Band 
Botanique.
Seite
124
JPEG-Download
 

IJISTOIHK NATURELLE.

121

hermaphrodites, nuiles et femelles sur trois pieds differents). Eiifin, la vingt-quatrieme classe ren-ferme quatre Ordres : les Fougeres, les Mousses, les Algues et les Champignons.

Nous n’avöns fait connaitre que ces deux methodes parmi les innombrables systemes ou methodesartificielles, parte qu’elles ont ete adoptees dans un tres-grand nombre d’ouvrages scientiliques. Maisces methodes presfintent plusieurs inconvenients, un surtout que nous avons dejä signale, savoir derapprocher des etres qui n’avaient que peu de rapports entre eux, et d’en eloigner d’autres, au con-traire, qui se ressemblaient bien davantage. Linne lui-meme avait ete frappe de ce defaut, et il leprouva en donnant, sous le titre de Fragments de la Methode naturelle, un essai de Classificationoü les genres se tröuvaient groupes tout differemment. 11 avait senti töus les avantages de la methodenaturelle,' dont il avait fait, apres Tournefort, un excellent commencement d’application dans l’eta-hlissement des genres; il voulait continuer de Tappliquer ä des groupes d’un ordre plus eleve, qu’ilnomma familles, terme propose un siede auparavant par Magnol, et adopte depuis par Jussieu.

Ce fut en 1759, dans le jardin botanique de Trianon, que Bernard De Jussieu essaya un arrange-ment naturel des genres, fruit de ses longues etudes et de ses meditations; mais il ne le publia pas.En 1763, parurent les familles des plantes d’Adanson , qui exposa ses principes sur leur formation,et formula leurs definitions comme jusque-lä on avait formule celle des genres. 11 reconnut que, pourgrouper les genres en familles, on doit avoir egard ä l’ensemble de leurs caracteres et non ä un seul.Chaque point de leur Organisation, considere isolement, pourra donner lieu ä un Systeme separe quipresentera tous les genres dans un certain ordre. D’apres ces principes, Adanson fit soixante-cinqclassifications differentes, et il regärda comme le plus etroitement rapproches les genres qui se trou-vaient reunis dans le plus grand nombre de ces systemes.

Mais ce mode pechait par plus d’un point; il supposait: 1° que nous cönnaissons tous les carac-thres des plantes, tous les points de vue sous lesquels nous pouvons les etudier; 2° que tous ces ca-raciCres ont la meine valeur dans la Classification, deux choses egalement fausses. D’ailleurs, la dc-couverte d’un grand nombre de plantes nouvelles devait deranger et a derange en effet les calculsd'Adanson .

II ne suffit donc pas, pour faire une Classification naturelle, d’employer tous les caracteres; il faut,selon l’expression d’A. L. De Jussieu, les peser et non les compter; c’est en cela que consiste le prin-cipe de la Subordination des caracteres : ceux-ci sont consideres comme ayant des valeurs tout ä faitinegales; de teile sorte qu'un caraetcre du premier ordre equivaut ä plusieurs du second, un deceux-ci ä plusieurs du froisieme, et ainsi de suite. Gelte valeur est determinee par l’observation etl’experience; et, ä mesure qu'elle s’abaisse, eile est de moins en moins fixe.

Les familles une fois constituees, ils’agissait de les coordonner entre elles de manifire ä rapprocherä leur tour eelles qui se ressemblent le plus et eloigner celles qui se ressemblent le moins. Le pro-cede suivi pour le groupement des genres s’offrait naturellement; les caracteres communs ä plusieursfamilles ä la fois permettaient d’en reunir plusieurs en groupes plus eleves, et la Subordination descaracteres fetablie indiquait dans quel ordre ils devaient etre employes. En premiere ligne, il placacelui de Lembryon, qui divisait le regne vegetal en trois grands embranchements : Acotyledones,Monocotyledones, Dicotyledones . Le second fut divise en trois classes, d’apres l’insertion des eta-mines : bypogyne, perigyne ou epigyne. Dans le tröisie.me, il commenca par mettre dans une classeä part les Dielines, puis il subdivisa les autres en Apetales, Monopetales et Polypetales. Chacun deces nouveaux groupes fut alors divise, comme les Monocotyledones, en trois classes, d’apres l’insertiondes etamines. Mais les Monopetales epigynes en formerent deux : l’une oü les antheres sont sou-dees entre elles, l’autre qui ne presente pas ce caractere. 11 y eut donc en tout quinze classes, quisont exposi^es dans le tableau suivant. Chaque classe renfermait un certain nombre de familles, dontle nombre total est de cent, d’apres l’immortel ouvrage de Laurent De Jussieu, publie en 1789, sousce titre : Genera plantar um, secundum ordines naturales juzla melhotium in Ilorto Regio Pari-simsj exaratam. Les noms des familles furent tires, pour quelques-uues, d’un caractere general( OmbeUijercs , Legunüneuscs), pour le plus grand nombre, du nom du geure le plus remarquable( Malvacecs , Rosaeecs. Iridecs). Plusieurs d’entre elles furent divisees en tribus.