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HISTORIE NATURELLE.
Mais on rencontre aiileurs et en grand nombre des peuples qui offrent le meme facies et qui, peut-etre, par leur grande importance, auraient plusque les Caucasiens le droit de donner leurnom äla variete qu’ils representent. On a admis ä tort que tous ces peuples sont descendus des hauteursdu Caucase: d’abord rien n’autorise ä croire que les montagnes ont ete le premier sejour despeuples, car il est plus probable que c’estau pied de celles-ci, dans des lieux qui offrent plus deressources pour l'alimentation qu’ils ont pris naissance; puis, ici en particulier, les peuplades ac-tuellement repandue's sur les diverses parties habitables et aux diverses limites du Caucase, serablentd’origines diverses et etrangeres: les unes sont turques., comme les Basians et les Chumyks, tribusbabitant l’interieur du pays; les autres paraissent se rapporler ä la souche ariane, comme les Os-setes, et peut-etre les Georgiens; d’autres encore se rattachent aux soucbes siberiennes. On doit doncpenser que la region caucasique, loin d’avoir ete le berceau de la variete qui en porte habituelle—ment le nom, fut peuplee, ä diverses epoques, par des hordes etrangeres en voie de migration, ouqui y chercbaient un refuge apres une defaite, de meme que cela semble probable pour les Alains,qui auraient ainsi eterejetes de la Germanie barbare. « S’il fallait determiner, rapporteM. Hollard,non le premier berceau, mais le siege des premiers etablissements des peuples du type caucasien,les lieux oü ces peuples ont commence leurs grandes vies nationales avec les diverses civilisationsqui les caracterisent et les influences qu’elles ont exercees sur lTIomme physique,nousserions con-duits par l’histoire, comme par l’induction rafionnelle, ä placer ces etablissements sur les rives desgrands fleuves qui arrosent les heureux pays situes au voisinage de la mer des Indes et de la Medi-terranee. Les ethnographes nous montrent lä trois antiques famiiles, d’oü semblent deriver, selonPritchard, au moins tous les peuples de notre type, et, peut-etre, ceux des autres : au centre, lafamille arameenne ou semitique, qui a laisse ses monuments les plus anciens dans les vallees de laMesopotamie; ä l’ouest, la race egyptienne, qui a prospere dans la riebe vallee du Nil ; au sud-est, larace ariane, etablie ä droite et ä gauche de l’lndus. » Nous admettrons plus de subdivisions quenous n’en avons indique, mais auparavant nous devons donner les caracteres generaux du type cau-casique.
La tete a une forme arrondie; le eräne est assez regulierement ovo'ide et le front, tres-eleve, do-mine completemenl la face: celle-ci ne faisant saillie ni en avant par la projection de la mäcboire,ni sur les cötes par le developpement des pommettes; le visage est o.vale, ä traits mediocrementprononces, et offre : des yeux horizonlaux, ouverts, ä fleur de tete, plus ou. moins largement de-couverts par les paupieres; un nez droit, plus saillant que large; une bouche petite ou mediocre, älevres generalement minces; des dents rangees verticalement sur les maxillaires; une barbe fournie;des cheveux longs, fins, droits ou boucles, lisses. La peau, en general blanche et ä derme incolore,varie toutefois dans sa coloration, suivant l’action des agents exterieurs, des climats, deshabitudeset du temperament: eile peut etre d’un blanc rose ou d’une teinte plus ou moins foncee et bru-‘nätre. Cette couleur de la peau, de m&me que celle des cbeveux et des yeux, varie suivant les fa-milles ou agglomerations de peuples presentant une grande analogie entre eiles, et qui, par lä, sedistinguent des rameaux, qui sont la reunion des famiiles qui se ressemblent assez pour ne paraitreetre que des divisions principales des races, qui, elles-mhnes, par leurs rapports nombreux,. for-ment les Varietes ou les types. La variete blanche ou caucasienne, la plus belliqueuse et la plusmobile de toutes, est, depuis la plus haute antiquite, celle dans laquelle la culture intellectuelle etmorale est le plus avancee, et c’est encore aujourd’hui celle dans laquelle la civilisation est le plusavancee et le plus progressive. Cette variete, que Bory de Saint-Vincent comprend dans ses peuplesleiotriques ou ä cheveux unis, a fonde de grandes nationalites et a soumis toutes les autres racesä son joug, soit par la guerre, soit par ses arts, soit par ses actes politiques: c’est celle qui s’eloignele plus de l’etat de nature; c’est la plus ambitieuse et la plus avide; celle qui a le plus de besoins:peut-on dire que ce soit la plus heureuse? G’est dans son sein que sont nees les religions les plusrepandues, le judai’sme, le ebristianisme et le maliometisme; mais on doit aussi ajouter que c’estchez eile qu’ont pris naissance les Sciences pbilosopbiques, qui, en voulant tro'p expliquer la naturedes choses, en sont arrivees au neant et jusqu’ä nier parfois la puissance creatrice et l’existencede I)ieu.
Les trois subdivisions qu’on y forme sont, comme nous l’avons dit, les rameaux caucasique, se-mitique et scythique.
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