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Botanique.
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MSTÜlllE NATURELLE.

sont portees siir un pcdoncule fort long, roule en spirale : au moment de la fecondation, celui-ci sederoule jusqu’ä ee que la fleur soit parvenue ä la surface, et l’y soutient en s’allongeant ou se raccour-cissant ä mesure que l’eau s’eleve ou s’abaisse. Les fleurs mäles sont tres-petites, träs-nombreuses,et portees sur des epis qui liabitent toujours dans le fond; mais, ä l’epoque prescrite par la nature,olles se detachent, montent a la surface. y flottent, s’y epanouissent; et, portees par le courant au-tour des femelles, eiles repandent leur pollen. Lorsque les ovaires sont fecondes, la spirale se replie,et le fruit va mürir sous l’eau.

Nous avons vu aussi que la fecondation peut s’opercr dans des plantes entierement submergees; cefait a eie observe plusieurs fois dans la Renoncule d’eau. M. Bastard a remarque que les fleurs ainsisubmergees contenaient eutre leurs enveloppes, avant l’epanouissement, une certaine quantite d’air,provenant evidemment de l’expiration vegetale, et que c’etait par l’intermediaire de ce fluide que lafecondation avait lieu.

Gette observation nous explique parfaitement le mode de fecondation des plantes submergeesquand elles sont pourvues d’enveloppes florales. Mais il devient impossible d’en faire l'applicationaux vegetaux qui n’en ont pas : tels sont le Ruppia, le Zostera, le Zanichcllia, et d’autres encoredont la fecondation s’opere, bien que leurs fleurs soient entierement plongees dans l’eau.

ba fecondation peut aussi s’operer artifieiellement. Ce mode est meme mis en pratique, depuis untemps immemorial, en Egypte et dans les autres parties de l’Afrique , oü le Dattier est cultive enabondance. A l’epoque oü les fleurs s’epanouissent, on monte au sommet des individus femelles, eton secoue au-dessus de leurs fleurs des regimcs de fleurs mäles qui y repandent leur pollen. Pendantla Campagne d’Egypte , dit Beide, cette pratique n’ayant pu etre mise en usage ä cause des hostilitescontinuclles entre les deux partis, la recolte des Dattiers manqua entierement.

On a employe tres-souvcnt de nos jours le meme procede pour feconder des vegetaux dioiques dansles jardins botaniques. C’est ainsi que des Palmiers femelles ont pu etre fecondes avec du pollenrecueilli ä une grande distance et envoye dans une lettre; il a produit son effet (juinze joursapres avoiretc recueilli. Linne pretend meine que non-seulemeut on peut, par ee procede, feconderartifieiellement une seulc fleur d’une plante, mais qu’il est meme possible de ne feconder qu’uneseule löge d’un ovaire multiloculaire, en ne mettant le pollen en contact qu’avec une des divisions dustigmate; ce dernicr fait n’cst pas parfaitement prouve.

Mais c’est surtout pour la produclion des Hybrides que la fecondation artifieielle a ete employecavec succes. On en produit aisement en croisant de simples Varietes; il est moins facile d’en obteniren croisant des especes, tres-difficile entre especes de genres diflerents, impossible d’une famille äune autre. Cela ne doit pas nous surprendre; il y a necessairement des rapports intimes entre l’or-ganisation du pollen et celle des pistils d’unc meine espece, et ces rapports doivent diminuer sansdoute ä mesure que les plantes se ressemblent moins. Les Hybrides sont bien loin d’etre aussi com-muns dans la Campagne que dans nos serres ou nos jardins Du reste, ces plantes ne sauraient seperpetuerde graines; elles peuvent, il est vrai, produire, soit d’ellcs-memes, soit ä l’aide de croise-ments, quelques semenees fecondes, mais cette fertilite s’etend tout au plus jusqu’ä la quatriemcgeneration.

Nous avons dejä vu l’anthere s’ouvrant de diverses manieres pour laisser echapper le pollen, phe-nomöne qui constitue sa dehlscence. Voilä donc le grain de pollen arrive sur le stigmate. Avant devoir ce qu'il devient plus tard, examinons sa structure. Il se forme dans des cavites nommees uiriculespollin'uptes, et se presente, dans la generalite des plantes, sous l’apparence de grains de poussierequi remplissent la löge de TanHiere. Ces grains sont eux-memes des utricules; nous y trouvons unecnveloppe double, et une matiere renfermee nommee fovilla : celle-ci est formee d’un fluide epais etd’une foule de petits corpuscules granuleux, auxquels viennent frequemment s’associer des goutte-lettes huileuses. On a observe dans ces corpuscules des mouvements tres-remarquables qui ne sontpas encore expliques d’une maniere satisfaisante. Leurs formes exterieures sont tres-variables.

Quand les grains de pollen sont mis en contact ave& un liquide, ses deux enveloppes se gonflentet s’etendeut, mais l’interieure plus que l’exterieure. Celle-ci, pressee par la premiere, lui livre pas-sage par des ouvertures, soit accidentelles, soit menagees d’avance par la nature sur la surface dugrain. C’est la dchiscencc du pollen.

Une action analogue, et qu’on peut aisement prevoir, se passe lorsque le pollen a touche la surface