BOTANIQUE.
95
Les plantes ou les parties de plautes qui ont crü ä l'obscurite complete sont blanches. Dans cetetat, on dit qu’elles sont etiolees. La lumiere les eolore diversement, et agit avec plus ou moins d’in-tensite, selon les especes. Une lumiere artificielle suffit pour obtenirla coloration, mais non le dega-gement d’oxygene. Ce dernier resultat est dü uniquement ä la lumiere solaire. Une fois la plante co-loree, eile ne peut plus retourner ä l’etat d’etiolement.
La fixation du carbone sous l’influence de la lumiere parait 6tre la cause principale, mais nonexclusive, de la coloration, soit que la matiere colorante se forme alors, soit que, dejä formee, eilese eolore. Les plantes parasites qui ne decomposent pas l’acide carbonique ne sont pas vertes: tellessont les Cuscutes et les Orobanches.
La couleur dominante dans les feuilles est la verte; mais cette couleur passe tot ou tard ä des teintesjaunes et ensuite au rouge vif, comme dans le Sumac, ou bien ä la teinte brune appelee - /m//e morte.Quant aux feuilles colorees, on en distingue plusieurs classes : 1° celles qui offrent une teinte pour-pre, laquelle est generalement produite par la presence d’un acide (Arroche rouge); 2° les feuilles äteintes jaunes, dont la couleur est due ä l’absence de la chlorophylle; 3" les feuilles blanches, danslesquelles l’air s’est introduit entre l’epiderme et le tissu sous-jacent (Chardon-Marie); 4° celles quioffrent des reflets metalliques, dus ä la reflexion de la lumiere (quelques Passiflores); 5° enfin, lesfeuilles panachees; elles sont l’effet de veritables maladies qu’on rend hereditaires pour obtenir desplantes d’ornement: telles sont les Varietes deBuis, d’Ifs, de IIoux, etc., dites panachees. II y a desfeuilles qui sont vertes en dessus et rouges en dessous, comme celles des Begonia, du Tradescanliadiscolor, etc. Enfin, nous n’avons pas besoin de rappeier la difference plus ou moins grande quiexiste ä l’etat normal entre les teintes des deux faces d’une feuille verte.
Les bractees et calices sont frequemment verts, quelquefois jaunätres ou rouges; on sait d’ailleursque la couleur des petales est trfes-variee, et qu’il en est de meme des sepales quand la corolle man-que. Les Organes sexuels sont presque toujours jaunes.
Les fruits suivent des phases de coloration analogues ä celles de feuilles, car souvent ils passentdu vert au jaune, au rouge et aux teintes bleuätres. On peut croire que la quantite d’oxygene quis’introduit dans le tissu des fleurs et des fruits influe beaucoup sur leur coloration; mais on ne doitpas s’etonner de la variete des teintes, car il se produit pendant la floraison et la maturation beau-coup d’aetions chimiques differentes, et les matieres secretees doivent influer considerablement surla couleur des tissus.
Les teintes des fleurs peuvent etre divisees en deux grandes series, selon qu'elles sont plus oumoins oxygenees que le vert: la serie jaune ou xantkique, la Serie bleue ou cyanique. On peut enrepresenter ainsi les principaux termes :
VERT.
BLEU. JAUSE. £
2 in^ PI’B 58
o 3
VIOLET. ORANGE. §
ROUGE.