BOTANIQUE.
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GEOGRAPHIE BOTANIQUE.
II suffit de jeter les yeux autour de soi, meme dans un espace trös-circonscrit, pour s’ape.cevoirque les plantes ne sont distribu6es ni uniformement ni arbitrairement sur la surface du globe. Cha-cune d’elles occupe une etendue, ou, comme on dit en botanique, une aire plus ou moins grande.
Parmi les causes eompliquees qui reglent leur distribution, les unes sont physiques et dependentuniquement des agents naturels; les autres tiennent ä l’origine meme des etres et se derobent parconsequent ä nos recherches.
La Station d’une plante consiste dans le fait de son existence dans un eertain milieu, prösentantune reunion particuliere de circonstances pbysiques; son existence dans une rögion geograpbiquedeterminee constitue son liabitation. En disant, par exemple, d’une plante qu’elle croit dans les fo -rets des environs de Paris, j’indique sa Station (forets) et son habitation (environs de Paris ). Cesdistinctions peuvent etre faites en parlant, non-seulement d’especes, mais encore de groupes plus onmoins etendus; on peut aussi les indiquer dans des limites plus ou moins exactes, plus ou moinsapproximatives.
Voyons d’abord les causes qui influent sur la Vegetation, et par consequent sur la distributiongeograpbique des plantes. Nous en trouvons quatre principales.
1° Chaleur. — On sait qu’elle va en decroissant de l’equateur aux pöles, et cela assez reguliere-ment, si Ton considere un seid meridien; nmis il n’en est plus de meme si l’onen considere plusieursensemble. Diverses causes, telles que l’exposition, le voisinage de la mer, modifient cette diminution,et les paralleles ne peuvent plus servir ä indiquer les climats physiques, comme ils fixent les climatsastronomiques.
Chaque Iieu, dans le courant d’une annee, re?oit une certaine quantite de chaleur; des observa-tions journaliöres de la temperature, continuees pendant un temps plus ou moins long, permettentd’arriver ä la connaissance de la temperature moyenne du lieu. Or, si l’on fait passer une ligne parlous les points qui offrent la meme temperature moyenne de l’annöe, on a une ligne isotherme.
Sous les tropiques, les lignes isothermes se confondent presque avec les paralleles; eiles s’endistinguent d’autant plus, qu’eiles s’öloignent davantage de l’equateur. Cette inegalitö tient ä descauses que nous devons indiquer: les unes elevent la temp/srature; ce sont: les decoupures profondesdes cötes, l’orientation, la predominance des vents de sud et d’ouest, les montagnes qui abritent desvents froids, l’absence de forets et de marecages, la serenite du ciel en ete. D’autres, au contraire,abaissent la temperature; telles sont: la configuration compacte des continents, l’extension des ter-’es vers le pöle, les montagnes du cöte des vents chauds, l’absence de terres tvopicales sur le meri-dien, les forets et les marecages, un ciel pur en hiver et couvert en ete, etc. (I).
La mer, suivant avec une grande Ienteur les variations de temperature de latmosphfere, sert äegaliser les climats, en moderant ä la fois la vigueur des hivers et la chaleur-des etes. De lä unedistinction importante entre le climat des lies ou des cötes et celui de l’interieur d’une grande massecompacte de terres fermes. C’est avec juste raison que Buffon a nomme ces derniers climats exces-sifs. Dans un mfime continent, les cötes occidentales sont plus chaudes que les cötes orientales, ämoins qu’un courant oceanique jte vienne modifier la temperature.
On ne retrouve pas toujours les niemes formes vegetales sur les isothermes. C’est que, pour bienconnaitre I’influence des climats sur la Vegetation, il ne fautpas se borner k la temperature moyenne
(1) Al. de Humboldt, Cosmos.