PAPILLONS.
235
sus du sol; leur vol n’esl pas de longue duree; ils ne partent d’un cep que pour aller se poser surun aulre qui n’en eslpas bien eloigne. C'est au couclier du soleil qu'ils volent en plusgrand nombre,et leur vol ne cesse qu’apres la nuit tout ä fait dose, ä moins que les lueurs de la lune n’eclairent en-core un peu. Le matin, au crepuscule, on voit encore beaucoup de Papillons voltigqant d’un cep äl’autre; mais il est rare d’en voir pendant le jour, et surtout au moment de l’ardeur du soleil, ä moinsqu’ils ne soient effrayös par quelque mouvement; mais, quand il fait beaucoup de vent, ils se cram-ponnent sur les feuilles et les tiges et se deplacent tres-peu. ■
Peu de temps apres leur eclosion, les Papillons cherchent ä s’accoupler; mais c’est seulemenl pen-dant quelques jours, peut-etre de trois ä cinq, que la plupart se montrent plus ardents et völligemen grand nombre au crepuscule : moment auquel s’effectue ordinairemeut le rapprochement dessexes, qui peut se prolonger tout le jour suivant. C’est toujours ä la surfaee superieure des feuillesque les femelies deposent leurs oeufs; dies semblent pour cela, meine en captivite, recherclier lessurfaces lisses, et c’est pour cette raison probablement qu’dles ne pondent pas sur les tiges, sur letronc des ceps, ni meine sur la parlie iuferieure des feuilles, qui est plus rüde que la superieure.Necessairement l’epoque de la ponte varie suivant celle de l’apparition du Papillon .
Les ceufs ont un peu moins de 0 m ,001 de longueur, et sont de forme un peu ovalaire, amincisvers le baut. Immediatement apres la ponte, ils sont d’un vert pornrne tendre; au bout de quelquesjours, cette couleur perd de sa fratcheur et devient bienlöt grisätre; le vert disparait peu de tempsapres; les oeufs passent ensuite promptement au jaunätre, puis au brun; des taches paraissent alors,et en dernierlieu ces tacbes deviennent tolalcmenl noires, et l’ori apergoit par transparence la tete etle corps du jeune animal. Enfin, aprös la sortie de la Cbenille, l’enveloppe des ceufs reste d’unblanc de neige argentin; leur surfaee presente une sorte de reseau ä mailles angulaires, complete-ment invisible ä l’ccil nu, mais tres-distinct ä l’aide du microscope, et qui est forme par une mulli-tude de petites divisions, dont les unes sont hexagonales, d’autres pentagonales, et d’autres encoreplus ou moins irregulieres. L’eclosion des oeufs n’a pas lieu au printemps qui suit l’epoque oü ilsont ete produits, comme I’ont pretendu Bose, Draparnaud , Dunal, ete , mais eile s’effectue de dix äquinze ä vingt jours apres la ponte, ainsi que l’a dit le premier l’abbe Boberjot, et que l’a demonlreAudouin. L’etat de l’atmosphe.re peut apporter quelque modification dans la duree de I'incubation;ici comme pour les autres Insectes, une temperature ä la fois chaude et humide doit liäler la sor-lie de la petite Cbenille. Une des principales causesqui, comme nous l'avons indique, avaient, pen-dant longtemps, empeche les entomologistes de reconnaitre dans la Tortrix Pilleriana, \V. V., l’ana-logue de la Pgralis viiana, Bose; c’est que la premiere se trouvait indiquöe dans tous les ouvragesallemands comme vivant exclusivement ä l’etat de Cbenille sur le Slucliys germanica, tandis qu’onn’avait observe la seconde jusqu’ä present que sur la vigne; mais il est coustant cependanl qu’onpeut en trouver aussi accidcntellement sur les plantes appartenant a des familles fort differentes;ainsi on a rencontre des oeufs sur de petits saules, des aubepines, des eglantiers, des luzernes, des lisc-rons, des haricots, des pommes de terre, des laitues, etc., placös aupres des vignes. Le nombre desplaques d’ueufs disperses sur une meme feuillc est variable : il peut n'en exister qu’une ou deux, oubien on en trouve quatre, cinq, six, sept et meme, quoique plus rarement, dix ou douze. Ces plaquessont ordinairement presque rondes ou ovalaires, placees sur ou entre les nervures des feuilles, etsont loin d’avoir la meme etendue ; il y en a de fort petites qui ne conliennenl loutau plus qu’unedouzaine d’ceufs, tandis que d’autres en renferment, au contraire, jusqu’ä cent cinquante ou deuxCents; mais ces deux cas sont presque exceptionnels, et le plus babiluellement ces plaques sont eom-posees de cinquante ä soixante oeufs. Quant au nombre de pontes ou de plaques deposees sur cha-que cep, on concoit qu’il varie selon les annees, et qu’il peut, jusqu’ä un certain point, donner lamesure de ce que sera le fleau l’annee suivante.
La Chenille de la Tortrix de la vigne porte vulgairement, et suivant les divers pays oü on la trouve,differents noms, tels que ceux de Ver blanc, Ver de la vigne, Ver de l'ele, Ver de la vendange, Couqne etBabola. A peine sorties de l’oeuf, les Chenilles se dispersem sur les feuilles et marchent dans toutes lesdirections, non pas pour prendre une nourriture qu’elles trouveraient encore en abondance, maisuniquement pour chercber un abri convenable ä leur hivernalion, qui doit se prolonger jusqu’au prin-temps suivant. Apres s’etre promenees quelque temps sur les feuilles, les petites Chenilles se rappro-chentdu bord etse laissenl tomber, soulenues par un long fil soyeux qu’elles secretent dejä, et on les