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[Papillons ; Papillons nocturnes ou chalinoptères]
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IlISTOIRE NATURELLE.

et qui se terminaient ordinairement par l’ordre expres donne aux Clienilles ou autres etres, souspeine d'excommunicalion, dequitter le pays et de se retirer dans un lieu particulier qu’on leur desi-griait. Cinquante ans plus tard, en 1629, la Pyrale reparut dans les vignes de Colombes , et, ä lademande des habitants, l’archeveque de Paris , M. De Gondi, institua une procession pour obtenir lacessation du fleau, et, ce qu’il y a de curieux, c’est qu’apres taut de revolutions politiques et reli-gieuses, cette procession a encore lieu tous les ans, au mois de mai, ä l’entour de ce village et dansles vignes environnantes. Au L'out de cent ans, en 1717 et surtout en 1733, la Pyrale se representade nouveau, mais cette fois sur le territoire d’Ai: et Ton employa encore, pour arreter le ravage,des prieres publiques, des processions et l’exorcisemenl des Insectes. La meme localite d’Ai fut encoreravagee beaucoup plus tard, et cette fois le mal dura plusieurs annees, de 1779 ä 1785. Le Mäcon -nais et le Beaujolais devinrent ä leur tour le theätre principal des ravages de la Pyrale, et il paraitque des 1746 Ramaneche et ses environs formaient dejä, comme dans ces derniers temps, le foyerdes degä’s de 1’Insecte destructeur; depuis cette epoque, sans etre permanent ou plutöt sans avoirtoujours la meme intensite, le. mal n’a fait qu’augmenter et que s’etendre, de teile Sorte qu’en 1836,1837, 1838, il se manifesta, d'une maniere plus ou moins etendue, dans les departements de Saöne-et-Loire, du Rhöne, de la C6te-d’Or, de la Marne, de Seine-et-Oise , de la Charente-Inferieure, de lallaute-Garonne, des Pyrenecs-Orientales et de l’llerault.

Les pertes occasionnees par ce fleau sont difficiles ä preciser d’une maniere positive; mais lesplaintes niemes des proprietaires, les efforts de l’autorite pour arreter le mal, prouveront, souvenlmieux que ne pourraient le faire des cliiffres, toute l’importance et toute la gravite de ce fleau. En.effet, des cliiffres, quelque exacts qu’ils soient, ne peuvent encore donner qu’une idee trfes-impar-faite du tort que fait la Tortrix, puisque cet Insecte diminue non-seulemenl les recoltes, mais exerceencore une influenee marquee sur la qualite du produit. Et ces pertes, qui sont de celles qu'il estpresque impossible de preciser, s’augmentent beaucoup quand il s’agit de crus habituellementrecherclies. On ne pourrait, en outre, s’arreter completement aux totaux de ces somines et chercherä les romparer entre eux, car l’importance des degäts est toute relative; et tel departement qui pos-sede pour toute ricliesse un sol propre ä la culture de la vigne en sera promptement reduit ä la mi-sere par un fleau qui altaquera la source meme de sa richesse, tandis que tel autre, qui trouvera dansdes cultures variees un dedommagement ä ces pertes, pourra en supporter de beaucoup plus consi-dcrables. Tour donner cependant des cliiffres, nous ajouterons, d’apres un calcul base sur des rensei-gnements positifs, et dans lequel on s’est efforce de rester bien au-dessons de la vcrite, que les perteseprouvees peudant dix ans, de 1828 ä 1837, dans vingt-trois communes, comprises dans les deuxdepartements de Saöne et-Loire et du Rhone , se sont elevees annuellement, sur les trois mille hec-tares qu’on peut regarder comme completement envahis, au moins i soixante-quinze mille hectolitresde vin. Or, en ne supposant ce vin qu’ä vingt francs I’heetolitre, on voit que chaque annee a amenedejä, pour les proprietaires seuls, une perte d’un million cinq cent mille francs. Si l’on y ajoute'lesfournitures de tous genres que ce grand nombre de pieces de vin aurait necessitees, les droits decirculation, d’entree, de debit qu’elles auraient du payer, les transporls par terre et par eau, quiauraient egalement amenfe 5es recetles pour le Tresor; enfin les degrevemenls accordes pendant septannees dans le departement de Saöne-et-Loire, et, en 1837, dans le departement du Rhone , et quise sont eleves ä un total de plus de cent mille francs; on verra que les ravages de ce Lepidoptere ont amene dans ces deux departements une perle annuelle de trois millions quatre cent liuit millefrancs; qui, au bout de dix ans, produit le total enorme de trente-quatre millions, et encore faut-ilreconnaitre que, quelque effrayant que soit ce chiffre, nous sommes pourtant bien loin de la verite,puisqu’une grande partic des vignes ravagees produit des vins recherclies, dont la haute valeur estbien superieure ä celle de vingt francs l’hectolitre.

Une influenee toute parliculiere est exercee sur la Pyrale par la nature, la forme et l’exposition dusol. Quoiqu’on l’ait de beaucoup exageree, l’influence que les phenomenes atmospheriques peuventcxercer sur les Insectes nuisibles ä l’agriculture est manifeste, et eile peut parfois amener quelquesinodifications dans des maux qu’on croyait pouvoir prevoir; mais ces resultats sont tout ä la fois ettrop incertains et trop incomplets pour qu’on puisse se fier ä eux seuls pour arreter les progres dufleau. Et neanmoins on pourrait peut-etre nous objecter qu'ils ont dü avoir une haute influenee pourfaire cesser l’invasion desaslreuse de 4828 ä 1859, puisque cette derniere a disparti presque com-