HISTOIRE NATURELLE.
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fossilifies; que dans les depöts argileux, marneux et calcaires Ce sont encore des mömes debris,principalement des poissons et des plantes, etc.
Dans les mers intertropicales, surtout dans l’ocean Pacifique, il se forme aussi des depöts de po-lypiers pierreux qui s’aggiomerent successivement les uns sur les autres, produisant d’abord desespeces de montagnes sous-marines, parviennent ensuite ä la surface des eaux, puis produisent desespeces d’ilots, devenant ä leur tour des iles plus ou moins grandes, qui se recouvrent par des de-pöts d’alluvion et d’un sol arable, sur lequel se developpent des graines apportees par les eaux, etqui deviennent ä leur tour des lieux habitables pour l’Homme. Nous avons vu que, par des causesvolcaniques, des iles d’une autre sorte pouvaient egalement naitre.
Enfin un dernier phenomene qui se rattache aux precedents donne lieu ä la creation des tour-bieres. Dans les vallees profondes, basses et marecageuses, principalement dans des eaux stagnantes,il se fait des depöts successifs de plantes qui se decomposent en ce que l’on nomme de la tourbe :ces depöts, quelquefois tres-puissants, sont surtout formes par une enorme accumulation de vege-taux aquatiques, principalement de conferves, auxquels se joignent quelques plantes terrestres,surtout pour lescoucbes antediluviennes, qui semblent renfermer d'immenses forets de plantes re-sineuses, de monocotyledones, et plus on s’approche de l’epoque actuelle, de dicotyledomis, telsque des ormes et des ebenes, et meme de quelques debris d’animaux. Ges depöts tourbeux se fontsur lous les terrains, mais surtout sur ceux de sable et d’argile. La tourbe se presente, soit en uneseule masse, soit en couehes separees par de l’argile ou par du sable. Les tourbieres se trouventpresque constamment dans les endroits creux, comme dans la vallee de la Somme, parexemple, dansla Prusse hollandaise, etc.; maison en a aussi signale dans de hautes montagnes, comme dans lesAlpes , en Auvergne, dansle Limousin, etc. Dans presque tous les cas, les depöts de tourbes appar-tiennent aux eaux douces; mais toutefois aupres des mers on en a decouvert egalement, et ceux-ci,outre des conferves, eonliennent egalement des varechs marins.
On doit appliquer aux pbenomenes geologiques anciens les faits que nous avons indiques commese passant ä l’epoque actuelle, et l’on verra que, sauf une action plus puissante, un temps presqueillimite etant donne, ils suffiront pour expliquer les immenses changements qui ont successivementet si profondement modifie la surface du globe que nous habitons : surtout si on admet avec M. Eliede Beaumont les systemes divers de soulevements, qui, par des causes peu connues, ont modificplus ou moins completement, de temps ä autre, la surface du globe, ont produit les grandes chainesde montagnes, ont deplace les masses des eaux et, des lors, ont amene des mers oü il y avait desterres, et reciproquement.
L’etat de fluidite de la terre, qui est la consequence immediale de la cbaleur centrale, a du donnerä tout le globe, pendant un laps de temps tres-considerable, une cbaleur fort elevee, et teile que lavie ne pouvait y exister; mais depuis longtemps la surface s’est refroidie, et, d’apres Fourrier, onsait qu’aujourd’hui l’inlluence ä l’exterieur de la cbaleur centrale n’est que de s * 0 de degre, et quela temperature existante depend en consequence presque exclusivement de l’action solaire. Commela terre a passe par tous les degres de chaleur depuis ceux capables de l'ondre toutes les matieresles plus refractaires jusqu’ä la temperature actuelle, eile a eu jadis une temperature capable d’effacerla difference des climats que l’on remarque actuellement; alors la cbaleur etait la meme partout; lazone torride n’etait pas plus chaude que les pöles, et ceux-ci n’etaient pas entoures de glaces. Ce quile prouve, ce sont certains debris fossiles que l’on renconlre dans les couches de la terre, et qui mon-trent qua des epoques diverses, dans un pays donne, la temperature etait jadis beaucoup pluselevee qu’elle ne l’est actuellement: c’est ainsi, parexemple, que nos houilleres et nos tourbiereseuropeennes sont formees par des vege.taux, tels que des cicadees, des equisetacees, des fougeres,tous arborescents, qui ne croissent plus actuellement que sous la zone torride, et que par-dessuseuxse trouvent des debris de dicotyledones assez voisinsde ceux de notre flore actuelle; que desmadrepores actuellement tropicaux se rencontrent en fragments fossiles dans des calcaires d’Europe et dans des depöts pres des pöles, au-dessous des terrains secondaires, etc.
Par suite du refroidissement de la masse fluide du globe, des portions solides se sont formees;celles-ci ont eprouve des retraits, des dislocations, des divisions, des soudures, etc., et, prenant deplusen plus d’epaisseur, ont du produire des bourrelets, des especes de montagnes et de vallees,et dans ces dernieres, les eaux provenant des vapeurs, tres-abondanies alors, de l’atmospbere, ont