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HISTOIRE NATURELLE.
<le l’annee, il faut encore etudier celle des saisons et des mois. On appelle lignes isochymenes cellesqui indiquent une meme temperature moyenne d’hiver; isothhrcs, une meme temperature d’ete.
Ces lignes influent encore plus que les isothermes sur la Vegetation. En d’autres termes, on peutesperer de trouver plus de formes vegetales semblables avec la meme temperature moyenne d’ete oud’hiver qu’avec la meme temperature moyenne annuelle. Ces lignes, d’ailleurs, se confondent encoremoins avec les paralleles que les isothermes; les isotheres se redresserit vers le nord, les isochyme-nes vers le sud (1).
Les isochymenes determinent la culture du Myrte, du Figuier , du Grenadier, etc.; les isotheres,celle de la Vigne, de l’Olivier, du Mais, etc. C’est que ces derniers vegetaux, qui supportent sansperir un froid assez rigoureux, demandent une temperature d’ete assez elevee pour mürir leur fruit;les premiers, au contraire, demandent peu de chaleur en ete, mais veulent avant tout un hiver tres-doux. Ainsi, le Myrte, qui, dans Finterieur de la France , ne depasse pas les collines du Bas-Langue-doc, croit en pleine terre jusqu’en Irlande; la Yigne, au contraire, qui, dans l’ouest de la France ,ne s’eleve pas au-dessus de Nantes, eroit jusqu’ä Potsdam et meme ä Danlzig, ä une latitude bien pluselevee.
Eh general, les plantes annuelles, qui ont besoin d’une grande chaleur en ete pour mürir leursgraines, s’accommodent mieux des climats tres-variables; les plantes toujours vertes ont besoin d’unclimat uniforme.
Jusqu’ä present, en parlant de la distribution de la chaleur ä la surface du globe, nous avons con-sidere celle-ci comme etant toute ä un meme niveau, celui de la mer. Mais il est une autre cause dontil faut tenircompte : c’est la hauteur au-dessus de ce niveau. On sait qu’ä mesure que l’on s’elövesur une haute montagne la tempörature s’abaisse. Donc, quand une montagne situee sous l'equateurs’elöve assez haut pour que son sommet ait la temperature du pöle, on doit y retrouver toutes lesformes vegetales que l’ou trouverait entre 0 et 90 degres de latitude. 11 est clair qu’une montagnesituee hors de l’equateur, mais s’elevant jusqu’ä la limite des neiges öternelles, offrira seulement lesformes vegötales qui se trouvent depuis sa base jusqu’au pöle. En consequence, quelques botanistesont cru pouvoir comparer les deux hemispheres terrestres ä deux montagnes eolossales qui seraientaccolees parla base. Cette comparaison est trös-ingenieuse, mais eile pöche cependant sous plusieurspoints de vue. Ainsi nous ne retrouvons la meme uniformite ni dans la distribution des eaux, dontl’immense ötendue contribue si puissamment ä modifier les climats; ni dans celle de l’air, dont ladensitö decroit en s’elevant sur les hautes montagnes, tandis qu’elle est la meme au pöle et ä l’öqua-teur; ni dans celle de la lumiere, dont l’intensite suit une progression inverse.
2° Lumiere . — Quoique la lumiere importe autant que la temperature ä la vie des vegetaux, eilea moins d’influence sur leur distribution geographique, parce qu’elle varie moins ä la surface duglobe.
Tres-intense ä l’öquateur, eile s’affaiblit ä mesure qu’on avance vers les pöles; ici cesse l’analogieque l’on a voulu ütablir entre un hemisphüre terrestre et une montagne. En effet, sur le sommet decelle-ci, la lumiöre est plus prolongöe par suite de l’elevation, et surtout eile agit avec plus d’inten-sile, parce qu’elle traverseune plus petite partie de l’atmosphere. C’est ä cause de cette circonstanceque, pour une meme espece, les individus qui croissent sur les hautes montagnes ont des fleurs pluseolorees que ceux de la plaine.
Il peut arriver cependant que des conditions ä peu prös semblables soient realisees pour les plan-tes des montagnes; c’est lorsque, ä cause de la neige qui les couvre pendant toüt l’hiver, eiles nesont exposees ä la lumiere que durant une partie de l’ete. Il arrive aussi quelquefois qu’au voisinagedes grandes etendues d’eau il se produit des vapeurs assez fortes pour diminu'er l’intensite desrayons lumineux. Mais cette cause a une influence inverse sur la chaleur, puisqu’elle contribue, aucontraire, ä elever la temperature moyenne.
Les forets et les cavernes offrent divers degres d’obscurite. L’ombre des arbres influe beaucoupsur les plantes voisines. La majorite des Cryptogames et quelques Phanerogames demandent peu de
(I) Auguste de Sajnt-IIilaiue