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[Papillons ; Papillons nocturnes ou chalinoptères]
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HISTOIRE NATURELLE.

gräce aux travaux de MM. Desvignes, Delahante, Audouin, etc., qu’on en a reconnu la veritable uti-lite, et qu’on a pu le recommander d’une maniere loute speciale. Les resultats donnes par ce pro-cede sont excellents, et d’une execulion assez facile et peu dispendieuse : c’est ainsi que, dans unepiöce de vigne de cent vingt hectares, une trentaine d’ouvriers (femmes ou enfants) amenerent enonze jours la destruction d’au moins un rnillion cent trente-quatre mille plaques d’ceufs, et par con-sequent, en multipliant ce chiffre par soixante, qui represenlent comme moyenne la quantite d’oeufscontenus dans chaque plaque, on obtient un total de quarante tnillions cent trente-quatre mille oeufsqui etaient destines ä donner bientöt naissance ä autant de petites Chenilles. Ces ehiffres sont loind’etre exageres et montrent bien l’utilite de la cueillette des pontes. Quant ä l’epoque oü eile doitcommencer, eile est un peu variable, et l'apparition des premiers Papillons pourra servir d’avertis-sement aux vignerons, car Ton sait que l’accouplement et la ponte suivent de pres la naissance del’Insecte; dans le Mäconnais, c’est generalement vers la fin de juillet qu’on doit commencer la cueil-lette; dans le Roussillon et dans le Languedoc, la ponte est plus liätive; aux environs de Paris , eilea lieu plus tard, etc. Pour executer ce travail, chaque ouvrier, rnuni d’un tablier replie ou memecousu sur les cötes en forme de poche, devra, apres avoir delie le ceps, chercher et enlever avec sointoutes les feuilles chargees de plaques d’ceufs ou de pontes; ä mesure que les tabliers se remplis-sent, on reunit les feuilles dans des sacs soigneusement fermes, et il faut ensuite brüler ces feuilles,ou, ce qui vaut encore mieux, les enfouir dans des trous profonds de soixante centimetres ä un me-Ire, qu’on aura soin de recouvrir d’une certaine epaisseur de terre bien tassee avec les pieds. Lacueillette offre sur les autres procedes de destruction de la Pyrale cet avantage, qu’elle.peut etrepartielle, et que le proprietaire qui l’opere peut preserver son vignoble, lors meme que ses voisinsn’agiraient pas comme lui, mais eile doit etre reprise annuellement deux ou trois fois pour avoir unbon resultat.

En resume, on voit que de nombreux procedes ont ete indiques pour aider les parasites de1'OEnoplliira Pitleriana ä ne pas detruire completement la vigne et pour faire rentrer cet Insecte dansde justes limites, car il ne peut venir ä l’idee de personne de vouloir le detruire completement. Cesprocedes sont de deux sortes : les uns, qui ne peuvent etre que des palliatifs, ne sont praticables qu’aumoment oü les degäts ont lieu, et, parmi eux, c’est Yecimage qu’on doit preferer, meme ä Yechenit-lage, depuis si longtemps recommande; les autres, qui peuvent etre appeles preservatifs, doiventetre executes en temps opportun, et, parmi eux, nous devons surtout preconiser Y enlevement despontes, et aupres de ce proeöde nous devons aussi citer Y enfouissement des soucl/es et le rccepagequand ils sont possibles, et enfin les feux crcpusculaircs. Mais disons encore en terminant que lacueillette des plaques d’ceufs est le seid moyen veritablement efficace, et qu’il serait ä desirer qu’unarrete du gouvernemeritforpät les proprietaires äi l’execuler annuellement; car, siles önormes quantitesde Chenilles devastatrices ont disparu de nos vignes, il s’en trouve encore quelques-unes, et, si lescirconstances atmospheriques s’y pretent, eiles pourront quelque jour reparaitre en graud nombre,si eiles ne nous trouvent tout armes pour les recevoir.

Nous avons cru devoir consacrer une planche entiere de notre Atlas (pl. XXXII) ä YOEnopthire ouPyrale de la vigne. Voici l’explication de cette planche ; — I, feuilie de vigne ayant reiju des pon-tes. — a, femelle deposant ses ceufs; b, pontes recentes; c, ceufs dans lesquels on aperpoit partrans-parence les tetes noirätres des jeunes Chenilles; d, plaques blanchätres des oeufs d’oü sont sortiesies Chenilles; e, petites Chenilles se laissant tomber suspendues par un fil; f, jeunes Chenilles s’etantfde de petits coeons sous l’ecorce pour hiverner. — II, grappe de raisin reunie ä la feuilie par lesChenilles; III, Chenilles s’emparant d’une feuilie de vigne; IV, feuilie de vigne dessechee et coupeeä son pedicule, renfermant des chrysalides. — g, Papillons.

Si nous faisions l’histoire de la vigne, nousdevrions maintenant nous occuper des autres ennemisde cet arbre utile; mais cela serait sortir de notre sujet. Qu’il nous soit cependant permis d'indiqueren quelques mots les Insectes nombreux qui, ä l’exemple de YOEnopthire, devorent les feuilles oules grappes de la vigne et attaquent quelquefois son cep et ses racines, mais qui, dans aucune cir-constance, ne produisent autant de mal que la Tortrieite, dont nous avons donne l'histoire aussicomplete que possible. C’est l’ordre des Lepidopteres qui en renferme le plus grand nombre, et nousen rencontrons des especes dans les genres Cochylis, Tortrix, llilhya, Tinea, Plerophorus, No-clna, Chelonia, Procris et Sphinx; I’ordre des Coleoptferes n’en comprend que peu, comme le