4 HISTOIRE NATURELLE.
substances, mere de toutes les existences presentes et ä venir, eile est, apres Dieu mäme, causeet principe eternel de toutes choses. » Certainement le domaine de l’histoire naturelle est im-mense et des plus feconds en grands resultats; mais Virey et d’autres naturalistes l’ont beaucouptrop elargi. Qu’il nous soit permis de rapporter ä ce sujet quelques lignes d’un article remarquablede Bory de Saint-Vincent , insere dans le Dict. dass, de l’Hist. nat., tome VIII (1825). « Si nous ac-cordons ä Virey que la Creature, reine des creatures (c’est-ä-dire l’Homme), que la moisissure im-perceptible et les colosses du regne vegetal, que la Baieine et le Goujon, que l’atome de sable et lemont sourcilleux appartiennent ä son domaine, nous n’accordons pas absolument que tout ce qui estsublime, admirable, ce que les cieux, les airs et la mer ont d’inconcevable, les globes innom-brables, etc., en soit aussi. Ces choses rentrent dans des Sciences fort differentes. Les astronomes,qui arrivent aux plus grands resultats qu’ait pu atteindre Tesprit humain, n’ont jamais pretenduque la connaissance des Mousses ou celle des Araignees, par exemple, fussent des dependances deI’empire d’Uranie, par la raison que la terre etant une planete, tout ce qui appartient ä son histoirerentre dans celle des planetes, et consequemment dans celle des cieux. Le soleil, les cometes, lessignes du Zodiaque , en un mol les astres quiroulent sur nos Utes', sont aussi etrangersä l’llistoirenaturelle que l’Elephant, la Musareigne, un Moineau frane ou la Sardine le sont ä l’Astronomie .II en est de mAme de la Melaphysique, de la Mecanique , de l’Aerostatique, de l’Hydrostatique et desMathematiques , qui ne sont pas des branehes de l’Histoire naturelle, quoique cerlains animauxgrimpent, que les oiseaux volent et que les poissons nagent. De pareilles logomachies sont indignesd'une science dont l’application doit se borner, pour les personnes qui ne s’en occupent point dansle but d’y trouver une inepuisable mine de vaines phrases, aux etres reels et leis que la nature nousles presente, soit ä la surface de la terre, soit dans son sein, soit dans les eaux ou peuplant Tes airs.Chacun de ces etres a ses caracteres propres; il en a de communs avec le reste de la creation; le na-turaliste, observant les affinites ou les differences qui resultent de ces caracteres, en fait la base desystemes propres ä faciliter la connaissance de chaque objet ou de methodes qu’il imagine se rap-procher le plus de la marche suivie par la nature dans la production successive des especes dont secompose son vaste ensemble. #
Malgre cela l'Histoire naturelle n’en est pas moins la science la plus vaste et la plus variee, etl’une de cellesdont la fondation remonte presqueä la creation de niomme.
De temps immemorial, les Hommes, en effet, remarquerent autour d’eux les trois grandes mo-difications de l’existence que nous avons signalees, et qui durent frapper mente les plus inattentifs,c’est-ä-dire l’etat brut ou inanime, le vegelant et le vivant, et ils en firent les trois regnes de lanature : le mineral, forme de simples agregations qui croissent, mais ne vivent ni ne sentent; le ve-getal, compose de corps organises vivants, mais ne senlant pas, et l’animal, compose de corpsvivants et sentants. Linne , en 1735 (Systema naturas) definit ainsi ces trois genres de corps: Lapidescorpora congesta, nec viva, nec .sententia; vegetabilja, corpora organisata et viva, non sententia;ahimalia, corpora organisata, sententia, et viva sponteque se moventia. A ces grandes divisions on avoulu, dans ces derniers temps, joindre deux autres regnes : le psychodiaire, cree par Bory de Saint-Vincent , generalement rejete par tous les naturalistes, et qui, intermediaire entre les vegetaux et lesanimaux, comprendrait des etres vegetants et vivants successivement, et oü chaque individu apa-thique se developperait et croxtrait ä la maniere des mineraux ou des vegetaux, jusqu’ä l’instant oüdes propagules animees repandraient l’espece dans des sites d’elevation; tels sont les Spongiaires , laplupart des Polypiers, etc.; et le regne humain, indique plus recemment encore, ne comprenant quel’llomme, ayant pour caractere distinctif de vivre, de croitre, de sentir et d’agir intellectuellemenl.Pour nous, nous ne pouvons admettre ces deux regnes comme distincts; les Psychodiaires ne sontcomposes que de corps, soit vegetaux, soit animaux, qui, tendant ä reunir les premiers aux seconds,montrent la vanite de nos subdivisions dites les plus naturelles, et sont la preuve que Dieu , encreant l’ensemble de la nature, ne l’a soumis ä aucune methode, ä aucun Systeme; l’Homme, sui-vant nous, ne doit pas non plus elre separe, scientifiquement parlant, de l’animal : son Organisa-tion est la meme, et le seul point qui le distingue, point immense, nous devons nous häter de ledire, c’est son inteliigence : intelligence qu’aucun animal proprement dit ne possede, quoique ce-pendant l’instincl, chez ce dernier, ressemble bien dans quelques cas ä de l’intelligence. Aux troisseuls regnes de la nature que nous avons admis, on s’aecorde assez generalement ä joindre, comme