INTRODUCTION.
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etant encore du domaine de l’Histoire naturelle, une serie de corps naturels, inorganiques, etheres,c’est-ä-dire ces fluides imponderables, tels que l’air, le feu, la lumiere, l’electricite, le fluide ma-gnetique, qui ne sont manifestes ä nos sens que par quelques-unes des proprietes qu’il nous estdonne de leur reconnaitre; plusieurs de ces fluides nous paraissent cependant rentrer tout ä faitdans les Sciences physiques proprement dites, aussi n'en parlerons-nous pas; d’autres, se rattachantä certains phenomenes geologiques, trouveront leur place dans ce volume.
Les trois formes principales des corps de la nature ont, comme nous l’avons dit, ete saisies detout temps; mais la science proprement dite ne s'est faite que lentement, et, aujourd’hui meme,olle est loin d’avoir atteint son dernier degre de perfection. Lors meme que cette perfection semble,atteinte dans ceriaines parties, il arrive que de nouvelles observations viennent ouvrir une voie nou-velle, et que presque tout ce qui a ete fait jusqu’alors se trouve ä recommencer avec les nouveauxmoyens d’investigations qui viennent d elre decouverts. La science n’est donc pas, ne sera jamaisprobablement finie: on peut presque atteindre au but, mais on n’y arrivera jamais completement.
L’histoire des Sciences de la nature remonte bien baut, et il nous semble utile de jeter un rapidecoup d’ceil sur les phases diverses par lesquelles eile a passe. « L’histoire des Sciences naturelles,rapporte Thibaut de Berneau ( Dict. pitt. d’Hist . nat., t. III, 1835), est celle de la societe prise ä sanaissance et conduite jusqu’ä nos jours. Fruit de l’experience, de faits amasses sans ordre ni theorieaucune, pour la prendre ä son origine, il faudrait remonter au premier chainon de la vie sociale,au moment oü l’esprit humain, eclaire par les faibles rayons de lumiöre qui jaillissaient du con-cours de plusieurs circonstances heureuses, ouvrit sa marclie, d’abord timide, lente, tätonneusevers la connaissance des choses. Ses pas s’affermirent peu ä peu; puis de temps ä autre, un homme,doue de la force du jugement et de la sagacite necessaires, parut pour reunir les tentatives de ceuxqui l’avaient precede, les coordonner, et ajouter ä la masse totale des faits obtenus, en les enchai-nant d’apres leurs analogies, en metlant ä jour les rapports meconnus, pour solliciter les forcesdeL’esprit et leur donner une impulsion nouvelle. Une foule de systemes contradictoires tour ä tourdeclares inebranlables et tour ä tour renverses, surgissent derriere lui, viennent exploiter l’oeuvredu genie, afin de le tourner ä leur avantage, afin de remanier la science acquise jusque dans sesfondements, et, apres l’avoir enserree sous des liens tresses dans l’ecole, au bruit des subtilites dela dialectique, ils la forcent ainsi ä une sorte d’hivernation plus ou moins prolongee, jusquaceque la cause de la verite, de l’interüt public, produise une utile et salutaire revelation, qui renversel’echafaudage de i’erreur et des prejuges, retablisse le cours naturel et progressif des choses, mo-difie, complete le travail du passe: la route, encore une fois elargie, est de nouveau parcourueavec gloire et profit. Toutes les branches de l’arbre des Sciences naturelles, longtemps exploreesdans leur ensemble, ont du se developper lentement; il s’est, en effet, passe de longs siecles avantqu’elles acquierent la robusticite, l’ampleur etendue, la puissance considerable qu’elles ont acquisesdepuis cent ans environ, qu’elles sont partagees enlre des investigateurs de specialites. De cetteepoque, qui est celle oü Linne s’est assis ä la sommite des etudes, oü Buffon, en les depouillant dela secheresse scolastique, repandit sur ses tableaux pittoresques et seduisants le goüt de l’Histoirenaturelle, les phenomenes circonscrits dans des limites plus etroites ont ete mieux examine's, mieuxdetermines; on a pu s’en faire une idee claire, precise, et, par suite, planter, comme points de de-part, quelques jalons lumineux, hasarder des explications que le temps epurera ou detruira, queJe temps legitimera et posera sur des bases fixes. »
Nous allons passer en revue leS phases diverses de l’Ilistoire naturelle; nous les repartirons endix periodes particulieres, et ä chacune d’elles nous chercherons ä placer le nom d’au moins un deces hommes celebres qui ont successivement resume les travaux de leurs devanciers, et les ontreunis en un corps de doctrine, de teile sorte que nous presenterons ä la fois l’histoire generale dela science et celle des hommes qui*l’ont cultivee.
Dans les temps qui ont precede l’antiquite historique la plus reculee, l’Homme dut s’occuper desanimaux, des vegetaux, des mineraux qui etaient utiles ä son alimentation ou ä ses besoins : dejä leßoeuf, le Mouton durent etre reunis dans ses etables, le ble cultive dans ses champs, le fer employedans divers de ses ouvrages, le caillou transforme en hache grossiere.
On ne peut, ä cette epoque reculee, citer qu’une premiere periode, qui suit de quelques sieclesla crealion du monde, alors que fleurissaient les Ethiopiens, les anciens Egyptiens, les Geltes, la