant qu’elles y trouvent des feuilles; les Insectes d’unjardin le quittent rarementpour aller dans le jardin voisin. Les proprietaires qui prennent la peinede nettoyer leurs jardins, leurs vergers, leurs luzernes et leurs vignes, reconnaissent bientöt queleurs recoltes sont plus assuröes et plus abondantes que celles des proprietaires negligents.
Quelque insuffisante qu’elle soit, la loi sur l'echenillage devrait donc etre strictement observöe;et, loin de chereher ä s’y soustraire, on devrait, d’apres l’observation des faits, solliciter du gou-vernement de nouvelles mesures generales propres ä detruire et les Chenilles et les Insectes des-trueteurs des arbres.
Un secours nous est offert par la nalure; et l’homme, loin de le repousser, devrait l’accepter avecempressement. Nous voulons parier des animaux insectivores, que, loin de les detruire, on devraitproteger comme etant nos auxiliaires. Sans enlrer dans la nomenclature de tous les Oiseaux utilessous ce rapport, on peut citer les llirondelles et Martinets, les Grimpereaux, les Pies et les Epei-ches, les Freux, les Oiseaux de nuit, les Rossignols et les Fauvettes, les Moineaux et autres Frin-gilla, les Etourneaux, les Geais, etc. II en est de meme desCorbeaux et des Corneilles, qui, au com-inencement de Fbiver, detruisent les larves de Hannetons dans les terres nouvellement labourees.Aussi certains prefets, en vertu de l’article 9, premier paragraphe de la loi sur la chasse du 3 mars1844, ont-ils ä juste raison pris des arrets pour prevenir la destruction des Oiseaux, dans le but deconserver ceux qui vivent d’Insectes nuisibles ä l’agriculture. Plusieurs Mammiferes , comme le Ile-risson, le Blaireau, les Chauves-Souris , les Musareignes, etc., devraient egalement etre protegescomme destructeurs d’Insectes; nous n’oserons pas, comme le demande notre collegue M. Morque-rys de Rouen , en dire autant de la Taupe; car il nous parait que le bien qu’elle peut faire commeinsectivore est au moins compense par le mal que les taupinieres produisent ä l’agriculture. CerlainsIleptiles eux-memes, que l’on detruit par suite d'un prejuge immemorialement enracine, nous ren-draient aussi des Services sous le meme point de vue. Des animaux inferieurs niemes, par suite deleurs appetits carnassiers, sont egalement nos auxiliaires, et ne devraient pas etre inutilement de-truils: tels sont, pour ne parier que des Insectes coleopteres, presque toutes les Cicindeletes, lesCarabiques, les Staphylins, etc.
D’apres tont ce que nous venons de dire, s’il existe des lacunes regrettables dans la loi sur l’e—chenillage et dans l’article 9 de la loi sur la chasse, la cause en est evidente, c’est parce que les le-gislateurs ne se sont pas suffisamment eclaires des lumieres de la Science. Quoique les Insectesparaissent peu dignes de fixer l'attention des legislateurs et des magistrats, ils sont cependanttres-redoutables; lorsqu'il s’agira de formuler des lois et des arretes pour s’opposer ä leurs ra-vages, il serait bon de consulter, sur les moyens de les detruire, l’Academie des Sciences , la So-ciete imperiale et centrale d'agriculture, la Societe imperiale zoologique d’acclimatation, la Societeentomologique de France, etc., qui possedent sur ces matieres des connaissances pratiques tres-positives, de la meme maniere que I on consulte les cours imperiales, le conseil d’Etat, et les admi-uistrations superieures lorsqu’il s’agit d’introduire des ameliorations däns les lois ou dans les rögle-ments administratifs actuellement en vigueur. II appartient aux Societes qui s’occupent d’histoirenaturelle de donner l’eveil sur ces questions, d’en faire comprendre l’utilite et la portee, afin que,repandues dans le ' "n, eiles parviennent jusqu’ä b’autorite, qui peut en tirer d’utiles enseigne-