BOTANIQUE. 555
rieures ont la forme d’une spathe; perianthe tubuleux, ä limbe partage en six divisions profondes,egales; stigmate trifide.
17. CROCUS. Tournefort. (Safhan.)
Fleurs acaules, subsolitaires, entourees d’une spathe monophylle; perianthe tube grele, alimbe plus grand, partage en six divisions egales, dressees; trois stigmates roules en dedans.
Les especes de ce genre appartiennent ä l’Europe et ä l’Asie Mineure; eiles preferent les monta-gnes, et sont generalement tres-printanieres dans leur floraison, ce qui, joint ä la beaute de leursfleurs, en fait cultiver un certain nombre. L’une d’entre eiles jouit d’une grande reputation sousd’autres rapports; nous voulons parier du Safran cultive (C. salivus, Linne ), ä fleurs violettesveinees de rouge, ä stigmates creneles, roules au sommet et colores en jaune orange. Elle estoriginaire des pays chauds. Connue du temps de Theophraste , sa culture a ete introduite enFrance vers l’epoque de la renaissance. Ce sont ses stigmates qui sont usites en teinture et en mede-cine. On les recueille en automne, et seulement le matin et le soir; on les fait dessecher, sur des ta-mis de crin, ä une douce chaleur; puis, quand ils sont parfaitement secs, on les renferme dans dessacs, et ils constituent alors le safran du commerce. Cette substance est fort chere, et on peut s’enexpliquer la cause quand on sait qu’il entre environ un million de stigmates dans un kilogramme desafran sec. Aussi n’est-elle guere employee chez nous que par les confiseurs et les Iiquoristes. Sacherte et le mauvais teint qu’elle donne Font fait abandonner par les teinturiers. Les Espagnols s’enservent pour colorer le pain.
L’usage alimentaire, ou plutöt condimentaire, du safran est aussi repandu chez quelques peuples,notamment cbez les Polonais et les Arabes. Valmont.de Bomare a propose •d’extraire de la fecule deses bulbes. Ses proprietes medicales sont eonuues depuis longtemps, et, tres-e.xagerees ä certainesepoqucs, lui ont fait donncr les norns pompeux de Roi des vetjciaux, Amc des poumons, Panaccevecjciale. Son odeur forte donne ä- la tete, et peut occasionner de graves accidents. Pris al’interieur,il agit a peu pres commc l’opium; u forte dose, il est narcotique; neanmoins, son action est tres-irrogtdiere, et on peut le comparer, sous ce rapport, au Colcliique.
59 ,Mi FAMILLE. - HEMODORACEES.
Plantes herbacees, vivaces, ä feuilles distiques, simples, engainantes ä leur base; fleurs disposeesen corymbes ou en epis; perianthe ä six divisions profondes, soudees ä leur base, oü elles adherenta l’ovaire, qui est infere; six etamines, disposees sur deux rangs, les trois exterieures avortant quel-quefois; ovaire adherent, ä trois loges, qui renferment un ou plusieurs ovules; style et stigmate sim-ples; fruit capsulaire, quelquefois indehiscent, d’autres fois s’ouvrant par des trous terminaux ou pardes fentes longitudinales; embryon tres-petit, entoure d’un endosperme corne.
Cette famille, qui ressemble beaucoup aux Iridees par son port, s’en distingue ; 1° par son stig-mate, constamment simple; 2° par ses etamines, au nombre de six, ou, quand il n’y en a que trois,opposees aux divisions interieures du perianthe, tandis que c’est aux divisions exterieures dans lesIridees. Les Ilemorodacees se trouvent principalement au l’resil et au cap de Bonne-Esperance . Lesrhizomes de plusieurs d’entre elles renferment une matiere tinctoriale rouge. Plusieurs sont cultiveesdans nos jardins.