PAPILLONS. 231
nulle; tete assez forte, sur le mfime plan que le corselet; corps mince; ailes anterieures termin^escarrement, quelquefois legerement courbees au sommet.
Chenilles couvertes de points tuberculeux, chacun surmonte d’un poil, roulanten cornet ou reunis-sant en paquet, par des fils, les feuilles des arbres, des arbrisseaux et des diverses plantes dont ellesse nourrissent, et s’y changeant en chrysalide sans former de coque, mais apres avoir tapisse de soieI’intericur de leur demeure.
Chrysalides lisses, avec des rangÄes d’epines tres-petites situees transversalement ä la partie su-perieure des anneaux de 1’abdomen, avec quelques poils roides et en crochels ä l’extremite poste-rieure du corps et lui servant pour se lier aux fils soyeux dont est lapissee la löge dans laquelle eilesejourne.
Fig. 17t. — Tordeuse automnale. (Femelle.)
Ge groupe reprftsente en gramle partie les Tortrices de Linne, et a ete indique sous le nom deTorlrix, que nous lui conservons, par les auteurs du Caialogue cles Lepidopleres des environs deVienne, par Froelic, Treitscke, Duponchel, Curlis, Stephens, M. Guenee, etc., tandis que, ä l’exem-ple de Fabricus, Panzer, Latreille, ÄValckenaer, Bose, Audouin, MM. C. Dumeril , E. Blanchard, Gu6-rin-Meneville, etc., etc., lui ont applique la dfnomination de Pyralis.
Malgre les travaux nombreux qui ont ete faits sur les diverses especes de ce genre, malgre lesnombreux relranchements qui y ont ete operes, le genre Torlrix n’en est pas moins, encore aujour-d'hui, une Sorte de magasin dans lequel on place, outre les especes typiques, toutes les especes plusou moins inceriaines ou trop peu connues de la tribu entiere. Treitscke, Curds, Stephens, Dupon-cltel, et plus recemment M. Guenee, ontcherche ä y mettre plus d’homogeneite, etces deux derniersauteurs y rangent cependant encore une cinquantaine d’espöces europeennes.
Les Papillons sont de taille moyenne pour des Tortrieites. Les Chenilles , dont on a donne la des-cription d’un assez grand nombre, se nourrissent du parenchyme des feuilles des arbres, des ar-brisseaux et des plantes basses, qu elles roulent, et ce sont de veritables Bouleuses ou Turdeuses.Plusieurs d'entre elles, et meme presque toutes, sont nuisibles ä beaucoup de vegetaux, tant auxarbres de nos bois et de nos promenades qu’aux plantes cullivees dans nos champs, dans nos ver-gers et dans nos jardins, en mangeant leurs feuilles, les depouillant meme quand leur multiplicationdevient trop grande, et pouvant ainsi sinon les tuer, au moins nuire beaucoup ä leur croissance. Parntices espfeces, il en est plusieurs qui font beaucoup de mal aux chenes de nos bois, et, pour ne citerqu’un exemple qu’on a ete plusieurs fois ä meme de verifier dans nos environs, ce sont elles qui ontquelquefois, lorsque les circonstances atmospheriques ont favorise leur multiplication outre mesure,depouille les chenes du bois de Boulogne de toutes leurs feuilles, au point de leur donner, ä la ftndu printemps, l’aspect qu’ils offrent en plein hiver. Ce depouillement de toutes leurs feuilles, mortessur l’arbre, tombees sur le sol, toutes roulees sur elles-memes et lapissees de soie, nuit considera-blement, comme nous l’avons dit, ä l’accroissement de ces arbres, etce seraitcertainement une choseutile que de trouver un moyen de les preserver de ces Torlrix; aussi donnerons-nous la descriptiocomplete du plus commun de ces Insectes, ainsi que de sa Chenille, afin que les personnes qui,comme les agents forestiers, sont placees plus favorablement pour faire des recherches experimen-tales que les naturalistes, soient ä meme de connaitre les moeurs de cet ennemi de la sylviculture etde tous les Lepidopt&res qui en sont voisins.
Celte espece si nuisible pour nos climats est la Tordeuse (Pvrale) verte ( Torlrix viridana, Linne ;suttneriana , W. V.) : envergure, 0 m ,02; ailes d’un joli vert uni, avec la cöte et la frange blanchä-tres sur les anterieures, et d’un gris cendre, avec la frange egalement blanchätre, sur les posterieu •res ; dessous des quatre ailes d’un blanc luisant et comme argente, avec un leger reflet verdätre aux