Band 
[Papillons ; Papillons nocturnes ou chalinoptères]
Seite
239
JPEG-Download
 

PAP1LL0NS.

239

pletement aujoui'd’hui, que les vignes ont survecu et queles remedes incompletsindiquösn’ontcepen-dant pas ete assez bons ni executes partout. Mais, si la vigne n’estplus devastee parles Inseetes, eilene s’en porte pas inieux, et maintenant la cause du mal est toute vegetale, c’esl-ä-dire dans la planteelle-meme. N’y aurait-il pas correlation entre les deux phenomenes qui ont desole successivement nosvignobles? La maladie vegetale ne serait-elle pas la suite necessaire des degäts de l'Insecte? ou bienfaut-il encore ici faire intervenir les influences atmospheriques - ? Quoi qu’il eri soit, si la gelee de l’hi-ver ne peut exercer aucune influence sur les Chenilles alors bien cachees dans les ceps, il n’en estpas de merne de la gelee du printemps, qui, les trouvant ä decouvert, peut les tuer, surtout lors-qu’elle se prolonge. La neige, quand eile sejcurne plusieurs jours sans se fondre sur les ceps, peut,par Chumidite froide qui penötre profondement sous Tecoree, nuire notablement aux jeunes larves.La pluie ne peut avoir d’influence que sur les Papillons ä leur etat parfait. Les Tortrix craignent levent; mais il n’est pas probable que son action nuise posilivement ä cet Insecte ä aucune epoque desa vie.

Quand la Pyrale a une fois etendu son empire avec une certaine violence dans une Iocalite quel-conque, tout devient egalement sa proie : vignes vieilles ou jeunes, raisins noirs ou blancs, crus re-cherches ou communs, tout est devaste, tout est detruit. Mais, aux epoques, et dans les localites oü lemal n’amene que des perles modernes, on voit que certaines qualites et certaines varietes de vignesattirent de preference l’Insecte destructeur. C’est ainsi que partout les Pyrales attaquent surtout lesmeilleurs crus, et cela s’explique facilement et doit etre attribue beaucoup plutöt aux dispositions dusol, qui favoriseut ä la fois et les bons crus et rinsecte destructeur, qu’ä une dclicatesse de goütpositive de la part du Lepidoptöre, qui ne prefere guere que les feuilles tendres aux feuilles coriaces.Ce sont sans doute des causes semblables qui determinent aussi la preference que les Chenilles pa-raissent donner aux vignes ä raisins noirs sur celles ä raisins blancs. Enfin les larves semblent seplaire beaucoup plus dans les vieilles vignes que dans les jeunes.

Les observations qui ont ete faites sur i’influence que peuvent avoir sur CInsecte destructeur lesdiverses maniöres de cultiver les vignes ne sont guere concluantes. La question des engrais en parti-culier ne semble pas resolue et a donne lieu ä des opinions opposees. Quant ä la culture proprementdite, nous ne pensons pas qu’elle ait de l’influence sur la mulliplication de la Tortrix; loutefois,les lieux oü on laisse subsister une grande partie de l’ancien bois, et ceux oü l’on soutient lesvignes avec des echalas, se trouvent doublement exposes aux ravages des Inseetes, puisque ces der-niers, ü l’-etat de Chenilles naissantes, y rencontrent des refuges plus nombreux que dans les paysoü Ton enleve le vjeux bois des ceps et oü Ton ne fait pas usage de tuteurs.

La nature elle-meme a mis des bornes ä la mulliplication trop grande des especes, qui pourraientainsi detruire ses creations. C’est ainsi que chaque etre a desennemis naturelsqui le maintiennent dansune certaine limite. Mais, faisons remarquer que cet equilibre admirable ne peut avoir lieu complöte-ment que lorsque les creations de Dieu , animaux ou vegetaux, se trouvent dans leur milieu naturel,et qu’il n’en est pas ainsi pour la vigne et pour le ble, que Thonime a propages outre mesure pourses besoins personnels, et qui, dös lors, ne peuvent pas etre proteges uniquement par les parasitesque la Providence a attaches ä leurs ennemis intimes. Ces parasites, quelque nombreux qu’ils soient,et quelque aides qu’ils soient egalement par les influences atmospheriques, ne suflisent pas, etThomrne doit chercher ä les aider dans leur acte destructif et reparateur. 11 nous reste donc, pourcompleter Thistoire si importante du Papilion qui nous occupe, ä parier : 1° des animaux nuisiblesä la Tortrix de la vigne; 2° des moyens que Ton peut indiquer pour detruire cet Insecte.

Bien que ce soit surtout dans la classe des Inseetes que ce Papillon trouve un grand nombre d’en-nemis, et par consequent nous de puissants auxiliaires, quelques animaux d’un ordre plus elevevienrient pourtant aussi entraver jusqu’ä un certain point la multiplication de son espece; et, sansparier des Moutons, des Poules, des Dindons, dont on a cherche ä tirer quelque parti en les lächantdans les terrains devastes, et qui ont toujours cause plus de dommages aux vignes qu’aux Chenilles ,nous citerons partieulierement les Oiseaux insectivores, qui s’emparent d’un grand nombre de larvesen donnant un coup de bec sur la feuille oü elles se trouv'ent, et en saisissant l’Insecte en l’air aumoment oü il va tomber. Quant aux Inseetes qui vivent aux depens de notre ennemi, ce n’est qu’as-sez recemment que leurs actes ont attire l’attention de quelques cultivateurs eclaires et qui recom-mandent avec juste raison de les conserver religieusement, au lieu de les detruire, comme on le fait