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HISTOIRE NATURELLE.
trole, nulle verification gouvernementale ne peut venir donner de documents positifs. D’apresM. Adrien Balbi, dont les evaluations semblent reposer sur des faits connus et sur les induc-tions les plus probables, l’espece humaine compterait un peu plus de 770 millions d’individus:sur ce nombre, l’Europe en aurait un peu moins de 222 millions; l’Asie , 400 millions; FA-frique, 80 millions, et l'Amerique ainsi que l’Oceanie, chacune 30 millions. On trouvera dans lestraites de geographie des details plus circonstancies ä ce sujet, et l’indication du nombre des habi-tants de chaque pays, surtout en ce qui concerne l’Europe ; nous ajouterons seulement que laFrance, en y comprenant les nouveaux departements de la Savoie, de la Haute-Savoie et des Alpesmaritimes , nouvellement annexes ä l’Empire, renferme environ 40 millions d’habitants. Disons aussique l’etat de civilisation a augmente considerablement le nombre des Hommes, et qu’ils sont, älepoque actuelle, trois fois plus nombreux qu’ä celle de la plus grande puissance de l’einpireromain. Les institutions politiques elles-memes semblent influer sur cet accroissement de popula-tion : on dit que les Etats jouissant d’une sage liberte ont une population plus nombreuse que lesmonarchies despotiques, et Fon eite ä l’appui de cette assertion Faugmentation du nombre des ha-bilants de l’Amerique depuis son affranchissement, et celui de la France depuis la Revolution,
Les anciens pensaient que la zone torride, embrasee des feux du soleil, etait la limite du mondchabitable, mais cette erreur s’est eclipsee avec beaucoup d’autres depuis les decouvertes de Chris-tophe Colomb et de Vasco de Gama . Les navigateurs et les voyageurs ont trouve des habitants danslesclimats les plus brülants et dans le voisinage des pöles, sur les cötes les moins abordables, etdans les iles qu’un immense ocean semblait separer du reste du monde. Au nord, le Spitzberg, laNouvelle-Zemble et la plupart des iles et archipels decouverts ä l’ouest de la baie de Baffin ; au sud,la Nouvelle-Georgie, la terre de Sandwich, les iles Malouines ou de Falkland, celle de Kerguelen , lenouveau Shetland meridional et les nouvelles Orcades ; et, sous l’equateur, les iles Gallapagos sontles seuls pays d’une etendue remarquable qui se soient trouves sans habitants y restant constam-ment. La terre est donc, ä peu d’exceptions pres, la patrie de l’Homme. Celui-ci Supporte tous lesclimats, et ses habitations s’etendent jusqu’aux derniers confms de la nature animee. Les Esqui-maux du Groenland vivent jusque sous le quatre-vingtieme degre parallele. A l’autre extremite duglobe, la sterile terre de feu nourrit les pauvres Petelieres. Le nouveau monde, quoiqu’en generalmoins peuple que l’ancien, est babite d’un bout ä l’autre. Dans Fanden continent, les habitationsde l’Homme forment un ensemble qui n’est interrompu que par des plaines sablonneuses impropresä la culture, et, au milieu meme de ces deserts, l’Homme a peuple les oasis, les iles de verdureeparses dans un ocean de sable. Dans le nouveau monde, il y a encore de tres-vastes continents, detres-grandes terres, mais aussi on y rencontre surtout des iles innombrables eparses dans de vastesmers.
Les bornes de la vie dans l’espece humaine varient suivant le climat, les localites, les professions,Felat d’aisance et de pauvrete, celui de la civilisation, la vie active ou sedentaire, et suivant lessexes. La dure'e naturelle semble etre l’äge de quatre-vingts ä quatre-vingt-dix ans; peu d’IIommes,en effet, vont au delä de ce terme, et Fon eite comme des cas exceptionnels les individus mortsayant plus de Cent ans. La France en a fourni quelques cas rares : eile a eu, ä Brest , Jean Causeur,qui a vecu cent dix ans; FAngleterre a eu son Henry Jenkins, mort ä cent cinquante-sepl ans, ettrois ou quatre autres decedes de cent cinquante ä cent soixante-neuf ans; la Ilongrie a donne lejour au fameux Pierre Czarton, qui a prolonge sa carriere jusqu’ä cent quatre-vingt-cinq ans, et äJean Bovin, age de cent soixante-douze ans, qui avait une femme de cent soixante-quatre ans et unFils cadet de cent dix-sept ans; les voyageurs indiquent aussi des nögres et des sauvages centenaires.Mais, comme le demontrent nos statistiques europeennes, la moyenne de la vie est generalementfixee entre vingt-huit et trente-six ans, et la mortalite est d’aulant plus grande que l’individu estplus jeune: en d’autres termes, l’IIomme a plus de chances d’existence ä l’äge adulte que dans lecommencement de sa carriere. Les pays de montagnes, les plaines unies et elevees sont en generalfavorables ä la longevite; tandis que les vallees, les lieux humides, etc., sont, au contraire, ceuxdans lesquels la vie semble la plus courte. C’est ainsi que les pays qui offrent le plus d’exemples delongevite sont : la Suisse, l’Ecosse, l’Irlande, la Suede, le Dänemark, la Hongrie, la Norvege et laRussie; que l’Italie, FEspagne et la France sont moins bien favorisees sous ce rapport, et que FAn-gleterre, de toute l’Europe , est le pays dans lequel la vie est la moins prolongee en moyenne. La