BOTANIQUE. 103
froid est dangereux, surtout quand les vegetaux entrent en seve, parce qu’il congele les sucs et occa-sionnc la rupture des cellules.
Lorsque la gelee atteint l’aubier, die le desorganise et empeche qu’il ne passe ä l’etat de bois.Gelte couche imparfaite est recouverte, ä la nouvelle seve, par une couche ligneuse, et demeurepourtoujours enclavee dans le tronc. Get accident se nomme gelivure. Quand le froid fait eclater les ar-bres, il produit le cadrun ou cadranure, si les dechirements s’etendent du centre ä la circonference;et la roulure, s’ils isolent les couches ligneuses les unes des autres.
Si l’humidite se joint au froid, les jeunes bourgeons se couvrent de givre, qui fond aux premiersrayons du soleil; mais le tissu trop tendre est dejä desorganise; il noircit et tombe en pourriture.G’est pourquoi les lieux bas et humides sont peu favorables aux vegetaux hätifs. On donne ä cettemaladie le nont de britlure.
La neige, au lieu d’augmenter l’effet du froid sur les plantes, preserve, au contraire, celles qu’ellerecouvre. C’est ainsi que, dans les annees trös-froides, toutes les plantes couvertes de neige se con-servent parfaitement. Mais, quand eile arrive tard, eile peut contribuer ä des phenomänes frigorifi-ques qui ont une influence funeste sur les ileurs comme sur les Organes de la Vegetation (1).
2. Lumiere. — L’exces de lumiere est quelquefois nuisible; il produit sur les Hortensias, parexemple, un effet analogue ä l’etiolement. Mais c’est surtout le defaut de lumiere qui produit de fä-clieux effets, la päleur, la chlorose et, enfin, l’etiolement. Presque tous les vegetaux prives de l’ac-tion directe de la lumiere sont blanchätres et languissants. Leurs membranes restent minces et dia-phanes; les tiges s’allongent sans se fortilier; les feuilles sont rares et petites; les fleurs s’epanouis-sent ä peine et sont decolorees; le pollen est sans vertu, et les fruits avortent. Cet 6tiolement estd’ailleurs necessaire pour rendre comestibles certains vegetaux.
L’etiolement explique pourquoi les arbres que Ton plante dans les clairieres des forets ou dansles vides des vieux quinconces ne reussissent pas toujours. C’est encore ä des tstiolements partielsque sont dues la plupart des panachures.
3. Eleclricite. — Si l’electricile, en proportion moderee, est favorable ä la Vegetation, il n’en estpas de meme (et nous n’avons pas besoin d’insister lä-dessus) quand eile produit des meteores, telsque la grele ou la foudre; les effets n’en sont alors que trop connus.
B. SIALADIES CAUSEES PAR LES AGENTS EXTERIEURS.
1. Air . — L’air, par lui-meme, n’a pas d’aetion nuisible sur la Vegetation; si, dans certaines loca-lites, sur les bords dela mer, aux environs des marais, des volcans, etc., il s’oppose au developpe-ment d’un grand nombre de vegetaux, cela tient aux substances salines ou autres qui y sont tenues enSuspension. Les vents memes ne sont reellement nuisibles aux arbres que lorsqu’ils les courbent ou lesbrisent parleur violence. Les arbres exposes aux vents moderes sont en general plus robustes; en effet,l’agitation de l’air, hätant l’evaporation des fluides, augmente la transpiration des parties herbacees,et parconsequent l’absorption des racines, d’oü il suit que l’assimilation des molecules nutritives estplus abondante et plus prompte.
2. Eau. — L’air agit aussi sur les plantes par l’humidite qu’il renferme; son action se combinealors avec celle de l’eau. 11 est presque inutile de faire observer que chaque plante a besoin, ä chaqueepoque de sa vie et selon la temperature du moment, d’une quantite plus ou moins considerable dece liquide. Les vegetaux qui regoivent de l’eau en exces sont attaques de plethore; ceux qui n’en re-coivent pas assez souffrent, se rabougrissent, et perissent meme si ce manque d’eau est pousse ä saderniere limite. Dans le premier cas, l’eau remplit les vaisseaux sans s’y elaborer; les huiles et lesresines ne se forment point; les fruits sont sans saveur; les graines ne mürissent pas; les feuilles