du produire les premieres eaux, los premieres mers. Ges eaux, surtout ä cause de leur haute tem-perature, ont agi vigoureusement sur les roches deja forrnees, et des Sediments, dans lesquels iln’y a naturellement pas de fossiles, se sont formes. L’etat ä peu pres stationnaire est arrive : maistoutefois, comme la masse interieure tend journellement a se refroidir, il y a encore des retraitsterrestres plus ou moins manifestes: tel est, meine encore aujourd’hui, la cause des tremblementsde terre, et möme probablement aussi celle des divers soulevements. Lorsque la couche terrestreetait peu considerable, les eaux thermales devaient etre beaucoup plus abondantes qu’elles ne le sontaujourd’hui, et l’on comprend facilement comment se produisent celles qui existent encore actuel-lement.
Les divers depöts de Sediments que l’on observe dans la couche terrestre doivent etre etudiesavec soin. Les amas de cailloux roules, de sables, de limons, etc., que l’on trouve dans ces diversdepöts, nous monlrent que jadis ont du exister des montagnes qui ont ete detruites par l’action deseaux et qui sont venues se deposer par couches dans leurs profondeurs. D’apres leur nombre plusou moins considerable, d’apres leur disposition, on peut concevoir la force des vagues qui a du lesentrainer. Puis les nombreux debris fossiles viennent encore pour guider, pour nous faire reeon-naitre, d’apres la nature meine de ces depouilles, si c’est dans les eaux douces ou dans les eaux ma-rines que ces divers depöts se sont formes. Des Iors on comprend l’immense utilite de bien etudierles fossiles vegetaux et animaux, et combien la Paleontologie devient de plus en plus une Scienced’une tres-grande utilite.
Les depöts d’eau douce sont reconnaissables surtout aux coquilles qu’on y trouve, qui sont ana-logues en grande partie ä celles des genres actuellement vivants, et parfois, quoique plus rarement,möme ä nos especes. Tels sont des debris, des empreintes ou des moules de limnes, de planorbes,d’helices, d’unio, d’anodontes, etc. : il n’y a pas de polypiers, d’echinides, ni d’autres productionsmarines. Ces depöts se trouvent partout et se forment journellement. On peut citer parmi ces depötsles calcaires de l'Auvergne et de la Limagne; les meulieres et les calcaires des environs de Paris ; lestravertins ou tufs calcaires d’une partie de l’ltalie et du midi de l’Europe , que l’on a signale aussi äSansan (Gers ), etc.
Les depöts marins se distinguent principalement par des debris de polypiers, par des echinides etdes encrines, par des coquilles de cerites, de murex, d’huitres, de nautiles, par des ammoniteset be-lemnites (groupes actuellement perdus), etc. Ces depöts se sont formes lentement, et les debris qu’ilsrenferment ont ete pris dans les lieux qu’ils habitaient: ce qui fait que la cause qui les a produitsautrefois forme encore actuellement des depöts semblables. 11s sont tres-abondants et d’äges tres-differents: ils forment la pierre ä bätir des environs de Paris et de nombreuses couches du sol re-pandues sur presque toute la surface du globe.
Les depöts charbonneux ont ete produits par des debris accumules de vegetaux et se rencontrentegalement presque partout. Ces depöts ont düs se former par des amas de plantes enfouies dans lesol, et parfois meme, comme dans les lourbieres, par des arbres en place, qui ont ete enlaces parde nombreux fragments d’autres vegetaux apportes par les eaux. Ces depöts, en raison de leurepaisseur, souvent tres-considerable, ont du se faire tres-lentement, car, dans lesconditions aetuelles,il ne peut se produire que 0 m ,016 de ces depöts en un siede, mais jadis les memes causes n’exis-taient probablement pas, et leur formation a pu etre plus active : la Vegetation etait plus riebe, lachaleur plus grande, la production d’aeide carbonique beaucoup plus considerable, etc. Les depötscharbonneux d’une partie du centre de la France montrent bien qu’ils ont du se produire dans desamas d’eau peu profonds, mais il n’en est plus de meme dans les houilles et les lignites du nordde la France et de la ßelgique, qui sont en couches tres-puissantes et tres-prolongees, quoique en-trecoupees par des calcaires marins, ce qui montre qu’ils ont dü etre formes dans une vaste mer.Ces depöts sont fluviaux ou marins, rarement accompagnes de coquilles: ils presentent une floretres-variee, et montrent qu’ä une epoque excessivement reculee notre sol produisait des acotyledonesarborescents de tres-grande taille, des fougeres, des pahniers, des equisetacees, etc., que l’on neretrouve plus aujourd’hui que de taille beaucoup moins grande et seulement dans les regions lesplus chaudes de la terre; en meme temps apparaissent quelques dicotyledone's plus voisins desnötres, et ce n’est que dans certaines tourbieres que la Vegetation se rapproche beaucoup plus dela nötre.