POISSONS EN GENERAL. j 1 5
branclnes dechaque cöte, etsept dans !a plupart des Cartilagineux; les lames branchiales sont ra-mifiees ou pectinees, et plus rarement simples. Retires de l’eau, les Poissons perissent bientötasphyxies par manque d’oxygenation, les branchies se dessecheut vite et ne peuvent plus fonc-tionner; exceptionnellement, ils peuvent rester quelque temps dans des endroits humides hors del’eau, et, par cela meme, peuvent ramper sur le sol: c’est ce que l’on remarque chez les Anguillesque l’on voit parfois dans les plaines. Ces animaux ne produisent pas de chaleur, et Ieur sang estfroid. Dans un tres-petit nombre d’especes, des Organes particuliers ontla propriete de developper del’electricite. Chez les Poissons , les sexes semblent toujours separes, mais ce n’est que par exceptionqu’il y a accouplement: les femelles deposent leurs ceufs ä peu pres au hasard, et les mäles vontensuite les feconder en deposant dessus la liqueur fecondante ou le frai. Presque tous sontovipares,et ce n’est que dans peu de cas qu’ils sont vivipares. Les organes reproducleurs mälesconsistent endeux enormes glandes appelees communement laites, et les organes femelles, ou ovaires, sont deuxsacs dans lesquels se developpent les oeufs. Chaque ponte est excessivement nombreuse, car eilepeut se composer, dit-on, de cent mille oeufs; ceux-ci, dont un grand nombre est detruit et n’arrivcpas ä la production de l’espece, sont habituellement enveloppes par une simple membrane mucila-gineuse,' ä travers laquelle la matiere generatrice du male peut penetrer. A l’epoque des amours, lesPoissons se rapprochent des cotes et entrent dans les rivieres pour les especes marines, et vont versles rives pour les especes d’eau douce. Dans quelques-uns, om a constate l’existence d’une vessieurinaire situee au-dessus du rectum et s’ouvrant au delä de l’anus et derriere l’orifice des organesreproducteurs. Les sens sont peu-developpes; le cräne est petit relativement au volume du corps, etle cerveau ne le remplit pas entierement; les lobes olfactifs sont places les uns ä la suite des autres; il ya des hemispheres au cervelet, et les circonvolutions sont peu prononcees. La moelle epiniere, peudeveloppee, est d’une nature assez molle. II existe des nerfs en assez grande abondance, mais ilssont moins distincts que chez les autres Yertebres. La peau, en raison des ecailles qui la recouvrentsouvent, est peu tactile; le toucher ne s’exerce guere que par les levres, qui presentent des appen-dices appeles barbillons. La langue est presque immobile, peu charnue, et le goüt ä peu pres nul.L’appareil de l’odoratest assez complique, parce qu’il faut surtout que l’eau destinee ä la respira-tion ne le touche pas. L’oreille, placee dans le cräne, n’a qu’un simple trou ä I’exterieur. Les yeuxsont grands, peu mobiles; il n’y a pas de paupiere, et la peau qui les recouvre est devenue transpa-rente : ces organes sont ä l’ordinaire places symetriquement des deux cotes de la tete, comme dansles Yertebres superieurs, neanmoins, dans les Poissons plots, ils sont situes d’un seul et meme cute.
La taille des Poissons varie considerab lern ent, depuis de gigantesques especes jusqu’ä de tres-petites : et, en outre, ces differences sont aussi individuelles, car l’animal a une longue vie, et lacroissance ne s’arrete pas ä l’äge de reproduction. On en rencontre dans toutes les eaux et ä toutesles latitudes. Leur patrie est plus ou moins elendue, et les migrations que font divers d’entre euxl’elargit encore considerablement. On dit que leur instinct est tres-peu developpe; cependant quel-ques faits viennent montrer que ces animaux prennent parfois des precautions assez grandes pourla bonne Conservation de l’espece, et l’on a constate que certains d’entre eux, comme lesEpinoches, soconstruisent des especes de nids. DAutres partieularites de moeurs se remarquent aussi chez diversPoissons . On sait qu’ils sont la source de plusieurs branches de commerce, et que beaucoup serventä l’alimentation de l’Homme; mais celui-ci n’est pas leur seul ennemi, car ils en ont beaucoupd’autres dans le regne animal, principalement dans leur propre classe. Comme ces etres sont utiles,on a cherche ä les propager, et teile estl’origine de l’art auquel on donne le nom de Pisciculture .
L’histoire des Poissons, ou \'Ichthyologie, est riebe en noms celebres depuis Aristote jusqu a nosjours. Nous ne citerons, parmi les naturalistes du moyen äge et de l’epoque moderne qui s’en sontoccupes, que Relon, Rondelet, Salviani, Gesner, Aldrovande, Jobston, Ray, Willughby , Artedi,Gronovius, Bloch, Linne, Gmelin , Lacepede, de Blainville, et surtout G. Cuvieret M. Valenciennes.
Un tres-grand nombre de Poissons ont ete trouves fossiles dans des terrains de differents äges, pri-maires, secondaires et tertiaires, et dans presque toutes les parties du globe. Si l’on en excepte lesLingules et les Trilobites, qui sont plus anciennes qu’eux, et probablement les Infusoires, qui ontdu preceder celles-ci, ils semblent etre les premiers habitants des eaux salees et douces qui cou-vraient les continents actuels. Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que presque tous appartien-nent ä des tvpes differents des nötres, ct que ce n’est que dans les terrains tres-reconts que l’on en