INTRODUCTION,
15
cliacun un nom uniijue; mais lorsqu’on en a eu decouvert une quantile beaucoup plus conside-rable, il a fallu trouvcr un moygn de soulager la memoire. Dejä, avant le dixhuitieme siede, etmAme chez les anciens, on avait cherche ä grouperles uns aupres des autres les corps qui avaiententre eux ou semblaient avoir le plus de rapports, mais ces essais de dasseinent elaient assez irre-guliers et faits sans aucun principe. Linne fit pour l’IIistoire naturelle ce que la societe avait faitpourl'Ilomme depuis un temps immemorial, en donnant ä chaque individu un nom de famille etun nom de baptäme ou surnom; Linne proposa donc pour chaque corps de la nature deux noms spe-ciaux : l’un substantif ou gencrique, l’autre adjectif ou specifique. Le nom de genre, en general tiredu grec, indique les principales particularites qui caracterisent tous les corps qui y entrent; et l’autre,specifique, pris habituellement du latin, qualifie chaque individu por ce qu’il a de plus saillant, pardes circonstances qu’il rappelle, ou par le nom sous lequel il est vulgairement connu. C’est ainsique le genre Chat (Felis) renferme comme especes le Lion (Leo), la Panthere ( Parchts ), le Chat or-dinaire (Catus), rouge (rufus), etc.; que le genre Ortie (Urtica) comprend les 0. brülante ( urens ),dio'ique (dioica), etc. Mais la nomenclature ne s’arreta pas lä, eile dut employer tous les arlifices dela me’thode, et ellecomprit successivement toutes les subdivisions systematiques que nous venonsde definir; de teile Sorte qu’un etre quelconque elant donne, on arrive avec facilite ä en etudier lescaracteres, ä dire ä quel groupe nalurel il appartient, et meme, en le scrutant davanlage, ä voir s’ilest dejä connu ou s’il est nouveau. C’est lä surtout qü’on reconnait l'utilite de la methode et qu’onvoit combien eile l’emporte sur les systemes mononymiques. Mais la nomenclature en JJistoire natu-relle devrait aller plus loin et imiter la cbimie. En effet, dans cette derniere Science , le nom seul debeaucoup de composes rappelle et leurs elements formateurs et meme les proportions dans lesquellesentrent ces elements: les Sulfates, par exemple, ont pour base l’acide suifurique; les sulfites, l’a-cide sulfureux, etc. En mineralogie, quelque chose de semblable a ete tentd, mais bien timidement.En botanique et en Zoologie , rien ou presquc rien n’a ete fait dans cette voie, qui pourrait cependantdonner d’excellents resultats. Cependant nous devons dire que certains genres de llongeurs pren-nent comme radical, dans la terminaison de leurs noms, la denomination deMu;,qui sert ä designerle groupe des Rats; c’est ainsi que nous avons des Calomys, des Lagmnys, des Otomys, des Capro-mys, des Hijdromys, etc.
Apres avoir donne ces gene'ralites, dejä bien longues et cependant bien incompletes, sur l’IIisloirenaturelle, nous devons presenter successivement dansce volume un tableau general des trois regnesde la nature. Nolre travail sera partage en cinq divisions distinctes, comprenant la Zoologie , la Pliy-tologie, la Mineralogie, la Geologie et VAnthropologie ou liistoire des races Immaines. Pour les deuxpremieres de ces Sciences, nous ne donnerons que de grandes generalites, un corps de doctrines,"“car nous sommes entre dans les specialites dans les nombreux volumes de cette Encyclopedie; lestrois autres Sciences nous occuperont plus longtemps; et si nous avons place ä la fin l’Antbropologie,c’est qu’avant de faire connaitre l’IIomme nous avons cru devoir apprecier ä leur juste valeur tousles ßtres et les corps qui l’entourent, et que l’etude geologique et zoologique successive des corpsenfouis dans le sein de la terre, et tendant ä se perfectionner plus ils s’approchent de notre sol ac-tucl, nous y conduit naturellement.
i
Fi". 4 — Anima! verlebet!. — Maqncreau.