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IIIST01RE NATURELLE.
Le macis a et6 recommande comme un excellent mastieatoire dans les paralysies des muscles du vi-sage. Les huiles que l’on en retire servent 4 faire des onctions sur les membres paralyses.
Quoique la muscade soit depuis longtemps l’öbjet d’un commerce considerable, nous ne connais-sons parfaitement le Muscadier que depuis un petit nombre d’annees. C’est Cüre, directeur du Jardindes Plantes 4 Elle de France , qui, par des Communications faites äLamarck, a fait connaitre non-seulement la fructification du Muscadier aromatique, mais encore divers details d’organisation con-cernant plusieurs autres espäces du meme genre. Le macis de la muscade a ete eite dans tous lestraites de botanique comme un exemple classique et remarquable d’arille. D’aprüs le savant Memoirede M. Planchon, sur les vrais et les faux arilles, la citation ne serait pas heureuse et l’enveloppemoyenne de la muscade ne serait qu’un faux arille ou arillocle.
Le Muscadier est u»e des richesses commerciales de la Hollande. Le peuple batave en a monopo-lise le negoce de bonne heure et l’a toujours conserve depuis. On a tente d’en importer la culture 4l’Ile de France et 4 File de la Reunion, oü il fut introduit par Poivre en 1771, et depuis dans diver-ses lies de l’Amerique ; mais les resultats n’ont pas repondu aux esperances qu’on en avait congues.Cependant les Anglais en ont fait des plantations considerables au Bengale et 4 Sumatra . Les noixmuscades qui se vendent en Europe atteignent chaque annee le chiffre de deux Cent cinquante millelivres, et, pour eviter la depreciation de cette marebandise, les Hollandais, lorsque les recoltes sonttres-abondantes, ne gardent que la quantite consommee annuellement et detruisent le surplus.
On distingue deux Varietes de muscades. Les royales ou femelles sont grosses, arrondies, pesan-tes, finement marbrees, gris clair et d’une qualite superieure, tandis que les m41es ou sauvages,moins estimees, sont plus allongees, plus legeres et plus colorees. On retire de ces noix, et surtoutdu macis, oü eiles sont plus abondantes, deux sortes d’huiles : l’une, qui s’obtient par expression,est fixe, jaune, odorante et d’une consistance butyracee : eile est connuc sous le nom de bäume oude beurre de muscade; l’autre, appelee liuile de muscade, est le produit de la distillation.
Les especes qui approchent le plus du Muscadier aromatique par leurs proprietes et qui, 4 ce titre,doivent d’etre citees, sont les M. tubiflora et Icpklola, Blume, qui habitent la Nouvelle-Guinee .
60“ FAMILLE. - EUPHORBIACfiES.
Arbres, arbustes et herbes, 4 feuilles presque toujours alternes, rarement opposees, petiolöes ousessiles, ordinairement simples, stipulees, manquant quelquefois. Stipules membraneuses, courtes,presque generalement caduques. Fleurs unisexuees, 4 inflorescence variee. Les m4les composees d’uncalice ou involucre monophylle 4 trois 4 six divisions profondes. Corolle souvent nulle, formee, lors-qu’elle existe, de petales distincts ou soudes, alternes, en meme nombre que les lobes calicinaux.Eiamines (dont chacune peut etre consideree comme une fleur) libres et distinctes ou monadelphes,en nombre variable, limite ou illimite. Anthüres introrses, biloculaires, 4 dehiscence longitudinale.Les fleurs femelles presentent un ovaire libre, sessile ou stipite, 4 deux ou trois loges, accompagneparfois d’un disque hypogyne et surmonte d’autant de styles ou de stigmates sessiles qu’il y a deloges. Ces dernieres renferment chacune un ou deux ovules suspendus 4 leur angle interne. Fruit secou un peu charnu, le plus souvent compose de deux ou trois coques mono ou dispermes, bivalves,reunies par leur angle interne sur un axe ou columelle centrale persistante, dures, crustacees, osseu-ses, s’ouvrant et se süparant avec elasticite. Graines pendantes, crustacees exterieurement, tres-rare-ment arillees. Embryon axile, entoure d’un perisperme charnu, gros et huileux.
Les Euphorbiacees sont pour la plupart caracterisees par la presence d’un suc laiteux, de naturegommo-resineuse et d’une saveur Acre et brülante, qui souvent leur communique des proprietes dele-täres. Les produils divers qu’on retire de ces vegetaux sont varies, et plusieurs sont employesen me-decine. Leur distribution geographique presente encore quelques incertitudes, attendu le peu derenseignements que nous possedons sur les especes tropicales. On peut dire cependant qu’elles sontrepandues sur toute la surface du globe, quoiqu’elles semblent affectionner plus particulierement laregion comprise entre l’equateur et le tropique du Capricorne.