IIISTOIRE NATURELLE.
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53“ FAMILLE. — JUGLANDEES.
Arbres eleves, ä feuilles alternes, pennees, avec ou sans impaire, odorantes et depourvues de sti-pules. Fleurs umsexuees. Les mäles, disposees en chatons, presentent un caliee adne, par la base, äune bractee ecadleuse, simple ou trilobee, et divisee profondement de deux ä six segments inegaux,etroits. Etamines en nombre egal ou double de celui des divisions du calice, ou indefini. Anthäres bilo-eulaires, portees par des filets courts et dont les deux loges sont souvent surmontees d’un prolongementepaissi du connectif. Fleurs femelies ramassees en petit nombre ou en grappes läches' et consistant enun calice adherent ä l’ovaire, ä quatre (rarement trois ou cinq) lobes avec lesquels alternent dans cer-tains cas ceux d’une petite corolle caduque, et en outre presentant parfois ä sa base un involucre cu-puliforme. Ovaire uniloculaire, divise par quatre cloisons incompletes et renfermanl un seul ovuledroit et dresse. Style simple ou double, court, terminö par un stigrnate disco'ide quadrilobe ou pardeux ou quatre grands stigmates papilliferes. Le fruit est un drupe compose d’une couche charnue,coriace et fibreuse, appelee vulgairement bron, et sous laquelle est placee une noix ligneuse, ind6-hiscente ou se separant en deux valves. La graine, quadriiobee, lisse ou sinueuse, renferme sous untest membraneux un embryon ä cotyledons volumineux, bilobes.
Les Juglandees sont des vegetaux qui croissent pour la plupart dans l’Amerique du Nord . Quelquesesp6e.es appartiennent encoreaux parties mediane et australe de l’Asie , et aux iles de la Sonde. Cettepetite famille, limitäe ä quelques genres, a une certaine importance par les usages economiques dequelques-unes de ses esp6ces.
Fleurs monoi'ques. Les mäles en chatons cylindriques, pendants. Pärianthe ä six divisions profon-des. Quinze ä vingt-quatre etamines subsessiles. Antheres biloculaires. Fleurs femelies sessiles, soli—taires ou rßunies plusieurs ensemble. Perianthe monophylle divise au sommet en quatre lobes ca-ducs. Corolle quadriiobee. Ovaire surmonte de deux styles termines par des stigmates reflechis,franges superieurement. Drupe contenant une noix sillonnee, monosperme.
Ce genre, le seul remarquable du petit groupe dont nous nous occupons, renferme une quinzained’espäces. — Le Noyer commun (Juglans regia, L.) est un arbre tres-eleve et dont les rameaux for-ment une large tete. Ses feuilles grandes, pinnees avec impaire, sont compos6es de cinq ä neuf foliolesovales, entiäres, veinees et glabres. Les fleurs, petites et jaunätres, paraissent en juin. Les fruitssessiles sont ordinairement gemines. Cette espece, originaire de la Perse et des bords de la Cas-pienne, ob eile a ete retrouvee par Michaux en 1782, est depuis longtemps naturalisee en Europe . Sesfruits sont comestibles et connus de tout le monde. Les noix fraiches ont un goüt tres-agreable; maisen vieillissant elles deviennent rances. Avant leur parfaite maturile, on les mange 6galement sous lenom de cerneanx. On en retire une huile qui peut servir ä des usages alimentaires et qu’on emploieaussi pour l’eclairage, la fabrication du savon et dans les arts, ä cause de ses proprietes siccatives.Le brou, doue d’une saveur äcre et amere, donne par la maceration dans l’eau une couleur brune,durable, dont on se sert pour colorer les bois blancs; et, d’apres Pline, les Romains l’utilisaient pourteindre leurs cheveux. On en fait encore un ratafia regarde cornrne stomachique. Cet arbre, dont lesfeuilles sont reputees astringentes, offre une ressource precieuse ä l’äbenisterie, et c’est lä le plusgrand avantage qu’en tire l’industrie humaine. Son bois, liant, doux et flexible, prenant facilement unbeau poli et ordinairement veine d’une maniere agreable ä l’oeil, est journellement employe pour lafabrication de toutes sortes de meubles. II est aussi recherche des tourneurs, des sculpteurs, des car-rossiers, et les armuriers, dit-on, le preferent ä tout autre pour la monture des fusils. On se ferad’aiileurs une idee de son utilite lorsqu’on saura que dans le seul departement de la Haute-Vienne onen consomme annuellement quatre mille pieds pour la confection des sabots. — Le J. fraxinifolia,Poir. (Noyer ä feuilles de Frene), est comme le precedent, originaire de l’Asie . Les autres espfeces ap-