ANTHROPOLOGIE. — TYPE JAHNE. 9ß7
moyens de destruction n’ont pas ete portes ä ce point que, bientot peut-6tre, l’electricite, donnantie pouvoir de detruire d’un seul coup des regiments entiers, des forteresses presque indomptables,rendra, il laut l’esperer, ia guerre impossible. Notre humanite, notre Philanthropie est plusgrandeet n est pas personnelle comme chez les Chinois; et ce n’est pas dans nos pays que l’on verrait,soit par pauvrete, soit pour conserver la race plus parfaite, de pauvres enfants voues ä la mort aumoment de leur naissance.
« La civilisation sinique, dit encoreBory, parait remonter ä la plus haute antiquite, ainsi quelclangage monosyllabique et consequemment primitif des peuples de toute espece; cette civilisation estessentiellement stationnaire, les moindres actions des individus y etant reglees par des ordonnances;mais la corruption semble y etre inhärente: nulle part les Rommes ne montrent plus d’avarice et plusdelubricite, nulle part ils n’imaginerent de moyens aussi varies, aussi extraordinaires, pour s’exciterä des plaisirs qui deviennent coupables quand ils sont le resultat d’une imagination dereglee, plutötquecelui de l’impulsion naturelle dessens.» Leur litteratureest tres-richeen ouvragesscientifiques,en histoire et en romans; leur ecriture, formee de signes hieroglyphiques nombreux, est le plusgrand obstacle ä la diffusion des lumieres, et n’est ä la portee que d’un petit nombre d’entre eux,les lettres et les mandarins. Ils portent aux cendres des morts une profonde veneration, et pro-fessent pour culte un deisme pur, que leur ont enseigne Confucius et Tao-tse; toutefois on compteparmi eux des sectateurs du bouddhisme ou de la doctrine deFoou Foe, des Taosses livres au cultedes esprits, et des chretiens, mais en tres-petit nombre. En effet, et malgre les plus grandes perse-cutions, des missionnaires catholiques ont plusieurs fois penetre et sejourne en Chine . Aujourd’huila France et l’Angleterre sont en guerre avec le Celeste Empire : reussiront-elles ä faire ouvrir cer-taines villes au commerce europeen, et parviendront-elles, par la suite, ä donnerune impulsioncivilisatrice plus avancee ä ces riches mais immobiles contrees?
Si la race chinoise est la principaledela famille sinique, celle-ci renfermeaussi plusieurspeupladesimportantes par le nombre d’individus qui les composent, ainsi que par les paysetendus qu’ellesoccupent, et qui ont avec eile une ressemblance considerable. C’est ainsi que les Coreens ont la plusgrande analogie avec les Chinois, qui les ont subjugues en les arrachant ä la domination des Japo-nais, mais toutefois leur langue a plus d'affinite avec celle que parlent les Sibiriens; et que l’on areunis sousle nom commun A'lndo-Ghinois (Yoir le type dans notre Atlas, pl. XVI, fig. 1), divers peu-ples d’origine mongole evidente, ayant de la ressemblance avec les Chinois, et qui sont elablis en corpsde nation depuis des siecles dans la peninsule indienne. Ce sont les Tchampas, les Anamites, lesPeguans, les Birmans, les Thibetains , les Siamois et diverses autres peuplades moins connues, äpeau jaune, souple, douce et brillante, et rendue parfois comme doree ä l’aide de cosmetique. LesAnamites, qui comprennent ä la fois les Codiinchinois et les Tonqidnois, et qui embrassent degrands empires, ont adopte pour religion principale le bouddhisme , tandis que leurs lettres pro-fessent la religion de Confucius . Les Birmans, aussi nommes Mianmais, sont les plus belliqueux desIndo-Chinois, et le pays qu’ils habitent, la Birmanie , est connue par son etendue et les mceurs sin-gulieres de ces peuples bouddhistes, si religieux dans leur idolätrie. Les indigenes du Peguan, quise nomment Moans dans leur patrie; les habitants de Siam,ou Siamois (Voyez notre Atlas, pl. XL,fig. 2); les Tchampas, etc., forment de grandes populations, toutes suivant les doclrines du boud-dhisme , et dont les moeurs, des plus curieuses ä etudier, tiennent ä la fois de celles des Chinois etdes Hindous. Enfin les Thibetains, ou Bhots, adorent le Dalai-Lama , le grand pontife que 1 on ditStre une incarnation de Bouddha; par la nature möme dusol montagneux sur lequel ilsse trouvent,par leur vie nomade, non sedentaire, et quoique la souche de tous les peuples qui nous occupent,ils ont des habitudes un peu differentes de celles de la plupart des Indo-Chinois, et presentent quel-ques particularites differentielles dans leur physionomie. Quant aux Japonais, que 1 on rapportoparfois ä la meme famille, ils en different cependant assez, comme nous le dirons, pour entrer dansune autre division du meme type jaune.
En terminant cette esquisse de la famille chinoise en general, nous devons encore dire quelquesmots relativement aux peuples de la Coree et ä ceux de l’Indo-Chine . Les Coreens semblent presenterdes deviations assez manifestes du type chinois, ä ce point que Siebold avait pense que chez eux ily avait deux races distinctes; mais, comme l’a fait remarquer Pallas, et depuis M. Abel de Remusat,ces deux pretendues races, l’une jaunätre, l’autre blanche comme la race caucasienne, se ren-