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Botanique.
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1HST01RE NATURELLE.

mais de l’organisation la plus simple et la plus uniforme. Les liicotylees manquent completementdans cctte Flore primitive, et c’est ä peine si Ton y trouve quelques indices de Monocotylees. La classequi, presque A eile seule, constitue cette puissante Vegetation est celle des Cryptogames vasculaires,qui ne comprend aetuellement que cinq familles, dont les principales ont des representants dansl’ancien monde; telles sont les Fougeres, les Preles et les Lycopodiacees .

Ces familles sont pour ainsi dire le premier degre de la Vegetation ligneuse. Elles devieunent d’au-tant plus nombreuses et acquierent une taille d’autant plus elevee, qu’elles croissent dans des regionsplus rapprochees de l’equateur. Une seconde condition parait avoir une influence encore plus mar-quee surleur preponderance par rapport aux vegetaux des autres familles : c’est l’humidite et l’uni-formite du climat; conditions qui se trouvent reunies au plus haut degre dans les petites lies eloi-gnees des continents. La, en effet, l’etendue des mers environnantes determine une temperature peuvariable et une humidite constante qui favorisent le developpement et la variete des formes specifi-ques parmi les Cryptogames; tandis qu’au contraire, sous l’influence de ces memes conditions, lesPhanerogames sont peu varies et beaucoup moins nombreux.

II en resulte que, tandis que dans les grands continents les Cryptogames vasculaires forment sou-vent ä peine la cinquantieme partie du nombre total des vegetaux, dans les petites lies des regionsequinoxiales ces memes plantes constituent presque la moitie, et meme quelquefois jusqu’aux deuxtiers de la totalite des vegetaux qui les habitent. Les archipels situes entre les tropiques nous pre-sentent donc aetuellement la Vegetation la plus analogue ä celle des premieres epoques.

L’etude des vegetaux qui accompagnent les couches de houille doit par consequent nous porter Apenser qu’ä cette epoque la surface de la terre, dans les eontrees oü se trouvent les dipöts houillersles mieux connus, c’est-a-dire dans l’Europe etl’Amerique du Nord , offrait les memes conditionsclimateriques qui existent maintenant dans les archipels des regions Äquatoriales, et probablementaussi une conliguration insulaire.

Cette grande Vegetation primitive se presente avec les memes caracteres en Europe et en Amerique ,et l’Asie Äquatoriale, ainsi que l’Australie , sembleraient meme avoir participe alors 4 cette uniformitegenerale de structure des vegAtaux.

II est presque certain que le depöt des derniAres couches du terrain houiller a Ate suivi de la des-tvuetion de toutes les especes qui constituaient cette Vegetation primitive. Ici commenceune secondeformation qui se prolonge jusqu’ä la (in des depöts cretaces ; eile est remarquable dans l'histoire duregne vegetal par la predominance de deux familles, bien plus importantes alors qu’elles ne le sontaujourd’hui par leur nombre et leur grandeur; ce sont les Cycadees et les Coniferes. Ces deux fa-milles, par leur Organisation, forment le chainon intermediaire entre les Cryptogames vasculaires dela periode houillere et les Liicotylees proprement dites, qui forment la majorite des vegetaux dans laperiode tertiaire. On retrouve bien encore dans quelques parties de ces terrains secondaires un petitnombre de Fougeres et de Freies arborescentes, mais cependant d’une taille beaucoup moins consi-derable que celles des terrains houillers.

La periode tertiaire vit s’operer dans le regne vegetal une troisieme transformation; ce fut la Crea-tion des Uicotyledones, qui, a peine representes dans les derniers temps de la periode secondaire, sepresentent tout A coup d’une maniere preponderante. Comme de nos jours, cette classe domine alorstoutes les autres, soit par le nombre et la variete des especes, soit par la grandeur des individus.Alors apparaissent les Pins, Sapins, Thuyas, Peupliers, Bouleaux, Charmes, Noyers, Erables, etc.L'existence dans ces memes terrains, jusque dans le nord de la France , de quelques Palmicrs, tres-differents de ceux qui croissent encore sur les bords de la Mediterranee, et d’un petit nombre d’autresplantes qui appartiennent ä des familles aetuellement limitees A des regions plus chaudes, sembleindiquer qu’A cette epoque l’Europe centrale jouissait d’une temperature un peu plus elevee qu’A pre-sent. La terre avaitpris alors, en grande partie du moins, la forme qu’elle conserve encore de nosjours; aussi la Vegetation etait-elle tres-variee (I).

Le fait principal qui ressort de l’etude des vegetaux fossiles, c’est que, dans le regne vegetalcomme dans le regne animal, il y a eu un perfectionnement graduel dans l’organisation des etres quiont successivement vecu sur notre globe.

(t) Ad. IJdongniart, Yegelaux fossiles.