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Sur la zoologie et la phytologie. Minéralogie - Géologie - Races humaines.
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ANTHROPOLOGIE. 231

poids naturel de l’autre, et que ces extremes de misere et de felieile ue sont que des oscillationscorrespondantes, qui agitent tour ä tour les hommes; mais ils seraient plus satisfaits peut-Stre deracheter cette exislence tumultueuse par un sort plus tranquille. La nature a donne ä la race hu-maine, de plus qu’aux animaux, une faculte spirituelle, qui est pour nous Ie fruit de la Science dubien et du mal; eile nous a rendus capables d’impressions plus profondes et plus penetrantes: pareette voie, eile a verse sur nous, sans mesure, la coupe des plaisirs et des peines... Ce qui distingueeminemment l’Homme de tous les autres etres, ce sont ses qualites exorbitantes de domination et deservitude, de bonheur supreme et de misere insupportables, de science et d’ignorance, enfin devertus et devices, parlesquels il est ä la fois la gloire et l’opprobrede la terre... L’Homme-est unötre excessif en toutes choses; il Test par ses facultes corporelles, qui surpassent, en general, cellesdes animaux et des plantes; il l’est surtout par ses forces morales et intellectuelles, qui lui ont con-quis le sceptre de la terre. LTIomme reunit toutes les qualites extremes des regnes organises; onpeut dire qu’ilesten quelque Sorte leur cerveau, Ieur partie pensante et sensible par excellence;tandis que les autres especes en composent le corps ou la masse brüte. De mäme que le cerveauest forme pour diriger Peconomie vivante de chaque individu, le cerveau des corps organises, quiest la race humaine, est etabli par la nature comme un supreme moderateur, pour faire regner enlreeux une sorte d’equilibre et de Subordination..-! Mais l’Homme n’est qu’un instrument necessairedans le Systeme de la vie; tout ce qui existe n’est donc pas forme exclusivement pour son bonheur;et, s’il est le plus puissant, le plus parfait de tous les animaux, c’est afin d’etre Ie centre d’action,le mobile commun auquel viennent aboutir toutes les forces particulieres. De mSme que les souve-rains sont institues pour faire le bonheur des peuples, l’Homme a ete etabli le chef de tous les etrespour faire leur bien en general; et il serait egalement faux de pretendre que les sujets fussent for-mes expres pour le souverain, et que toute la nature ait ete creee exclusivement pour l’Homme. LaMouche, qui Pinsulte, le Yer, qui devore ses entrailles, le vil Ciron, dont il est la proie, sont-ilsnes pour le servir? Les astres, les Saisons, les vents obeissent-ils aux volontes de ce roi de la terre,aliment d’un freie vermisseau? Quelle demence de croire que tout est destine ä notre felicite, quec’est l’unique pensee de la nature! Les pestes, les famines, les maladies, les guerres, les passions desHommes, leurs infortunes et leurs douleurs, prouvent que nous ne sommes pas plus favorisesauphysique que les autres etres; que la nature s’est montree equitable pour tous, et que, pour dtreeleves au premier rang, nous ne sommes pas ä l’abri de ses lois; eile n’a fait aucune exception;eile n’a mis aucune dislinc-tion entre tous les individus; et les rois, les bergers, naissent et meurentcomme les fleurs et les animaux. LTIomme physique n’est donc pour eile qu’un peu de matiere or-ganisee qu’elle change, transforme ä son gre, qu’elle fait croitre, engendrer, perir tour ä tour. Con’est pas l’Homme qui regne sur la terre, ce sont les lois de la nature, dont il n’est que Pinterpretoet le depositaire; il tient d’elle seule l’empire de vie et de mort sur Panimal et sur la plante; mais ilest soumis lui-meme ä ces lois penibles, irrevocables; et toute la puissance de la terre, toute la forcedu genre humain, se tait devant la presence du Maitre eternel des mondes.»

Yirey, dans plusieurs de ces passages, a trop donne ä la puissance de l’Homme, et il Pa fait em-pieter sur celle de Dieu . Laissons Daubenton repondre ä ces paradoxes. « Distinguez, dit-il,l’empire de Dieu du domaine de l’Homme. Dieu , createur des dtres, est le seul maitre de lanature; l’Homme ne peut rien sur le produit de sa creation; il ne peut rien sur les mouvementsdes corps celestes, sur les revolutions de ce globe qu’il habite; il ne peut rien sur les animaux, lesvegetaux, les mineraux en general; il ne peut rien sur les especes, il ne peut que sur les individus,car les especes et la matiere en bloc appartiennent ä la nature, ou plutöt la constituent; tout sepasse, se suit, se succede, se renouvelle et se meut par une puissance irresistible; l’IIomme, entrainelui-meme par le torrent des temps, ne peut rien pour sa propre duree; lie par son corps ä la ma-tiere, enveloppe dans le tourbillon des Stres , il est force de subir la loi commune, ilobeitä la m@mepuissance, et, comme tout le reste, il nait, croit et perit. »

Quelques details sur lTIomme sont encore necessaires avant de le considerer dans ses races auseul point de vue du naturaliste.

On a souvent evalue, d’apres les anciens geographes, le nombre total des Hommes vivants sur laterre h environ un milliard; mais rien n’est plus incertain que la plupart des calculs sur lesquels cenombre a ete etabli, surtout en ce qui concerne les pays etrangers ä PEurope, oü souvent nul con-