■17
MAMMIFERES QUADRMANES.
egalement de plus ou moins blanches, soit accidenteliement., soit par albinisme. Le cräne presentedes differences considerables suivant l’age ou Ie sexe; la tele, d’abord courte et arrondie, finit pardevenir tres-Iongue, avee le cräne tres-deprime et le museau tres-proeminent. Le Gorille est le plusgrand des Singes connus, et il peut atteindre et mdme depasser assez considerablement une longueurtotale de l m ,65; les femelles sont toujours plus petites que les mäles; et, s’il n'a pas toujours la tadled’un llomme, c’est-ä-dire s'il est inferieur ä un Homme ordinaire, il lui est tres-superieur par lesdimensions de la tete, du cou et du corps, et la difference de taille resulte de la brievete relativedes membres inferieurs que l’animal, en outre, tient habituellement plus ou moins flechis.
Ce Singe habite la cöte occidentale d’Afrique , au nord et au sud de la ligne äquatoriale; on l’arencontre ä peu de distance de la riviere Money; il existeaussi assez communement au Gabon , eton le trouve surtout sur la rive gauche du cours d'eau du mdme nom,. ä trente kilometres environau-dessus du village de Denis. D’apres le docteur Ford, on l’aurait pris encore plus au sud, jusqu’auCongo, et il habiterait la chaine des Montagnes de Crista], qui s’etend ä Cent milles environ dansl’interieur de la Guinee .
C’est un liabitant des forets, et il se tient eonstamment sur les arbres, oü on le voit tantöt assis,tantot grimpanl, parfois suspendu par les bras, etc. Les Gorilles vivent, assure-t-on, en troupesassez nombreuses, dans lesquelles il n’y aurait qu’un seul male adulte, car le plus faible serail tou-jours tue par le plus fort, qui veut seul dominer. Ces troupes changent parfois de Heu d’habitation,et il est probable qu’elles font souvent de veritables emigrations. Cette habitude, si eile etait bienconstatee, pourrait expliquer, jusqu’ä un certain point, comment il se fait que ces animaux, jadissignales par les voyageurs, n’ont plus ete revus pendant tant d’annees dans les temps modernes. Leregime ordinaire des Gorilles est essentiellement vegetal; ils se nourrissent de canne ä sucre, desfruits du palmier ä liuile, du bananier, du figuier, du papayer, de diverses racines, etc.; cependant,selon M. Ford, ils feraient aussi usage, ä l’occasion, de substanccs animales, ce que pourrait, jus-qu’ä un certain point, confirmer la forme et la disposition des dents des adultes. L’instinct des Go-rilles est moins developpe que celui des Chimpanzes ; il se conslruisent bien, de mdme que ces der-niers, des sortes de nids recouverts d’un toit, mais ces abris sont beaucoup plus grossierementfaits;l’eau passe assez aisement ä travers les branches et les feuilles qui constituent le toit, et l’animalne semble se retirer dans sa cabaneque la nuit, restant pendant lejour ä l’air libre, souvent exposeä la pluie et dans une immobilite complete. Le Gorille marche rarement debout, comme le Chim-panze, et, quand il est dans cette position, il se courbe en avant, avance les bras, pose ses rnainssur le sol et imprime ä son corps un mouvement moitie de saut, moitie debalancement; le plus ha-bituellement, il marche ä quatre pattes, les pieds appuyes ä plat, comme l’Homme, les cuisses plieesä angle aigu sur la jambe et les rnains ouvertes, appuyant ä terre en arriere et en dehors des pieds,les bras paralleles ä la base du corps, qu’ils supportent en arriere des pieds et non pas en avant.Mais son veritable mouvement de locomotion consiste dans l’action de monter sur les arbres,ce qu’ilfait avec une tres-grande agilite, malgre son poids enorme.
Les Gorilles ne se melent pas aux Chimpanzes ; ils n’attaquent pas les premiers l'Homme et lesanimaux; les femelles, ainsi que les jeunes, fuient meme ä l’approche de l’ennemi, mais les mälesadultes l’attendent, se precipitent sur lui, les poils du cou herisses, les narines dilatees, la levresuperieure tombante, en faisant entendre un cri de guerre assez analogue ä celui du Chimpanze , et,gräce ä leur force herculeenne, ils sont presque toujours vainqueurs. Les rencontres du Gorille avec l’Homme sont tres-rares, par suite de la terreur qu’il inspire; les negres les redoutent beau-coup et les fuient; aussi les individus que nous possedons dans nos musees proviennent-ils presquetous des chasseurs d’Elephants etablis au Gabon , ou de voyageurs europeens. Les armes europeennesne triomphent pas toujours du Gorille, et l’on rapporte que s’il n’est pas tue roide par une balle, ilsaisit le fusil, tord le cänon comme s’il ne s’agissait que d’une paille, et broie son ennemi entre sesdents ou l’etouffe dans ses bras puissants. Les Gorilles passent pour tres-dangereux aussi ä un autrepoint de vue pour les populations des pays qu’ils habitent : on les represente comme enlevant lesnegresses quand ils en trouvent l’occasion; cependant, malgre les recits nombreux des voyageurs,meine recents, ce fait est loin d’etre parfaitement demontre, Les Gorilles, comme les Chimpanze's ,sont regardes par les negres du Gabon comme des etres humains, membres de leur propre race,mais degeneres. «Quelques-uns, dit M. Savage, n’avouent pas cette maniere de voir; pour eux pre-