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[Papillons ; Papillons nocturnes ou chalinoptères]
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IllSTOIHE NATURELLE

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voit suspendues dans l’air, attciidant souveni assez longtemps qu'un vent favorable vienne les lau -cer sur le cep mAme de la vigne, oii eiles se caebent dans les fissures du bois, dans la moindre an-fractuosile; d’autres se refugient dans les ecbalas que l'on emploie dans certains vignobles poursoutenir la vigne; enfin l’on assure, ce qui est loin d’etre demontre, que la terre en recoit un certainnombre. Lorsque les larves ont trouve le licu de refuge oü doivent se passer les trois quarts de leurexistence, eiles se (ilent chacune un petit cocon, long de 0‘“,005 ä 0 m ,004, ovo'ide, forme d’une soiegrisäire, tenue, et c’est dans cet etroit fourreau qu’elles restent blotties jusqu’au mois de mai. Desque les jeunes Cbenilles ont gagne les extremites des pousses, et avant de inanger, leur premier soinest de tendre des fds et de rapprocher autant que possible l’une de l’autre les feuiiles et les petitesgrappes qui constituent le bourgeon, afin de s’en former une euveloppe. Lorsque les feuiiles com-inencent ä se developper et que les petites Cbenilles ont atteint une longueur d’environ 0 m ,01, ellesquittent l’extremite des pousses, descendeut au milieu des tiges et gagnent les grandes feuiiles et lesgrappes, et alors elles recommeneent a travailler. Une fois posee sur une des feuiiles qui doit fairepartie de son espece de nid, chaque Chenille jette des deux cötes de son corps des fils etroilementbrides et entre croises entre eux, de maniere a former au-dessus d’elle une sorte de toit surbaisse;puis eile gtimpe sur eette bätisse comme sur un echafaudage pour aller construire un secotid etage äsa demeure; ce nouveau travail s’execute comnrfe le precedent, a l’aide de fds entre-croises, et lorsquela trame est suffisamnient epaisse, la Chenille detruil aveo ses mandibules les premiores brides, de-venues inutiles, rend ainsi sa retraite plus spacieuse et tapisse de fils la portion de la surface de lafeuille qui eonstitue le plancher de sa löge. Ces fils innombrables, jeles dans loutes los directions.enlravent la Vegetation, arretent completement la lloraison et la fructification des grappes qui s’ytrouvent melees, et de cet enchevetrcment des grappes, des feuiiles et des vrilles resulte cet aspectde desolation que nous presentent les vignobles attaques par la Tortrix. Taut que les Cbenilles sontjeunes, elles sc borncnt a attaquer les-feuilles et ne mangent pas les grappes de raisin, qu’elles secontentent d’enlailler, et ces grappes, en se fanant, leur servent s‘ _ ’ement de retraite et presen-lent un soutient ä leurs fils: mais, lorsqu’elies acquierent plus de force et qu’ils’en montrc aussi uncplusgrandc quantite, elles ne se borncnt plus a inciser les pedoncules de la vigne, elles altaquentjusqu'aux grains, en les coupant et souvent en les rongeant: cependant, alors meine il roste prouvcqn’elles continuent a preferer beaucoup les feuiiles aux fruits, car il est trAs-rare de les voir se logendans des grappes isolees et sans y etre attirees par les feuiiles environnantes. C’est ainsi que cespetites Cbenilles, qui semblent si meprisables, finissent par manger une grande etendue de vigne etpar detruire en quelques jours les esperances des plus helles recoltes. (Juant au nombre de Cbenillesqu’un seul cep peut receler, on conqoit qu'il depend uniquement des annces et des localitbs : en1857, par exemple, annee desastreuse dans le Mäconnais, on a compte jusqu’ä cent soixante Cbe-nilles devastant ä la fois le meine cep de vigne. Quoique les Chenilles quittent rarement le lieu ouelles sont nees, ces sortes d’emigrations ont pourtani lieu parfois dans des circonstancos particulie-res. On pense assez generalement que les degäts de la Tortrix ont lieu surtoul pendant la nuit: eilel’fet, sa Chenille semble rechercber 1’ombre et craindre la chaleur du soleil; mais neanmoins on ena observe qui, meme au milieu du jour et ii l’ardeur d’un soleil du mois de juin, se transporlaientactivement d’une feuille ä l’autre et se livraient ä tonte leur voracite. Mais c’est surtout de grandmatin que ces Chenilles, comme celles de la plupart des Lepidopteres , redoublent d’ardeur, et l’onassure que, dans les vigries ob elles eoinmettent leurs degäts, on peut entendre distinetement, ü cesheitres de la journee, le bruit qu’elles font en mangeant. Ces Cbenilles semblent essentiellement po-lyphages, et non exclusives ä la vigne; car, outre celles qui vivent sur le Stachys, on en Ti souvent vudevorer des feuiiles de frene, de ronce, d’altbea, de sarrette, de fraisier, de luzerne, de pommesde terre, etc. Les vignerons ont essaye de se servir de cette observation pour les attirer sur desplantes de nulle valeur, qu’ils plaqaient aupres de leurs vignes, esperant preserver ces dernieres:mais l’experience ne leur a rien donne, de meme que celle qu’ils ont tentee en cultivant, aupres desvignobles, des plantes qui, comme le chanvre, sont antipathiques aux Tortrix. Ces Chenilles mar-chent avec vitesse, et, quand elles ont acquis tout leur developpemcnt, elles peuvcnt, dans l’espaced’une minute, parcourir environ cinquante centimetres, en faisant avec leur corps de petites ondula-tions successives qui se succedent rapidement et deviennent tres-difficiles ä suivre. Eiles penvent'ivre pendant trAs-longtemps privees de tonte nourriture, Ou remarque quelquefois tont ä coup dans