PAPILLONS.
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soie, on a cru pouvoir en tirer parti, et l’on a essaye en Allemagne de les obliger ä construire leui'nid sur un moule donne; on est parvenu ainsi ä obtenir un tissu tres-leger et en meme temps tres-solide, dont on a fait des fichus pourles dames. Mais, du reste, on n’a pas depuis longtemps donnesuite ä cet essai; on aurait dü le faire cependant; car nous allons au loin, pour I’avantage de l’homme,chercher des animaux ä accliinater, et nous avons certainement autour de nous des etres utiles elqui ne nous servent pas. A cöte de ee point de vue utile, nous devons parier des degäts que nous cau-sent quelques Yponomeuta, et c’est cc que nous ferons en donnant l’histoire des deux premiöres es-pöces que norns avons nommees.
L’habiiudei desChenilles de ce genre est de vivre en societe pendant toute leur vie; c’est ainsi quenous rencontrons sur le fusain celle de YevomjmeUa et Yirrorelus; sur I’aubepine, etc., celle de lapadella, et, sur le prunus padns, celle de la padi. Les Chenilles de la plumbella ont une habitudetout ä fait differente, surtoutquand elles sont jeunes; eiles mangent alors la moelle des jeunes pous-ses du fusain, qui se fletrissent bientöt, apres quoi elles quittent l’interieur des tiges et viennentmanger les feuilles en plein air; mais elles ne forment pas de societes comme les autres espöces dumeme genre. La Chenille de la rufimitrella nous reste encore ä decouvrir; on a trouve une Che'nille (probablement de ce genre) sur le rubus idacus qui est morte sans laisser voir le Papilion qmen serait sorli.
L’Yponomeute tarente (Yponomeuta cognalella, Treitscke). Envergure, 0 m ,020 ä 0 nl ,025; ailesanterieures d’un blanc de neige, y compris la frange, avec trois rangees longitudinales de pointsnoirs; ailes posterieures d’un gris de plomb fonce, avec la frange presque blanche. La Chenille, d’ungris clair veloute, avec une raie dorsale d’un gris plus fonce et deux rangees de taches d’un noir develonrs et presque carrees, vit en societe nombreuse sous une tente commune, sur plusieurs arbresfruitiers et arbustes des jardins et des bois, et principalement sur l’aubepine, le sorbier ä feuillesde frene, les pommiers, le prunier et möme sur le fusain. La coque, suspendue verlicalement 4 latoile commune, est presque toujours isolee, ou si ces coques sont quelquefois reunies, ce n’est jamaisqu’en tres-petit nombre, tandis que chez 1 'evonymella toutes celles d’une meme nichee sont alta-chees circulairement les unes ä cöte des autres. La chrysalide est jaunäfre, avec la lete, l’enveloppedes ailes et la pointe anale d’un brun fonce. Cette coque est formöe ä la fin de juin ou au commence-* ment de juillet, et le Papilion en sort vers la fin du dernier mois que nous venons d’indiquer. Detoutes les Yponomeutes, la cognatella est la plus commune aux environs de Paris , et cause beau-coup de degäts dans les endroits oü eile se multiplie. Cette espece est principalement redoulableaux pommiers, et a produit de grands ravages en Normandie en 1838, ainsi que l’a dit, d'apresM. Alex. Lefebvre, M. Guerin-Meneville dans les Annales de la Societe entomologique de France. Ona essaye de combattre les degäts de ces Chenilles par l’eehenillage, qui, d’apres leur genre de viememe, semblait devoir donner un bon resultat; mais l’experience qu'on en (it sur plusieurs pom-1 miers prouve que ce moyen etait impraticable, tant les nids de Chenilles apparaissaient par milliersavec une rapidite inconcevable. Non-seulement les mutilations nombreuses, par suite de l’echenil-lage, devenaient aussi plus nuisibles aux arbres que la presence des lnsectes, mais meme, apresdeux jours de soins continuels donnes ä ces pommiers, on fut force de les abandonner ä eux-memes,car ils etaient presque autant charges de nids de Chenilles qu’auparavant. Un Vent brumeux soufflantdu nord-ouest est toujours le precurseur immediat de l’apparition de ces larves; et il exerce evidem-ment une iufluenoe si grande sur leur propagation, que les villageois sont persuadös que c’est le ventdu nort-ouest qui les transporte. Ce qu’il y a.de certain, c’est que plus ce vent persiste, plus la re-colte des pommes est menacee, et jamais ce pronostic n’a failli. Au reste, on ne saurait se figurer lesravages vraiment terribles que font ces petites Chenilles. Non-seulement les pommiers des campagnesde Normandie , entierement denudes, attristent parfois les regards, mais ils offrent encore aux cul-tivateurs le spectacle desolant de branches depouillees et couvertes de milliers de. Chenilles, qui,n’ayant plus rien ä devorer, pendent et lä en grappes enormes de plus de 0 m ,60, grosses ä pro-portion, contenues dans une poche de soie blanche, tandis que le tronc de l’arbre lui-meme est en-veloppö d'un blanc et soyeux linceul qui ne laisse plus apercevoir l’ecorce. Ce fleau deslructeur, quis’est montre dejä ä plusieurs reprises depuis trente ans, a non-seulement annule les recoltes pourplusieurs annees dans divers cantons, mais encore une immense quantite d’arbres en plein rapportsont morts, en 1838, des ravages de cette Yponomeute, qui, ä trop juste titre, peut etre rangee au