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MAMMIFERES QUADRUMANES.
n’ont que deux mamelles, qui sont pectorales comme celles de l’IIomme; iJs presentent les troissortes de dents; les orcilles ont la forme de celles de l’Homme, mais eiles s’allongent dans lesMakis; le bassin est etroit et ne permet qu’accidentellement la position verticale; ils n’ont pas dequeue, ou une queue plus ou moins longue; leur pelage est plus ou moins fourni, ä poils plus oumoins longs, mais la face et les mains sont, dans presque toutes les especes, beaucoup plus nuesque les autres parties du corps; leur taille varie considerablement depuis le gigantesquc Gorille jusqu’a FOuistiti et au Tamarin.
Par leur Organisation, les Quadrumanes se rapprochent singulierement de l’Homme, et tous leursOrganes ne different guere de ceux de ce dernier que par des proportions relatives. Cependant, sipar la forme de leur corps et par leur Station verticale ils sont une imitation de l’Homme, on voitparmi eux une degradation qui conduit insensiblement aüx Carnassiers qui vont suivre; la positiondu corps devient de plus en plus horizontale; le museau s’allonge; la queue se developpe; l’in-stinct, d’abord assez voisin d’une l'aible intelligence, se perd presque completemenl bientöt. LesQuadrumanes sont en general petulants, vifs, irascibles, gourmands, sensuels, et on ne les domineque par la crainte ou les privations; quelques-uns vivent solitaires et monogames, d’autres se trou-vent en bandes nombreuses conduites par des chefs qui imposent leur volonte aux plus faibles; lesfemelles montrent une grande tendresse pour leurs petits. Leur nourriture se compose surtout defruits, auxquels ils joigfient parfois des Insectes; en domesticite, les goüts changent, et on les voitrechercher avec avidite la viande, le vin, les liqueurs fortes, le sucre, etc.; prives de leur liberte,ils ne vivent habituellement pas longtemps, et, dans nos menageries,' ils meurent presque tous depneumonie. Ils habitent presque tous les regions intertropicales, et au moins les pays chauds; c’estexceptionnellement cju’on trouve des Magots en Europe, ä Gibraltar , et quelques zoologistes pensentmeme que l’espece y a ete importee. Mais la faune paleontologique d’Europe renferme plusieursQuadrumanes. Nous renvoyons, pour plus de details et pour la description des genres et des especes,au premier volume des Mammißres, qui est entierement consacre ä ces animaux.
Le nombre des dents incisives, la forme des ongles et quelques autres particularites ont fait par-tager les Quadrumanes en trois familles: les Singes, les Lemuriens et les Tarsiens, auxquelles nousajouterons, mais avec doute, une quatrieme famille, celle des Cheyromiens.
. l re famille, SINGES ( Simia, Linne ), avant ä chaque mäcboire quatre incisives droites, des mo-laires ä tubercules mousses, canines depassant les autres dents, fortes et exigeant un vide dans lamächoire opposee pour s’y loger lorsque la bouche se ferme; presentant des doigts ayant tous desongles plats; ä regime exclusivement frugivore. Deux sections: Calarrhiniens et Platyrrhiniens.
l re section, Catarrhimiehs, ou Singes de l’ancien continent, narines ouvertes au-dessus du nez etrapprochees l’une de l’autre par le peu d’epaisseur de la cloison qui les separe; trente-deux dents,comme dans l’espece humaine, savoir: incisives canines molaires gqj. — Deux tribus: Pri-mates et Pitheciens.
l re tribu, Primates, ou Antiiropitheques : taille et forme comparables ä celles de l’Homme; mem-bres anterieurs habituellement plus longs que les posterieurs, ce qui rend la Station bipede disgra-cieuse, difficile, la Station quadrupede oblique et genee, et ce qui montre que leur veritable positionest celle de grimper sur les arbres. — Ce sont les plus grands Singes, et ceux de tous les Quadru-manes qui se rapprochent le plus de l’Homme; peu d’especes.
Les genres qu’on admet dans celte tribu ne sont qu’au nombre de quatre, ce sont ceux des:Chimpanze {Troglodytes , Et. Geoffr.); Gorille ( Gorilla , Is. Geoffr.); Orang {Satyrus, k y G. Desm.), etGibbon ( Hylobates , Illiger).
Le Gorille, decrit co.mpletement depuis la publication du premier volume de cet ouvrage, formeun genre de Singes anthropomorphes trop important pour que nous ne lui consacrions pas quelqueslignes, quoique cela n’entre pas dans le plan de nos generalites.
Le genre Gorille (Gorilla ) est du ä M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaireet ne renferme qu’une seule