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ANTHROPOLOGIE.
genre place seul dans l’ordre des Bimanes, et il n’admit aussi qu’une seule espece ayant trois Va-rietes bien tranchees : la blanche ou caucasique, la jaune ou mongolique, et la noire ou ethiopique;mais il ajoute qu’il ne sait trop ä quelle Variete doivent appartenir les Malais, les Papous et lesAmericains. Dans la race caucasique, G. Cuvier admet trois tribus: les Armeniens, les Indiens et lesTartares: il fait deriver des premiers les Assyriens, lesChaldeens, les Arabes , les Pheniciens, lesHebreux, les Abyssinset les Egyptiens; de la tribu indienne decouleraient les races sanskrites, lesanciens Persans, les Ilindous, et les Pelasges, d'oü sont sortis les Celtes , les Grecs et les Latins; larace gothique, d’oü derivent les Allemands, les Ilollandais, les Anglais, les Danois et les Sue-dois, etc.; et la race sclavonne, mere des Russes , des Polonais, des Bohemes et des Venetes; enfinde la tribu tatare ou scythe, auraient pris naissance: les Parthes , les Turcs, les Finlandais et lesHongrois. Dans la race mongole ou alta'ique, il comprend les Kalmouks, Mantcboux, Japonais , Co-reens et Sibiriens, et, dans ces derniers, les Samoiedes, les Lapons et les Esquimaux. Dans la raceethiopique enfin, principalement les Negres ou Africains. L’Arnerique aurait ete peuplee originai-rement par des peuples des races caucasique et mongolique, et l’Oceanie par des peupladesderive’s,soitde la race ethiopique, soit de la race mongolique. Cette Classification, qui semble tres-simpleau premier aspect, n’est pas d’aceord avee les observations des voyageurs, surtout en ce qui con-cerne l’Amerique et l’Australie , aussi est-elle, au moins, considerablement modifiee aujourd’buidans les divers travaux des anthropologistes.
Yirey (Histoire naturelle du Genre humain, 1824) divisa le genre humain en deux especes d’a-pres la mesure de l’angle facial propose par Camper: la premiere mesurant 85° ä 90°, et la seconde-de 75° ä 82° seulement; chacune de ces coupes comprend trois races: la premiere les races blanche-,basanee et cuivreuse, et la seconde les races brun fonce, noire et noirdtre. Cet angle facial est in-dique par une ligne menee du front ä la mächoire superieure et tombant sur les dents incisives, ets’inclinant de plus en plus en arriere ä mesure qu’on passe de l’Homme blanc ä l’Homme noir, etde celui-ci ä la brüte, ou bien, en d’autres termes, il indique qu’il y a progres gradue en s’elevantdu Singe ä l’Homme noir, et de celui-ci ä l’Homme blanc; mais Blumenbacb a montre que la tetehumaine etait susceptible d’acquerir tant de formes differentes dans les parties qui la composent,qu’il n’etait pas possible de s’en tenir ä la regle de l’angle facial, qui cependant plus il est ouvertplus il montre un grand'developpement du cerveau.
C’est donc ä Virey, avec ses distinctions specifiques, que commence l’ecole philosophique sou-tenue depuis par les theories phrenologiques de Gail et de Spurzheim , qui nierent l’unite de l’especehumaine : ce qu’avait fait longtemps auparavant Ilippocrate, lorsqu’il disait que les races humainesötaient filles de la contree sur laquelle elles s’etaient developpees. Aussi bientot les naturalistes nese contenterent plus de ces divisions peu nombreuses. Desmoulins ( Histoire naturelle des Raceshumaines , 1826) porta ä dix le nombre des especes, auxquelles il assigna les noms de ; Celtcr-scyth-arabes, Mongols, Äthiopiens, Euro-africains, Malais ou Oceaniques, Lapons , Negres-ocea-niens, Australasiens, Colombiens et Americains, et il decrivit vingt-deux races. Bory de Saint-Vincent ( L’Homme, essai zoologique, 1827) proposa encore un plus grand nombre de races etde divisions: il admit treize especes: la Japetique, subdivisee en quatre races; YArabique, que com-posent deux races; la Sinique; YHyperboreenne; la Neptunienne, diviseeen trois races; YAustrala-sienne; la Colombique; YAmericaine; la Patagone; YEthiopique; la Cafre; la Melanienne et laHottentote .
Le geographe Malte-Brun ( Geographie universelle) enumere seize races, celles auxquelles ilassigne les denominations de : polaire, finoise, sclavone, gothico-germanique, occidentale del'Europa, grecque et pelasgique, arabe, tarlare et mongole, indienne, malaise, noire de l’oceanPacißque, basanee du grand Ocean, mauve, negre de l’Afrique orientale et americaine. La voie■etait ouverte pour la division a l’infmi des Varietes humaines, et les auteurs qui suivirent, Fischer,Pritchard (Histoire naturelle de l’Homme, traduit de l’anglais , 1845), Förster, Lesson (Suites äRuffon et Species des' Mammißres bimanes et quadrumanes, 1841), Garnot, Dumont dCrville(. Memoires sur les Oceaniens), Quoy et Gaimard, d’Omalius d’Halloy (Des Races humaines, 1845),Isidore Geoffroy, F. W. Edwards (Des Races humaines), etc., augmenterent de plus en plus lenombre des races et des familles, danslesquelles ilsles subdiviserent de tellesorte qu’une grande con-fusion est resultee de toules ces nomenclatures differentes, et que la synonymie y est tres-difficile-