Band 
Sur la zoologie et la phytologie. Minéralogie - Géologie - Races humaines.
Seite
7
JPEG-Download
 

7

INTRODUCTION.

Les eleves d Aristote augmenterent apres lui le cercle des connaissances humaines; Theophraste surtout fit pour Ia Botanique et pour l’Agrieulture ce que son rnaitre avait fait pour la Zoologie;Callisthene fitconnaitre la structure de l’ceil; Eudeme s’öceupa de la physique tcrrestre; Praxagoras et Herophile firent de l’Anatomie : le premier etablit une distinction importante entre les arteres etles veines, et le second decouvrit les fonctions du Systeme nerveux, etc. Mais les doctrines aristote -liennes s’alterent entre les mains d’Erasistrate , qui lui-mAme doit etre eite pour ses travaux en me-decine et en physiologie, et surtout entre celles de Straton , qui se livra ä des speculations erronees;puis vinrent Eben et Oppien , qui donnerent des traites de peche et de chasse, etc.

Entre Aristote et les naturalistes dont les noms sont parvenus jusqu a nous, un long temps s’ecoula,et la subtilite scolastique, la Superstition , s’emparant de nouveau de la Science, la firent retrograderau Iieu d’avancer.

La quatrieme periode commence avec Dioscoride, qui, apres avoir parcouru la Cilicie sa patrie,l'Asie Mineure, la Grece, l’Italie, la Germanie, la Gaule et l’Espagne , voulut ramener les idees deson siede corrompu vers l’etude des vegeta ux, dont il fit connaitre huit cents especes. Rome ,jusque-lä entierement absorbee par les interAts materiels, et chez laquelle l’Anatomie n’avait faitquelques progres que par les sacrifices faits sur les autels, eut enfin son naturaliste. Pline (Pan 25de Jesus-Christ ) publia son Histoire naturelle , vaste, mais mal heureusement souvent indigeste Com-pilation, qui, selon l’exigence de l’epoque, tendait surtout ä l’application ä l'Homme. Cette immenseEncyclopedie , surtout zoologique, mais aussi botanique et mineralogique, qui resume le resultat desreellerebes consignees dans une foule de livres qui ne sont pas arrives jusqu’ä nous, n’est pasle resultat des observations de l’auteur, et est cependant assez bien concue, ecrite avec une profondeerudition et un style eleve, et est distribuee en parties generalement bien et savamment liees entreelles; mais malheureusement eile renferme des observations peu exactes, indique des fables nom-breuses et des faits surnaturels qui laisserent la science dans l’orniere oü eile etait entree. Gaben,le representant de l’eeole d’Alexandrie , un demi-siecle apres Pline, dans ses celebres travaux sur IaMedecine, n’eut pas le pouvoir, malgre l’ordre qui preside ä ses ecrits, malgre la justesse de son espritet l’elegance de son style, devaincre l’apathie oü l’abrutissement social dans lequel la superbe Rome tenait desormais ecrasees toutes les nations autrefois celebres par leurs lumieres et leur goüt pour lesSciences et les arts.

La fin de l’antiquite et le commencement du moyen äge furent une epoque desastreuse pour l’e-tude des Sciences naturelles.

La cinquieme periode est celle de l’invasion des peuples du Nord, les Runs, les Vandales, les Ile—rules, les Goths , les Lombards, qui detruisirent la civilisation naissante des anciens mailres dumonde; et l’on comprend qu’au milieu de ces bouleversements sociaux les Sciences et les arts nedurent pas Atre cultives, si ce n’est peut-Atre par quelques liommes instruils, par les prAtres, qui tra-duisirent et commenterent les ouvrages anciens.

La sixieme periode est encore celle d’une invasion : les peuples du Midi, les Maures, penetrentaussi en Europe et s’etablissent dans les provinces meridionales; mais, plus civilises, plus sociauxsurtout que leurs predecesseurs venus du Nord, ils encouragerent les Sciences et les arts: la mede-cine fit quelques progres, mais les Sciences naturelles, qui n’etaient plus observees directement, nefurent plus etudiees que d’apres des traductions vicieuses, et d'apres des versions arabes, des ou-vrages des anciens auteurs, auxquels se melaient de vaines subtilites inspirees par la vanite etlacredulite.

La septieme periode est celle du moyen age par excellence, c’est l’epoque que nous pourrions ap-peler religieuse. Les chretiens ont repris le dessus, et, ä leur tour, vont combattre les infideles: lescroisades ont lieu. L’IIistoire naturelle reprend son essor; le goüt des Sciences renait. L’Orient nousa fourni des plantes et des animaux inconnus jusque-lä; l’Italie , dont le commerce prend de l’ex-tension, recoit des productions naturelles nouvelles; de nouvelles contrees sont explorees, et Diazdouble le cap des Tempetes qui, desormais, portera le nom de cap de Ronne-Esperanee; ChristopheColomb s’aventure sur les mers et decouvre l’Amerique ; enfin l’instrument indispensable pour pro-pager rapidement et au loin la pensee humaine est decouvert: Gutenberg cree l’imprimerie. Dansles cloitres, on se livre avec ardeur aux Sciences naturelles : on fait de meilleures traductions desouvrages d’Aristote et des autres peres de la Science; Albert le Grand donne son Encyclopedie gene-

’V 1 •.Vl'w,*" 1 »

r /V MJjfW