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HlSTÜlRE NATURELLE.
On voitque le vert, compose de bleu et dejaune, est inlermediaire et comine neutre entre les deux,et toutes deux aboutissant au rouge semblent se confondre ä leurs deux extremites. Le rose n’est quele rouge päle. Le noir n’est jamais que du bleu ou du violet tres-fonce. Le blanc n’existe reellementpas dans les fleurs, ce qu’on designe sous ce nom n’etant qu’une nuance extremement claire d’uneautre couleur.
Quelque etonnante que paraisse cette proposition, on en a la preuve en mettant une fleur diteblanche sur un objet parfaitement blanc, oomme certains marbres.
Les fleurs, en changeant de couleur, passent par les teintes voisines dans une meine Serie. Dememe, dans les varietes d’une meme espece, on peut s’attendre ä trouver diverses couleurs d’unemeine Serie, mais non de deux series differentes. Les couleurs veritablement opposees sont lejauneet le bleu; rarement eiles se trouvent dans les especes d’un meme genre.
Eien que la couleur des plantes ne soit pas toujours un indice bien sür de leurs proprietes, eilepeut neanmoins fournir dans certains cas quelques donnees interessantes. En general, les couleursfixes, et qui passent peu ä la dessiccation, indiquent des proprietes assez energiques; les cou-leurs peu solides, au contraire, appartiennent ordinairement ü des plantes dont les proprietes sontfaibles.
Le blanc semble caracteriser les plantes peu actives; cette couleur est la plus commune dans lesplantes ou les parties de plantes qui manquent de saveur et d’odeur. Les Cruciferes presentent uneexception remarquable.
Le verl est si generalement repandu, qu’il ne peut guere caracteriser une propriete; on peut leregarder cependant comme indiquant l’acerbile, la verdeur dans le goüt.
Le rouge est un indice beaucoup plus sür de la presence d’un acide; quand cette couleur devientfoncee, on doit s’attendre ä trouver la propriete astringenle. Si eile passe au rouge-brun, on a desproprietes astringentes et toniques reunies.
Le jaune indique des plantes dont l’action approche de celle de ces dernieres; c’est la couleur depresque tous les amers, qui sont aussi toniques. Dans la Chelidoine et quelques Renoncules, l'amer-tume degenere en une äcrete caustique qui caracterise des poisons.
Le bleu, et surtout le bleuatre, si la teinte est fixe, Cache des proprietes veneneuses; mais lesfleurs bleues dont la couleur change ou passe facilement sont en general innocentgs. Le vert bleuä-tre ou glauque a presque toujours quelque chose de suspect.
Mais le meilleur signe de l’action deletere est la couleur noire : la teinte noire triste des plantesveneneuses est bien connue. Quand il s’y joint la couleur brunätre ou noirätre des fleurs, on est sürd’avoir de veritables poisons. II sufifit meme que quelques taches noires se trouvent sur une partiequelconque de la plante pour que l’on doive s’en defier. Tous les fruits noirs ont quelques principesmalfaisants, s’ils ne sont pas tout ä fait dangereux.
ODEURS ET SAVEURS DES PLANTES.
Ces proprietes dependent surtout de la composition chimique des plantes. Pour qu’un corps soitodorant, il faut que ses particules se volatilisent et atteignent l’organe de l’odorat. Pour qu’il soitsensible au goüt, il doit etre liquide ou soluble. L’odeur et la saveur fournissent sur les proprietesdes plantes des indications plus süres que ne le fait la couleur.
La chaleur et la lumiere contribuent ä rendre les vegetaux plus savoureux et plus odorants; et, sil’odeur des fleurs parait plus forte le soir, c’est que l’etat de l’atmosphere est alors plus favorable;la chaleur du soleil produit pendant le jour des courants ascendants qui enlevent les odeurs, tandisque le soir, au moment de la rosee, eiles restent davantage ä notre portee.
Plus les secretions sont abondantes et elaborees completement pour une espece donnee, plus eile