ANTHROPOLOGIE. — TYPE BLANC. 243
tandis que vers le milieu il s'abaisse en ligne droite pour se terminer par une base horizontale. Lesbustes de la plupart des empereurs romains, et surtout ceux d’Auguste, dePompee, de Tibere , deGermanieus, de Claude, de Neron, de Titus , etc., offrent tous ces caracteres dans toute leurnettete.E11 general tous les Ilommes de cette race ont la taille moyenne, le corps assez puissant, les che-veux et les yeux noirs, et la peau d’une coloration brune avec Variation d’intensite.
Au sud et sur lerevers oriental de l’Apennin , se retrouvent les vrais types grecs; au nord abon-dent et predominent les figuresgauloises; dans la Toscane et les contrees voisines on rencontre plusd’un descendant de ces anciens Etrusques venus probablement, comme nous l’avons dit, de la Greceseptentrionale, et dont les forrnes pleines, arrondies, un peu lourdes, sont conservees sur les cou-vercles de leurs sarcophages. Mais on doit faire remarquer qu’en Italie , plus peut-Stre qu’ailleurs,une assez grande confusion de races se presente. Melanges aux Geltes et aux Franks , les Latins ontdonne le jour aux Romans, puis au peuple francais; avec les Arameens et les Celtes , et plus tardavec les Maures, au peuple espagnol ; les Yalaques ou Roumouinis, repandus dans les provincesunies de la Valachie et de la Moldavie, sont le resultat du melange des Latins et de Grecs avec lesSlaves qui habitaient primitivement ces pays, et quelques auteurs les regardent plutöt comme of-frant encore les types purs des anciens Ärcadiens dont ils occupent le territoire : leur religion estle christianisme du rit grec. Les Italiens actuels sont le resultat du croisement des Latins avec lesCeltes , les Gaulois, les Visigoths, les Vandales, les Huns, lesHerules, les Ostrogoths, les Normands,les Lombards, les Franks , qui conquirent successivement quelques parties de ITtalie. La languelatine, si admirable et si perfectionnee surtout par les emprunts quelle fit au grec, a disparu au-jourd’hui; mais la langue italienne actuelle, si remarquable par son euphonie musicale, et quicompte denombreux dialectes, en est en grande partie derivee; la langue francaise , la langue es-pagnole et un dialecte appele langue franque, parlee dans plusieurs parties de TOrient, et qui est unmelange d’italien et de rouman, sont egalement nes du latin ancien.
Malgre tous ces elements heteroclites les Italiens doivent constituer unenation bien distincte; c’esten vain que la politique a voulu y former des subdivisions territoriales contre nature. L’Autriche nepeut venir rompre Turnte de la nature: Yenise et son territoire ne peuvent rester en dehors de lafraternite italienne. Aujourd’hui que les nationalites de clocher, que les Souvenirs du moyen ägeont heureusement disparu, un seul corps de nation, un royaume unique doit se former en Italie ,depuis la base des Alpes jusqu’aux confins les plus meridionaux de la Peninsule . C’est notre voeuau moins : le prenons-nous pour une necessite? La disposition geographique generale du pays,Torigine premiere de la race latine, une meme langue, une religion uniforme, nous semblent desarguments puissants en faveur de Tunite italienne. Ces populations presque exclusivement confi-nees en Italie (si nous en exceptons toutefois les anciens voyages maritimes de Yenise), sans colonieslointaines, professent exclusivement le catholicisme. Rome , la demeure des papes, est la metropoledes chretiens: l’autorite papale doit regner par la religion; mais a-t-elle gagne ä devenir une puis-sance. temporelle? Les Italiens ont Timagination vive, Tintelligence dirigee vers les beaux-artsde leurs ancetres; leur genie guerrier s’est endormi longtemps apres avoir brille d’un si vif eclatdans Tantiquite; mais le reveil a lieu : Tesprit de Tindependance a fait des prodiges aussi bien auNord, dans le Piemont, qu’au Midi, en Sicile : la nationalite naitra. Des differences de moeurs seremarquent dans les populations de ITtalie en raison des contrees qu’elles habitent, et il faut s’enprendre ä la chaleur du pays, ä la facilite de la vie, et ä des circonstances particulieres, pourexpliquer la mollesse, la nonchalance du peuple napolilain et, le dirons-nous, L’abrutissement decelui de Rome .
Bory fait observer que les races du type caucasique que nous venons d’etudier, et dont il fait ungroupe particulier sous la denomination de gens togata, sont eelles dans lesquelles on porta de touttemps des vßtements larges, eelles dans lesquelles les moeurs ont generalement subordonne lesfemmes aux hommes jusqu’ä les rendre esclaves, et eelles dans lesquelles la tete devient, par l’effetde Tage, le plus souvent chauve par le front; tandis que dans les deux grandes races celtique et leu-tone du meme type qu’il nous reste ä passer en revue, et qu’il appelle gens braccata, des vetementse'lroits qui sont äujourd’bui generalement adoptes, les moeurs ont subordonne souvent jusqu’ä la fai-blesse les bommes aux femmes, et la tete devient, avec Tage, plus communement chauve par levertex.