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BOTANIQUE.
plupart des botanistes qui ont suivi l’illustre Suedois, offre des caractferes assez prononces pour jus-tilier son etablissement. II ne renferme que deux especes dont une est propre ä l’Europe , tandis queI’autre habite I’Amerique. — Le Castanea vulgaris, L. (Chätaignier commun ), est un grand arbredont les rameaux, longs et etales, portent des feuilles alternes, petiolees, oblongues-lanceolees, gla-bres, lisses en dessus, marquees de grandes dents aigues. Le Chätaignier, qui croit communementdans presque toute I’Europe et une partie des Etats-Unis , aime les terrains legers, sablonneux, pro-fonds, et stationne de preference dans les bois montueux, sur les collines et les montagnes.Ses grai-nes, connues de tout le monde sous le nom de chätaignes, sont farineuses, nutritives et faciles ä di-gerer. Elles servent presque exclusivement ä la nourriture des habitants des montagnes, et dans lesCevennes, l’ile de Corse, le Limousin , etc., elles forment pour ainsi dire la base de l’alimentation desgenspauvres et besogneux. Pour cet usage, on les fait cuire dans l’eau ou sous la cendre, ou bien en-core on les fait rötir dans des poeles percees de trous. On en connait plusieurs Varietes, parmi lesquel-les nous citerons le marron , plus gros, plus arrondi et doue d’une saveur agreable qui le fait recher-cher meme dans les villes. L’art du confiseur en sait tirer parti et en faconne les marrons glacäs. Surnos tables, on le sert en puree justement renommee, mais plus ordinairement il se mange röti commela chätaigne. Ces graines renferment une grande quantite d’amidon, du gluten analogue ä celui quecontiennent les cereales, et une assez forte Proportion de sucre. Pendant le blocus Continental, alorsque le sucre des colonies etait ä un prix trfis-eleve, divers essais furent tentes pour extraire cette sub-stance des chätaignes. M. Guerrazzi, de Florence , par un procede ingenieux, atteignit le but qu’on seproposait, sans älterer la partie farineuse et nutritive des fruits sur lesquels il operait, et on fut sur lepoint de fonder des etablissements pour exploiter cette nouvelle industrie. Le Chätaignier, par sonport majestueux, son ample feuillage et le developpement qu’il est susceptible d’atteindre, tient unedes premieres places parmi nos espäces forestieres. Sa grosseur est parfois phänomenale. Celui quise voit sur le mont Etna , ä une faible distance de la ville d’Aci-Reale, n’a pas moins de centsoixante pieds de circonference, et dans l’interieur du tronc, creuse par le temps, on a construit unemaison qui sert d’habitation ä un berger et de retraite ä son troupeau. On le connait sous le nom deChätaignier aux cent chevaux. Son äge a ete evaluä approximativementä quatre mille ans au moins.En France nous possedons plusieurs Chätaigniers qui, sans approcher de celui dont nous venons deparier, presentent dejä un volume considärable. Le plus remarquable est celui qui existe pres de San-cerre, departement du Cher , et qui a une circonference de trente pieds ä hauteur d’homme. Quoiqueägä de plus de mille ans, son tronc est parfaitement sain, et il donne chaque annee une grande quan-tile de fruits. Le Chätaignier ne fut pas ignore de l’antiquite, et ä Borne, dir temps de Pline, on enconnaissait dejä plusieurs .varietes. Mais les maitres du monde estimaient peu ces fruits, que le peupleseul employait pour sa nourriture. 11s tirärent leurs premieres chätaignes de Castane , ville de laPouille, et les appelärent castanece nuces. Le bois du Chätaignier , d’un grain fin et serre, pesant etelastique, est peu estime comme combustible, mais il est tres-bon pour la charpente et a ete souventemploye pour la construction des maisons. On en fait aussi de bons meubles et des tonneaux qui necommuniquent aucun goüt aux liquides qu’ils renferment et empechent levaporation desparties spi-ritueuses. Plonge dans l’eau aussitöt qu’il est coupe, il devient presque incorruptible et peut servirpour etablir des conduites qui ont une tres-longue duree. Les jeunes branches et les tiges faiblessont utiiisees pour la confection de lattes, de pieux, d’echalas, de cerceaux, de cuves et de ton-neaux, etc. Enfin, en Amerique , on en retire un charbon excellent pour la forge.
Castanea pumila, Lam. (Chätaignier nain, Chincapin.) Fruits epineux, arrondis, ne renfermantqu’une chätaigne de la grosseur d’une noisette et d’une saveur douce. Cette espece, qui croit auxEtats-Unis , varie pour la taille suivant les climats et les terrains. Son bois, superieur par le grain, lapesanteur et la duree ä celui du Chätaignier ordinaire, pourrait servir ä une foule d’usages. Malheu-reusement on rencon'tre rarement des troncs assez gros pour etre utilises avec avantage.