ANTHROPOLOGIE. — TYPE BLANC. 247
rique; toutes ces migrations, lo melange considerable entre les vainqueurs et les vaincus, les in-lluences climateriques et beaucoup d’autres circonstances qu’il serait trop long d’enumerer ontmodifie le type primordial d’une maniere si grande qu’il serait aujourd’hui presque impossible dele retrouver, et que l’idiome primitif a donne lieu möme ä la formation de plusieurs langues.
Cependant c’est dans l’Allemagne actuelle, dans la Prusse orientale et sur la rive droite duRliin, surtout en Hollande que le sang germain domine encore le plus. Les Allemancls de nos jourssont grands comme leurs ancetres, d’un temperament flegmatique et lymphatique, mous dans leurstissus, replets, dcvenant souvent tres-gros; lympbatiques et d'un blane mat, ils ont toutefois le teintanime; leur face est arrondie; leurs yeux sont habituellement bleus; leurs cheveuxtres-fins, souventbruns, tandis que le type originaire blond des chevelures s’est mieux maintenu en Angleterre; bienproporlionnes, forts; taciturnes, supportant patiemment les plus grandes fatigues et la douleur;braves, ils font debons soldatssous les lois d'une discipline severe. Les femmes sont grandes, re-marquables par la fraicheur de leur carnation et l’ampleur des formes; leurs traits sontadmirable-ment representes par les peintures de l’ecole flamande; eiles sont rarement nubiles avant Page deseize ä dix-sept ans. Les Allemands sont portes au mysticisme, aux reveries; leur litterature aime levague: cependant on doit dire qu’ils ont eu des poetes et des historiens celebres, et que les Sciencesleur doivent des decouvertes remarquables, surtout en ce qui demande une grande patience.
Les peuples qui, de la meine origine, se rapprochent le plus des Allemands , sont les Hollandais,les Flamands, et peut-etre ensuite les Anglais et Ecossais, quoiqu’on remarque chez eux de grandesdifferences, plus ou moins manifestes meme entre les uns et les autres, et qu’il y ait de nombreuxmelanges dus aux peuples dont ils ont pris le territoire. Les Anglais et les Hollandais sont essentiel-lement navigateurs et commercants; ils aiment les arts mecaniques, et, sous ce rapport, les premiersd’entre eux sont les plus avances de tous les peuples. Les Flamands ont ou de grands peintres; lesAnglais n’ont jamais briIle dans la peinture ni la sculpture; en revanche, ils possedent une riche lit-.terature, et leurs relations avec tous les points du globe leur ont permis de devenir de bons natu-ralistes. Les Hollandais et les Anglais , surtout ces derniers, ont fonde de nombreuses et puissantescolonies lointaines : celles d’Amerique , qui se sont emancipees ä la fin du siede dernier, et cellesdes Indes et de l’Australie. Dans les Etats britanniques il existe une langue ecrite, l’anglais ; undialecte particulier, lecossais; quant ä l’Irlandais, il a conserve l’idiome gaelique, et le kymrvquese retrouve dans le pays de Galles . En Hollande, on parle et on ecrit le neerlandais, qui a troisdialectes speciaux : le hollandais, le flamand et le frison. L’allemand se rapproche de la langue pri-mitive teulone.
Les anciens Scanclinaves, qui ont donne le jour aux Danois, aux Suedois , aux Norvegiens , auxIslandais et liabitants des lies Feroe, pratiquaient la religion d’Odin , avaient des chants hero'iquesou sagas, une mythologie aussi riche que celle des anciens, etc. Un climat plus septentrional, pourplusieurs d’entre eux, que leur climat primitif meme; une nourriture qui ne pouvait plus etrepresque composee que de plantes, de poissons et rarement d’une chair plus substantielle; une tem-pörature qui les force de rester entasses les uns contre les autres dans des retraites couvertes deneige pendant pres de six mois par an, durent les modifier profondement. Les Islandais, comme lesGroeniandais, dont nous parlerons ailleurs, sont doux, se livrent ä la peche et ä la cbasse pendantla belle saison; leurs mceurs sont beaucoup meilleures que celles des peuples plus favorises par latemperature, et leur intelligence se developperait facilement sous l’influence de la civilisation, sicelle-ci avait le courage d’affronter leurs glaces presque perpetuelles.
La plupart des principaux Etats que Fon remarque sur les territoires habites par la masse gene-rale des peuples de race teutone sont plutöt politiques, c’esl-ä-dire arbitraires, que geograpbiquesou etablis par des affinites antbropologiques. L’Autriche, sans parier de ses sujets de la Venetie ,regne sur les Slaves dans la Ilongrie et la Bohöme, et sur d’autres peuplades d’origine allemande, etparle plusieurs langues. La Prusse n’est pas plus homogene, et il en est de meme de quelques autresprincipautes allemandes. La Hollande olfre aujourd’hui un ensemble de peuples d’origine commune,depuis que la Belgique, peuplee par d’anciens Gaulois , s'en est separee. Les trois subdivisions duroyaume britannique, l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande , ne sont pas unies par des mceurs, desreligions et des langues sembiables. Un lien commun cependant existe pour les types les mieux eon-serves de la race teutone, pour les Allemands, et ce lien reside dans la Confederation germanique .