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avec Ies Phaleniens ou GeomiHres, avec les Noctueliens, avec les Pyraliens et avec les Microlepido-pteres proprement dits, c’est-ä-dire avec les Torlrix et les Tinea des anciens auteurs, et on les areunis tantöt aux uns, tantöt aux autres; c’est ainsi que M. Herrich-Schceffer, dans ces dernierstemps, n’en fait qu’un groupe de Noctueliens; Duponchel, une simple sous-tribu des Pyralides, etc.Latreille, il y a bien longtemps, et tout recemment, en 1854, M. Guenee, ont montre que ces Insec-tes devaient former une division toute particuliere, et nous avons cru devoir les suivre. M. Gueneeplace ce groupe primaire intermediairement entre les Noctueliens et les Pyralides : cet arrangementnous semble tres-naturel, et nous l’aurions adopte si nous n’avions voulu, autant que possible, res-ter fidele aux classifications de Duponchel et de M. E. Blancbard. Quant 4 la preference que nousavons accordee au nom d’ Herminiies sur celui de Delto'ides, plus generalement employe aujourd’hui,nous avons 4 dire que nous avons voulu continuer de suivre notre methode, dans laquelle les nomsdes familles, des tribus, des seclions, des groupes, etc., sont constamment tires de la denominationprincipale du genre qui y entre.
Les Herminites sont des lusectes de taille ordinairement moyenne, de couleurs sombres, eclosantbabituellement au printemps et en ete, et habitant surtout les bois ou au moins les endroits ombra-ges. Comme les Phaleniens, ils s’appliquent presque constamment ä la surface des feuilles, et ils yrestent immobiles pendant le jour, 4 moins qu’ils ne soient effrayes par un dauger quelconque. Alorsils s’envolent avec une grande vivacite, et fournissent un vol rapide, mais de peu de duree, et quin’a pour but que de chercher un nouvel abri. Ils s’y posentde nouveau, les antennes repliees et cou-cbees contre le corps, les ailes anterieures etroitement appliquees et tres-peu inclinees, comme lesPhaleniens, mais non etendues comme dans ces derniers, ni croisees comme dans les Noctueliens;ces ailes sont simplement rapprochees par leur bord interne, en Sorte que l'Insecte , ainsi replie, aune forme triangulaire, et c’est ce qui lui a valu le nom de Delioides, 4 cause de la forme du A ( delta )grec qu’il imite un peu. Ces Papillons ne commencent 4 voler spontanement qu’au coucher du soleil, ,et voyagent dans les allees ombragees des bois comme les Herminia, ou volent par essaims autourdes plantes qui nourrissent leurs Chenilles, de möme que les Hypena. Tous sont altires par les feuxet les iumieres, et meine 4 un plus haut degre que les autres Nocturnes : ce fait doit £tre note, carcette particularite de moeurs peut donner un moyen de se les procurer.
On ne connaitque tres-peu de Chenilles de cette section. Parmi celles que Ton a ete 4 meme d’etu-dier, on peut dire qu’en genferal les Chenilles des Herminia ont seize pattes, qu’elles sont tres-len-tes, et passent leur vie cachees sous les feuilles söches dans les endroits humides,,tandis que cellesdes Hypena manquent presque tout 4 fait de la premiere paire de pattes ventrales; qu’elles sontvives, fretillantes, et vivant pour la plupart groupees en assez grand nombre sur la meme touffe deplantes. Le mode de transformation ne presente rien de particulier : les Chenilles forment des eo-cons soit dans les feuilles, soit enfouis dans le sol, mais 4 assez peu de profondeur.
Quant aux caracteres sp£ciaux que nous offrent les Insectes 4 l’etat parfait, nous dirons qu’ilssont trAs-nombreux, souvent importants; nous nous borner-ons 4 ce que nous avons dit dansnotre caracteristique de la tribu, qui nous semble süffisant, et, pour plus de details, nous ren-voyons au consciencieux travail qu’en a donne M. Guenee dans le tome VIII du Species des Lepi-dopteres des Silkes ci Buffon de Roret, et auquel nous avons emprunte quelques passages de nosgeneraliles.
Les especes d’IIerminites ne sont pas tres-nombreuses, car M- Guenee n’en indique que cent trenteet une, et sur ce nombre beaucoup sont decrites pour la premiere fois par lui. Elles sont repanduessur tout le globe. L’Europe en possede naturellement jusqu’ici le plus grand nombre, et les entomo-logistes classificateurs les ont assez bien fait connaitre : faut-il dire, comme le fait si spirituellementM. Guenee, que, si les erreurs y sont moins frequentes que dans les Noctueliens, cela tient au petitnombre d’especes que les ecrivains ont effleurees, et grAce aussi 4 l’indifference avec laquelle lesont traites les collectionneurs, dont les trois quarts, encore aujourd’hui, ne leur fontpas l’honneurde les admettre dans leurs tiroirs? Apres l’Europe, l’Amerique parait produire une grande quantited’espfeces; l’Afrique en fournit aussi un certain nombre, mais son sol brölant ne permet pas tantde developpements specifiques pour ces Insectes, qui aiment les lieux ombrages et humides; il n’enest pas de meme du continent indien, d’oii on en a rapporte plusieurs.
M. Guenee admet trente-trois genres, presque tous dus 4 ses savantes recherches; nous decrirons.